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  • Contempler le Souffle

    Contempler le Souffle

    Il y a 2000 ans d’ici …

    Que s’est-il exactement passé ce jour-là où Jean baptisa Jésus ? A-t-il vu quelque chose de ses yeux de chair et, si oui, qu’a-t-il vu ? Nous ne le saurons jamais car cette page d’Évangile évoque tout autre chose : le regard intérieur, tout nouveau, que porte Jean-Baptiste sur son cousin. Elle nous invite ainsi à nous mettre dans la peau du Baptiste et, avec lui, à poser un regard plus profond sur le Nazaréen. Il s’agit donc d’un regard intérieur, spirituel.

    Ce n’est sans doute pas la seule fois que se sont croisés les chemins des deux cousins et que, devenus adultes, ils se rencontrent. Néanmoins, aujourd’hui, le regard que pose le Baptiste sur Jésus est tout autre. Cela le frappe tellement que, par deux fois, il répète : « Moi, je ne le connaissais pas » (vv. 31 et 33).

    Il découvre Jésus sous trois angles différents et cherche à en ‘témoigner’ à l’intérieur de sa propre culture. En référence à un célèbre passage d’Isaïe (Is 53,04-06), il le présente comme ’l’Agneau de Dieu’ qui porte et emporte le péché du monde ; il le découvre ensuite inondé du Souffle Saint qui demeure sur lui (v. 32 et 33) et capable de nous le transmettre ; il le révèle enfin comme ‘Fils de Dieu’.

    Le Souffle saint demeurant sur lui.

    Avec Jean-Baptiste, posons aujourd’hui notre regard sur ce Jésus habité par le Souffle Saint. L’homme de Nazareth n’est pas un impulsif que les circonstances mènent ici ou là. Il ne cherche pas le pouvoir, ni son intérêt. Non ! Il est constamment tourné vers son Père et vers autrui. Sa vie intérieure est forte, constante, nourrie jour après jour. Dans la prière, il s’ouvre au Souffle divin, Lui permettant de l’éclairer ; il se laisse conduire par Lui (Mt 04,01) et, à ce titre, il est pleinement ‘fils de Dieu’, selon la belle expression de S. Paul (Rm 08,14) qui – soit dit en passant – vaut aussi pour nous !

    Et moi aujourd’hui … ?

    Impossible de ne pas nous poser quelques questions. Je me les pose, et je vous les pose à vous aussi. La première : n’en sommes-nous pas restés au baptême d’eau, celui donné par Jean-Baptiste ‘pour le pardon des péchés’ (Mc 01,04) ? Le regard chrétien ne porte-t-il pas trop souvent sur les fautes, au risque d’engendrer de la culpabilité malsaine ou de conduire à juger et à critiquer autrui plutôt que de pratiquer la correction fraternelle ? N’oublions-nous pas que Jésus ‘baptise dans le Souffle Saint’ ? Sur la croix, il ‘a livré le Souffle’ (Jn 19,10) et, Ressuscité, il nous presse de le ‘recevoir’ (Jn 20,22), de nous laisser habiter par Lui.

    Autre question : comment le regard que je porte sur Jésus a-t-il évolué depuis le jour de mon baptême jusqu’à aujourd’hui ? Répondre à cette question requiert un temps d’arrêt, de silence, pour « regarder Jésus venir à nous » (v. 29).
    Les titres donnés à Jésus par Jean-Baptiste faisaient référence au Premier Testament et parlaient aux chrétiens de l’époque, généralement familiers de la culture biblique. Ce qui n’est plus le cas de nos jours. Comment dès lors parler de Jésus aujourd’hui ? Comment moi, le présenterais-je avec des mots audibles par nos contemporains ?

    « Et moi, je ne le connaissais pas … »

    Ne pouvons-nous pas dire cela de cela de nos proches comme de celles et ceux que nous côtoyons au quotidien, que nous croisons souvent sans les rencontrer en vérité ? Cette page d’évangile nous invite à poser sur eux ce regard contemplatif. Souvent, lors des funérailles d’un proche, nous posons un tel regard sur lui et sur sa vie. Pourquoi ne pas prendre le temps de le faire de son vivant ? Quand nous sommes tentés de juger quelqu’un, parfois même de le condamner, pourquoi ne pas essayer de porter sur cette personne un regard neuf, nous demandant comment elle est, elle aussi, habitée, portée par le Souffle Saint ? Des relations, parfois difficiles, pourraient s’en trouver apaisées, relancées, transfigurées.
    Pour y parvenir, peut-être convient-il de commencer par nous ouvrir, nous-mêmes, au Souffle de Dieu … Comme Jésus, dans la prière ouvrons-nous à Lui et laissons-nous conduire par Lui.

