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  • Via, veritas, vita.

    Via, veritas, vita.

    Même dans l’Evangile il y a des paroles difficiles à entendre, comme celle que nous venons d’entendre : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ». Quelle prétention de la part de Jésus ! Parole étonnante qui ne colle pas du tout avec sa personnalité. Il n’a jamais été du genre à se mettre au centre ! C’est d’autant plus surprenant que, comme le précise St Jean, « C’est à l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père ». Or, nous savons que ce qui précède la mort de Jésus, son tout dernier geste avec ses apôtres, c’est le lavement des pieds.

    Pour comprendre cette parole, nous devons savoir qu’elle est d’abord un acte de foi des apôtres après la résurrection. Cette conviction était tellement grande qu’ils la mettront dans la bouche même de Jésus.

    En latin cela se dit : « Ego sum via, veritas et vita ». C’est-à-dire 3 V, le V de la victoire, la victoire de la résurrection.

    Les apôtres présentent donc Jésus comme le chemin. La semaine passée avec la parabole du bon berger, Jésus était comparé à la porte, une porte qui ouvre vers les bons pâturages, une porte qui permet d’aller et venir. Jésus ne se présente donc pas comme le but, le terme à atteindre, mais seulement comme un passage, un passage pour aller vers le Père : « Personne ne va vers le Père sans passer par moi ».

    De même, lorsque Jésus dit « Je suis la vérité » cela semble aussi très prétentieux. Remarquez qu’il ne dit pas « J’ai la vérité » mais « Je suis la Vérité ». En mettant ces mots dans la bouche de Jésus, les apôtres nous font comprendre que la vérité n’est pas une simple question de parole « dire la vérité », mais avant tout une manière d’être.  Jésus par sa manière de vivre a été l’expression parfaite du Père.

    Autrement dit, le moyen le plus direct pour aller vers le Père, pour connaître le Père, c’est sans doute d’écouter sa Parole, mais surtout d’agir comme lui.

    Avancer sur ce chemin, découvrir le visage d’un Dieu Père qui nous rappelle sans cesse le visage de nos frères, conduit à la vraie vie. A la vie en plénitude dit aussi St Jean.

    Mais cette parole de l’Evangile nous concerne aujourd’hui parce qu’elle est une invitation à devenir à notre tour chemin et à devenir vérité et vie pour les autres.

    Nous avons tous besoin de connaître le chemin, sans chemin on est perdu ! On erre sans destination, sans but, sans projet, la vie devient absurde ! Comme des parents offrent à leurs enfants l’exemple d’une vie réussie, une vie épanouie et heureuse, bref, une vie d’amour, Jésus nous propose de devenir à notre tour chemin de vie pour les autres.

    Nous sommes aussi invités à devenir Vérité, par l’authenticité de notre manière d’être devant les autres, sans masque, sans essayer de paraître. Devenir par notre manière d’être le visage le plus ressemblant de celui du Père.

    Alors nous serons Vie, c’est-à-dire lumière au cœur de l’obscurité, de la haine, du mépris et du non-respect de l’homme, nous serons joie où est le désespoir, réconfort là où il y a de la souffrance et apaisement là où il y a de la tristesse.

    A la suite de Jésus nous serons chemin, vérité et vie, chaque fois que dans la charité nous nous mettrons au service de tous nos frères