  • Le ciel se déchira

    Le ciel se déchira

    Nous avons vu dimanche dernier lors de la fête de l’Épiphanie que les mages n’avaient pas trouvé Dieu ni dans le temple, ni en regardant le ciel, mais en s’abaissant devant un petit enfant sur la paille. Voici qu’aujourd’hui déjà l’Évangile semble nous contredire en disant : « Du ciel une voix se fait entendre » ! N’est-ce pas la confirmation que Dieu est bien dans le ciel ?
    Relisons alors le texte attentivement. St. Marc précise : « Le ciel se déchira ». Ceci me fait penser au voile du temple qui, lui aussi, se déchira pour signifier justement que Dieu n’est pas, ou n’est plus, ni dans le temple, ni dans le ciel.
    « Le ciel se déchire » justement parce que Dieu veut sortir de ce ciel où les hommes l’ont logé depuis toujours.  Dieu montre qu’il veut habiter notre terre, mais pas n’importe où.  Il ne choisira pas la ville sainte où sont rassemblés tous les prélats, ce n’est pas non plus dans le temple, ni dans la synagogue, mais là au désert, à l’écart de tout, là où se rassemblent les hommes blessés, là où se réunissent tous ceux qui sont broyés par les peines ou le poids de leurs fautes, tous ceux et celles qui ploient sous les contraintes des obligations que toutes les lois religieuses font peser sur eux.  Puis, c’est là, à l’image de Jésus qui s’immerge dans les eaux du Jourdain, que Dieu, déchirant le ciel, s’immerge, lui aussi, au milieu de notre humanité.
    Nous assistons en quelque sorte à la naissance, à la renaissance de Dieu au monde, de Dieu se faisant homme.
    Désormais, Jésus va partir, marcher sur les routes du monde et il va appeler des femmes et des hommes à l’accompagner, toutes celles et tous ceux qui, comme lui, auront l’audace de se mouiller et de plonger au cœur même de l’humanité profonde pour dire et proclamer que Dieu est là, tout proche, un Dieu qui veut le bonheur de l’homme, non seulement un bonheur pour l’au-delà, mais un bonheur dès aujourd’hui.
    Déjà le prophète Isaïe annonçait ce Dieu de bonheur : « Vous qui avez soif, disait-il, voici de l’eau, même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, manger de bonnes choses, régalez-vous de viandes savoureuses. » Naturellement poursuit le prophète, pour goûter au bonheur il y a des conditions minimales : « L’homme méchant doit quitter son chemin et l’homme pervers ses pensées ».
    Ce qui est certain, c’est que le Seigneur est riche en pardon. Aussi dramatique que soient notre situation ou les événements de notre vie; l’espérance nous permet de croire qu’un bonheur est toujours possible.

  • Suivre l’étoile

    Suivre l’étoile

    Si nous faisons l’effort de relire tout l’Evangile de l’enfance de Jésus, nous nous apercevrons très vite que sous une apparence naïve, ces récits sont non seulement très symboliques, mais aussi savamment élaborés.
    Il est bon de se rappeler que les Evangiles ont été écrits à l’envers, en commençant par la résurrection, puis la passion, puis la vie publique et enfin les récits de l’enfance de Jésus.
    Ces écrits ont été rédigés par les premières communautés chrétiennes établies pour la plupart en terre païenne. Ils se devaient donc de manifester dès la naissance de Jésus, qu’il n’était pas seulement sauveur d’Israël, ni des plus méprisés de la société, représentés par les bergers, mais qu’il était aussi le Dieu des païens, le Dieu des étrangers qui sont représentés ici par les mages.
    Il est vrai que les légendes, s’inspirant des évangiles apocryphes, ont beaucoup brodé sur ce récit de l’Epiphanie.  L’Evangile est pourtant très sobre et ne donne aucun détail : « Voici que les mages venus d’Orient, arrivèrent à Jérusalem ». Remarquez donc que Matthieu ne précise pas qu’ils étaient trois, ni qu’ils étaient rois, ni qu’ils s’appelaient Melchior, Gaspard et Balthazar, ni encore qu’ils étaient noir, jaune et blanc !
    L’Evangile ne dit pas non plus qu’ils étaient astrologues. Les mages étant plutôt interprètes des songes et des signes. Les mages pour Matthieu sont donc ceux qui ont su reconnaître les signes de Dieu, ici, le signe de l’étoile. 
    Mais alors, qu’est-ce que ce langage symbolique veut nous dire aujourd’hui ? ».  Quel est le message que l’auteur veut nous transmettre ? Qu’est-ce que cela nous révèle de Dieu et de l’Homme ?…
    Ainsi donc, dans la page d’Evangile de ce jour, ne cherchons pas à identifier l’étoile à une pleine lune ou à la comète de Hallet ou autre… Non, cette étoile n’est pas de la voûte céleste, elle est comme le récit : symbolique.  Elle signifie que même les peuples païens ont reconnu en Jésus la lumière qui guide les hommes.
    Cette étoile qui descend sur la crèche montre que le Dieu de Jésus n’est plus à chercher dans le ciel, mais pour le découvrir nous devons baisser notre regard vers la terre.
    Ensuite les mages offrent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Etranges cadeaux pour un bébé ! L’or passe encore, mais l’encens et la myrrhe ? Ces trois cadeaux ont aussi leur signification : l’or symbolise la royauté, l’encens la divinité et la myrrhe était le parfum avec lequel on ensevelissait les morts. Ils sont les signes de ce que Jésus est reconnu comme Roi, fils de David ; qu’il est Dieu et qu’il va se donner jusqu’à la mort.
    Ce récit contient encore bien d’autres signes tels que cette question des mages : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? » Cette question nous renvoie déjà à la croix sur laquelle il sera inscrit : « Celui-ci est le roi des Juifs ».
    Terminons par cette opposition entre les chefs religieux d’Israël, qui sont les interprètes officiels des Ecritures, mais qui ne bougent pas, ils restent auprès du temple, et les mages païens qui eux ont découvert le signe de l’étoile qui montre le chemin de Dieu, mais qui, en plus de ce signe, se voient ouvrir les Ecritures qu’ils accueillent dans la foi – ils vont se mettre en route et arriver dans la maison où se trouve Jésus. Cette maison symbolise la jeune Eglise dans laquelle finalement ce sont les païens, les païens au cœur ouvert à tous les signes, qui arrivent les premiers à la rencontre de Jésus, le Fils de Dieu.
    Au seuil de cette année, essayons de découvrir les signes de la présence et de l’amour de Dieu.  Ne levons plus nos yeux vers le haut, vers les étoiles du ciel, car Dieu n’y est pas, il est sur notre route. Avançons et regardons vers le bas, alors nous pourrons le voir, nous agenouiller, nous abaisser, car il est toujours sur la paille aujourd’hui.

  • Sainte Famille

    Sainte Famille

    Ce matin, je voudrais vous partager quelques traits de la sainte Famille.
    D’abord, la place centrale de l’enfant dans ce récit.
    Si un amour profond unit Marie et Joseph, il y a dans leur vie un souci très important pour leur enfant.
    L’enfant est menacé et il faut le protéger, l’arracher aux griffes de Hérode ; ceci va engendrer un départ précipité vers une terre étrangère, un séjour assez long à l’étranger, loin de ses racines, loin des siens, en espérant être bien accueillis.
    Eh ! bien en avant ! Pas question de mettre la vie de l’enfant en péril.
    Cette mobilisation pour l’enfant vient bousculer certains choix faits par notre monde :
    Nous, on veut bien un enfant, mais il ne faut pas qu’il vienne trop perturber notre vie de couple.
    Il y a des femmes sans mari qui veulent pour elles une sorte « d’enfant poupée », un enfant rien que pour elle, qui va satisfaire leur besoin de câlins ou leur instinct maternel.
    Il y a les enfants « vitrine », reflet des parents ou les enfants « canaris », chargés de mettre un peu de vie dans la maison.
    Être parent, c’est d’abord donner et se donner à son enfant, et pas l’inverse.
    On appelle parfois Joseph « le père nourricier », c’est donc qu’il a veillé sur Jésus pour qu’il ait de quoi manger, de quoi se vêtir, mais aussi qu’il ait des personnes vers qui se tourner pour recevoir de la tendresse, pour aller verser des larmes de chagrin.
    Pourquoi est-ce parfois si difficile de se dire « Je t’aime » en famille, alors qu’on n’arrête pas de dire à Dieu « Je t’aime » ?
    Marie et Joseph ont aussi veillé à faire grandir en Jésus les valeurs essentielles, c’est l’éducation, avec probablement au centre de ces valeurs, un repère : « Quand tu agis ainsi, as-tu aimé ou manqué d’amour ? »
    Ils ont veillé à ce que Jésus développe ses propres talents, qu’il prenne confiance en lui, qu’il ait sa propre créativité, qu’il puisse devenir un être unique.
    L’enfant n’est pas appelé à être une copie de ses parents ou la réalisation de ce qu’ils n’ont pas pu réaliser ; l’enfant sera son propre projet, il sera un autre.
    Etre parent, c’est aussi faire découvrir à son enfant sa vocation d’enfant de Dieu, sa vocation spirituelle.
    Marie et Joseph ont conscience que cet enfant a une mission spéciale à remplir, ils n’ont pas oublié le projet de Dieu qui est à l’œuvre en leur enfant.
    Et il en va de même pour tous les enfants de la terre, ils ont aussi une mission à remplir au sein de l’humanité.
    Notre monde attend des enfants qu’ils soient utiles à la société, qu’ils aillent vers les produits de consommation, qu’ils développent leur intelligence pour un jour décrocher un job à l’âge adulte, qu’ils rentrent dans le rang.
    Marie et Joseph nous rappellent que ça ne suffit pas, il y a une vocation aussi à découvrir et à construire, celle d’enfant de Dieu.
    Et puis l’enfant rend aussi service à ses parents, combien de parents n’ont pas dit : « Nos enfants nous éduquent autant que nous les éduquons ».
    Si Marie et Joseph ont beaucoup donné à Jésus, ils ont aussi beaucoup reçu de lui, découvrant spécialement en lui le vrai visage de Dieu.
    Les enfants donnent du sens à la vie ; ils donnent du sens au travail quotidien, ils donnent le goût de se battre à certains moments.
    Les enfants donnent à leurs parents de rester jeunes, les parents sont appelés à rester en éveil à ce qui se passe dans l’actualité, dans la mode, dans la musique, dans les médias, …
    Les enfants enrichissent les parents, ils leur apprennent la patience, la responsabilité, l’humilité, la tendresse, le pardon, les remises en question, le sens de l’essentiel quand un enfant ne va pas bien… ; ils leur apprennent à être vrais.
    Les enfants révèlent Dieu, parce qu’ils obligent les parents à se poser la question du sens, la question de la transmission de la foi, et donc ils poussent les parents à faire des choix, à éclairer leur relation à Dieu.
    Les enfants apportent la joie.
     Bonne fête à vous tous, et que le Seigneur nous apprenne à vivre en famille.

  • Vivre Ensemble

    Vivre Ensemble

    Vous êtes invité(e)(s) à participer à un geste de solidarité pour soutenir les 76 associations de lutte contre la pauvreté sélectionnées par l’Action Vivre ensemble

    au moyen de l’enveloppe disponible dans chaque église de notre UP

    par un versement au compte BE91 7327 7777 7676 ou

    par un don en ligne RV sur avent.vivre-ensemble.be.
    Déductible fiscalement à partir de 40€.

  • Un signe

    Un signe

    Isaïe 7, 10-16

    Un peu d’histoire ….

    A la mort du roi Salomon (921 ACN), ses fils ne sont pas entendus concernant la succession. Cela a finalement conduit au partage de son royaume : le royaume d’Israël (au Nord) et le royaume de Juda (au Sud). Ce partage n’a pas aplani les tensions. Au temps du prophète Isaïe (VIIIème siècle ACN), elles demeurent vives. Le petit royaume de Juda se trouve, en effet, menacé par celui d’Israël, appuyé par la Syrie
    Dans ce contexte, le Seigneur – par la voix de son prophète – cherche à rassurer le roi Achaz en lui suggérant de Lui demander un signe. Le signe qui, finalement, sera donné, laisse les biblistes perplexes à plus d’un égard. Notamment quant à l’identité de l’enfant annoncé. Selon l’hypothèse la plus probable, il s’agirait d’Ezéchias, le fils aîné d’Achaz, qui fut un grand roi réformateur.

    Demander un signe ?

    Demander un signe, n’est-ce pas mettre le Seigneur à l’épreuve, lui demander de confirmer son soutien, sa présence ? C’est ce que pense le roi Achaz, en conformité avec un passage du Deutéronome (Dt 06,16). Mais ici, c’est le Seigneur lui-même qui, par la voix de son prophète, suggère à Achaz de Lui demander un signe. Dès lors pourquoi hésiter à le faire, et même le refuser carrément ? Aucune raison !

    La question demeure néanmoins importante et délicate ! Quelques éléments de réflexion à partir du N.T.
    Pensons à Zacharie : quand l’ange Gabriel lui annonce qu’Elisabeth et lui, déjà bien avancés en âge, vont avoir un enfant, Zacharie n’en croit pas ses oreilles. Nouvelle tellement inouïe que Zacharie, tout prêtre qu’il est, demande un signe. Cette mise en doute de la promesse du Seigneur lui vaudra de demeurer muet durant les neuf mois de la grossesse de sa femme ! (Lc 01,05-25).
    Lorsque le même ange Gabriel annonce à Marie qu’elle aura bientôt un fils, celle-ci se hasarde à poser une question et elle, à la différence de Zacharie, reçoit une réponse. Etrange, non ! Pourquoi ? Parce que Marie ne demande pas un signe de confirmation, elle cherche à comprendre : « Comment cela va-t-il se faire ? » (Lc 01,26-38). La nuance est importante : croire, c’est d’abord et avant tout faire confiance au Seigneur, le croire sur parole. Mais, comme il nous a dotés d’intelligence, il n’est pas interdit de chercher à comprendre ; c’est même vivement recommandé !
    Autre aspect de la problématique des signes. Des signes nous sont donnés. Et même en abondance (Jn 20,30-31), mais ils sont rarement éclatants. Les percevoir requiert attention et déchiffrement. Or, certains ne les perçoivent pas, d’autres n’arrivent pas à les déchiffrer. Pour le quatrième évangile, les miracles (‘choses étonnantes’) réalisés par Jésus et les guérisons effectuées par ses soins sont des ‘signes’ (Jn 02,11). Aucunement des preuves ! La ‘preuve ‘ (!) en est que certains n’arrivant pas à les déchiffrer, les rejettent : tels des scribes et des pharisiens (Lc 11,14-20). Et même parfois les disciples, ce qui laissera Jésus perplexe (Mc 08,14) …
    Pas de réponse univoque donc. Tout dépend de l’intention de qui demande un signe. En demander comme soutien parce que l’on se sent faible, fragile : pourquoi pas ? Jésus encourage la prière de demande (Lc 11,09-13). En revanche, en demander par manque de confiance dans le Seigneur, cela ne passe pas.
    En tout état de cause, dans nos existences, apprenons à percevoir et à décrypter les signes donnés par le Seigneur. Accueillons-les avec joie et reconnaissance !

    Un signe dérisoire

    Un signe dérisoire, fragile, à attendre avec confiance.
    Le signe donné à Achaz a de quoi surprendre, tant il est fragile : la naissance imminente d’un fils ! Qu’est-ce que, dans l’immédiat, un enfant peut changer à la situation de ces deux peuples qui sont comme des frères ennemis, toujours prêts à s’entredéchirer ? Rien, si ce n’est avant bien longtemps : le temps de sa gestation, puis de son éducation …
    Cet enfant doit en effet apprendre à ‘choisir le bien et rejeter le mal’. Echo à un texte magnifique du Deutéronome (30,15-20) : « J’ai placé devant toi la Vie et la Mort, la bénédiction et la malédiction, le bonheur et le malheur. (…) De grâce, de grâce, choisis la Vie ! ».
    Tâche quotidienne pour chacun et chacune de nous : dans des circonstances toujours nouvelles, discerner le chemin de la Vie et nous y engager résolument !  

    Emmanuel

    ‘Emmanuel’ – ‘Dieu avec nous’ pour toujours !
    L’évangéliste Matthieu voit dans la naissance de Jésus la réalisation de l’ancienne promesse faite à Achaz : il le note explicitement en conclusion du récit de l’annonciation à Joseph : « La jeune fille concevra, et elle enfantera un fils : on l’appellera du nom d’Emmanuel » (Mt 01,22-23). Et cet évangile, qui s’ouvrait avec cette heureuse nouvelle d’un ‘Dieu avec nous’, se conclut de la même manière : en Jésus ressuscité, Dieu demeure l’Emmanuel : « Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20).
    Nous ne sommes pas seuls sur le chemin de la vraie Vie : le Seigneur, en la présence de Jésus Ressuscité, est et demeure pour toujours à nos côtés. Et même ‘en nous’ : voilà un des aspects de la fête de Noël : notre cœur est en quelque sorte la crèche dans laquelle il désire naître et grandir.

    Très belle fête de la Nativité à chacune et chacun de nous !

  • Appel à l’humanité

    Appel à l’humanité

    Alors que nous sommes à la veille de fêter Noël, le Seigneur vient une fois encore nous demander notre collaboration pour mener à bien son projet de salut pour l’humanité : « Veux-tu bien accueillir le Messie pour le donner au monde ? »
    Devant cet appel à l’humanité, nous avons aujourd’hui la figure de Joseph.

    Pour Joseph, les choses ne sont pas simples.
    Il a comme projet d’épouser Marie, mais elle est choisie par Dieu pour mettre au monde le messie. Tout s’écroule pour Joseph, celle qu’il avait choisie, voilà qu’elle attend un enfant et que Dieu a un autre projet pour elle ; il ne lui reste plus qu’à renoncer à son projet.
    Mais Dieu vient demander à Joseph de collaborer à son projet de salut : « Joseph, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, ta promise, l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ».
    Et Joseph fait le pari de la confiance. Il accepte de devenir le père de cet enfant Dieu, sans très bien savoir où tout cela va le mener…

    Une fois encore, Dieu ne vient pas avec des signes « marteau », il appelle à un acte de foi, une démarche de confiance. C’est toute la délicatesse de Dieu qui se manifeste une fois encore : une simple invitation, la liberté laissée à l’homme d’accueillir ou de refuser le projet de Dieu, son projet d’alliance.
    N’est-ce pas la même chose avec l’enfant de la crèche ; ce Jésus né au fond d’une étable, est-ce là une preuve en béton ?

    Et lorsque nous partageons le pain et le vin à chaque eucharistie ?
    Dieu donne des signes de sa présence, mais juste assez pour ne pas forcer les portes.
    Et moi, qu’est-ce qui m’aide à entrer dans les projets de Dieu, qu’est-ce qui me freine dans l’accueil de ces projets?

    A travers sa Parole, le Seigneur nous rappelle qu’il a besoin de notre collaboration pour mener à bien son projet de prendre soin de l’humanité, tout comme il a eu besoin de Joseph et Marie pour que son fils devienne homme parmi les hommes, et qu’il puisse prendre soin des hommes de son temps
    Ce matin encore, Dieu nous lance un appel à l’aide : « S’il te plaît, veux-tu m’aider dans mon projet d’amour ? »

    Notre « oui » à Dieu sera alors peut être, comme pour Joseph, simple réponse aux appels de ceux qui nous entourent, comme par exemple :

    • Appel de mon conjoint qui demande un peu plus de tendresse, un peu plus d’attention, un peu plus de présence, un peu plus de reconnaissance dans les tâches effectuées ;
    • Appel des enfants qui attendent une présence affectueuse, des encouragements plutôt que des reproches, la reconnaissance de leurs talents ;
    • Appel de nos parents qui attendent une visite, des nouvelles, parents qui attendent nos confidences parfois, ou de s’entendre dire l’importance qu’ils gardent à nos yeux ;
    • Appel des solidarités de toutes sortes, entre voisins, dans la paroisse, dans notre village, avec ceux qui sont dans le besoin, proches de nous ou plus loin de nous.
  • Concert de Noël

    Concert de Noël

    Samedi 20 décembre 18h à l’église de Chevron 

  • Hymne à la joie!

    Hymne à la joie!

    Isaïe 35, 1-10

    Une fois de plus, quelle poésie dans ce passage ! Quel lyrisme ! Joie, exultation, allégresse éclatent de partout. L’homme, le monde animal, la nature sont à l’unisson. Que se passe-t-il donc ? Quelle est l’heureuse nouvelle dont le prophète se fait à nouveau le héraut ?

    Un peu d’histoire.

    VIIIème siècle ACN. L’Assyrie est le maître du jeu au plan géopolitique, et le sera pour un bon bout de temps encore. En 721 ACN, le Royaume d’Israël (Nord) est vaincu, et sa population déportée. Le royaume de Juda (Sud), lui, résiste avec courage, cherchant appuis et alliances auprès d’autres puissances, quitte à mettre de côté sa confiance dans le Seigneur. Choix avec lequel Isaïe n’est pas d’accord, mais on ne l’écoute pas.
    En 701 ACN, les armées de Shénnachérib assiégeront Jérusalem, laissant tout, villes et campagnes, complètement dévasté. S’en suivront de très nombreuses années difficiles. Puis, à la domination assyrienne succèdera au VIIème siècle ACN celle de Nabuchodonosor, roi de Babylone. En 587 ACN, celui-ci envahira Jérusalem, entraînant la destruction complète des remparts de la ville et du Temple, ainsi que l’exil de la population à Babylone (587 ACN).
    Cependant, le prophète n’abandonne pas le peuple dans le malheur, il ne le laisse pas s’enfoncer dans le désespoir. Il annonce un retournement de situation, il promet la fin de la captivité et un retour triomphal vers Sion (Jérusalem). Promesse qui deviendra réalité en 538 ACN, lorsque Cyrus, roi de Perse, prendra le leadership dans la région et autorisera le retour des exilés. Dans ce retournement de situation, Isaïe voit la main d’un Dieu qui se fait proche des siens et ‘vient à eux ’, qui souhaite vie et liberté pour chacun et pour tous les peuples. Et qui le réalise à travers Cyrus, un ‘autrement croyant’ et un homme au cœur droit.

    Un langage symbolique.

    Longue sera la route de retour de l’exil : quelque 1000 km à travers le désert. Mais, annonce le prophète, elle sera aisée, tant la joie sera grande. Même les plus handicapés (sourds, muets, boiteux) la parcourront sans difficulté. Une page de la Bible à ne pas lire comme un récit historique au sens actuel du terme, récit dont chacun des détails pourrait être vérifié. De toute évidence, il s’agit là d’un langage imagé, d’ordre symbolique.
    Nous avons perdu la portée symbolique de notre propre langue. Exemples. Quand nous disons : ‘je vois ce que tu veux dire’, nos yeux ne voient rien du tout, mais nous donnons à entendre que nous avons compris le message de notre interlocuteur. Quand, complètement dépassée par mon travail ou mes responsabilités, je m’écrie : ‘je suis totalement noyée’, les flots de la mer ne m’ont pas engloutie, mais pour moi, c’est presque comme si. Amusez-vous à repérer de telles expressions dans notre langue française …
    Ainsi, quand S. Paul évoque l’expérience spirituelle qui l’a bouleversé et retourné, il manque de mots : il dit ‘avoir été emporté au troisième ciel’ (2 Co 12,01-06). Comment ne pas comprendre qu’il s’agit là d’un langage symbolique ?
    Jésus lui-même utilise un tel langage symbolique, quand il parle des pharisiens ‘aveugles’ (Mt 23,17) ou qu’il reproche à ses disciples de ‘voir sans comprendre’ (Mc 14,21).

    En Jésus, un nouvel accomplissement de l’antique promesse.

    Quand, depuis sa prison, Jean-Baptiste se pose des questions de l’identité de Jésus, Matthieu place sur les lèvres de Jésus les mots d’Isaïe : « Les aveugles qui voient, les sourds qui entendent, le boiteux qui bondit, le muet qui crie de joie », y ajoutant « les lépreux qui sont purifiés, les morts sont éveillés, les pauvres reçoivent l’Heureuse Nouvelle ». Une manière d’exprimer que la libération promise et vécue des siècles plus tôt se renouvelle en Jésus et qu’à travers lui, Dieu renouvelle son œuvre libératrice de façon décisive.
    Jésus a pris soin des malades et des personnes en souffrance qu’il croisait. Il en a guéri quelques-uns ; parfois il n’y est pas arrivé, comme à Nazareth, sa ville natale, parce que là manquait la confiance (Mt 13,53-58). Mais ce qu’il a fait, il y a plus de 2000 ans, pour quelques malades de Palestine, le Ressuscité peut l’accomplir pour nous aujourd’hui. Il n’y a pas qu’au plan physique qu’on peut être sourd, aveugle, boiteux ! Surdités et aveuglements existent aussi aux plans spirituel et psychique, tout aussi importants ! Et la rencontre avec le Ressuscité peut nous en guérir : ouvrir nos oreilles à sa Parole, ouvrir nos yeux et notre cœur aux détresses que nous croisons, nous relever quand nous sommes tombés, …
    Occasion pour chacune et chacun de nous de prendre un temps de relecture de vie et de repérer les ‘guérisons’ opérées en nous par sa Présence, sa Parole, son Souffle, ou par la rencontre de l’un de ses témoins. Sans oublier de L’en remercier !!!!

  • Doute

    Doute

    Si un croyant de n’importe quelle religion, venait vous dire : « Mes convictions sont absolues, ma foi est une certitude, j’ai la vérité, je suis sans questions… » je pense sincèrement qu’il vous est permis d’en douter.
    Le doute, l’incertitude font partie de notre humanité. Nous les retrouvons d’ailleurs présents tout au long des Écritures. Même Jésus se posait des questions, c’est le sens du récit des tentations.
    Son inquiétude, nous la retrouvons aussi sur la croix : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? »
    Aujourd’hui, c’est Jean-Baptiste, « le plus grand des prophètes » comme dit Jésus, qui dans sa prison est harcelé par le doute : « Est-il celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »
    Jean-Baptiste se fait une image bien redoutable du Messie. Comme nous l’avons entendu dans l’Évangile de dimanche dernier, il prêchait dans le désert « un dieu à la colère qui vient », un dieu qui brûle les pécheurs.
    Or voilà Jésus, il n’élève pas la voix ; au contraire, il va au-devant des pécheurs, des pauvres, il console, il guérit, redresse, appelle, …
    Sa force est douceur, sa puissance, humilité.
    On comprend que Jean-Baptiste soit pris par le doute !
    Pour le rassurer Jésus va lui répondre par cet extrait du livre d’Isaïe que nous venons d’entendre : « Lorsque le Messie viendra, les yeux des aveugles, les oreilles des sourds s’ouvriront, le boiteux bondira, le muet criera de joie, les captifs reviendront, … »
    Jésus reprend ces paroles mais avec une différence essentielle, il ne parle plus au futur comme Isaïe, mais au présent : « Les aveugles voient, les sourds entendent, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, … »
    Ce qui fait la caractéristique de Jésus : il n’annonce plus un salut à venir, mais apporte un salut présent. Rien qu’en cela l’Evangile est une Bonne Nouvelle.
    Il y a cependant une objection : comment peut-on parler d’un salut déjà là, lorsqu’on voit l’égoïsme et la haine qui sévissent partout dans le monde. Eh ! bien justement, répond Isaïe, ce n’est qu’au cœur de cette désolation que peut germer l’espérance et il le dit de façon très poétique : « Que le désert et la terre de la soif se réjouissent, que le pays aride exulte et fleurisse ».
    Il signifie que l’espérance n’est possible que là où il y a un manque à combler, un appel à exaucer, un besoin, un désir à satisfaire, …
    Jésus exprimera cela encore mieux lorsqu’il dira : « Heureux les pauvres, heureux ceux qui pleurent, heureux ceux qui ont faim et soif de justice, …»
    Ce temps de l’Avent a pour objectif de nous rapprocher de toutes celles et tous ceux qui vivent dans l’aridité de leur solitude, qui ont soif de dignité, qui rêvent de devenir un jour des femmes et des hommes comme tout le monde…
    L’action « Vivre Ensemble » nous offre aujourd’hui le pouvoir de contribuer à l‘actualisation du salut de Dieu.
    Il ne suffit pas de nous lamenter sur le sort de notre société individualiste, il ne suffit pas de rêver d’un avenir plus beau, c’est aujourd’hui, au présent qu’il nous faut construire un salut pour tous.  

  • Avec Marie

    Avec Marie

    Jeudi 11 décembre à 20h

    à Rahier (oratoire, 17, chez Nicole et Paul)

    soirée autour d’une page d’évangile.

    Avec Marie et comme elle,
    accueillir en soi la Parole de Dieu.

  • Réveiller l’espérance

    Réveiller l’espérance

    Isaïe 11, 1-11


    A l’époque d’Isaïe, la situation géopolitique est difficile, voire menaçante. D’abord pour le Royaume d’Israël (Nord) qui prochainement tombera sous la domination assyrienne, mais aussi pour le petit royaume de Juda (Sud). C’est dans ce contexte que le prophète s’exprime publiquement.
    S’il arrive que les prophètes, parlant au nom de Dieu, dénoncent avec vigueur tout ce qui s’écarte du projet divin, cherchant à secouer et réveiller les consciences, ils n’abandonnent jamais leur auditoire à l’inquiétude ou au désespoir. Ils veillent toujours à annoncer des jours meilleurs.
    Ce que fait précisément Isaïe dans le passage qui nous occupe : dans un avenir qui n’est pas précisé, il annonce un roi, descendant de David, dont le règne sera tout différent, plus conforme au désir du Seigneur.
    « Sur lui reposera l’Esprit/Souffle du Seigneur ». Telle sera la différence et l’absolue nouveauté. Et les signes de cet accueil du Souffle de Dieu seront le respect de la justice, càd. des jugements prononcés en connaissance de cause et en vérité, et l’attention aux pauvres et aux exclus, càd. l’inclusion plutôt que la marginalisation. Promesse menue, comme un rameau, très fragile aussi, mais ouvrant à l’Espérance.

    Comme quand « l’Esprit/Souffle de Dieu planait sur les eaux » (Gn 01,02) …

    A nouveau la vision est grandiose. D’abord parce qu’elle dépasse les frontières d’Israël : ce qu’il s’y passe, constitue un signe donnant envie aux autres peuples de faire de même. Ensuite parce qu’elle inclut la création tout entière, hommes et bêtes.
    Impossible dès lors de lire ce passage sans penser à un autre passage biblique, le tout début du livre de la Genèse. Au ‘commencement’, alors que le monde était ‘tohu-bohu’ – chaos indescriptible -, la présence du Souffle de Dieu et de sa Parole allait permettre à chaque élément de l’univers, à chaque personne, d’y trouver sa juste place. A lire ce passage d’Isaïe, on se prend donc à rêver d’un monde nouveau, qui soit l’aube d’un autre ‘commencement’ selon le cœur de Dieu.

    En Jésus, un tournant décisif …

    Des siècles plus tard, un autre prophète, Jean-Baptiste, reprendra la prophétie d’Isaïe, annonçant la venue imminente d’un plus fort que lui, qui baptisera dans l’Esprit/Souffle du Seigneur (Mt 03,11). Et lorsqu’un certain Jésus de Nazareth se présentera à lui pour être baptisé, il sera donné à Jean-Baptiste de voir l’Esprit/le Souffle saint venir reposer sur lui et le désigner comme le Fils bien-aimé en qui le Seigneur a mis tout son amour (Mt 03,16), donnant ainsi à la promesse d’Isaïe son plein accomplissement.

    L’œuvre du Souffle saint en nous.

    Quelle est l’action du Souffle saint en nous ? Notre passage en énumère plusieurs facettes, intimement liées entre elles. Dans la Bible, la sagesse, avant d’être philosophique, est d’abord la manière très concrète de conduire sa vie d’une façon qui fasse sens : le Souffle saint nous conduit sur ce chemin. D’abord en aidant au discernement, cette capacité de repérer ce qui va dans le sens du bon et du bien, dans le sens de la vie et d’un bonheur partagé. De Lui, nous recevons encore conseil, la capacité de choisir ce qui nous tire vers le haut et nous fait grandir, mais aussi force, car Il soutient notre marche, nous aidant à tenir dans la durée, quoi qu’il puisse nous en coûter. Il nous permet enfin d’approfondir la connaissance du Seigneur, Le découvrant comme un Dieu de Vie, qui a souci de l’humain et de l’humanité et de sa création – et nous donnant l’envie d’avoir à Son égard un profond respect

    Utopie hors de notre portée ?

    Ce tableau idyllique a de quoi nous faire rêver. Surtout aujourd’hui où tant de valeurs semblent menacées. Serait-ce hors d’atteinte ? Non, je ne le pense pas. Car tous et toutes, nous sommes invités à être ce rameau fragile. Tous et toutes, nous pouvons apporter notre contribution à cette humanité nouvelle où l’homme ne sera plus un loup pour l’homme, où l’attention et l’action se porteront vers les plus fragiles et les plus vulnérables, où le souci de l’humain aura la priorité.
    A chacun de nous, en effet, le Souffle saint a été donné : cela est attesté dans bien des sacrements, notamment ceux du baptême et de la confirmation. Oui, assurément, Il est donné, mais est-Il accueilli ? Sans notre accueil, sans notre contribution, Il s’avère impuissant, comme emprisonné et paralysé.
    « Seigneur, fais de nous des ouvriers de paix.
    Seigneur, fais de nous des bâtisseurs d’amour. »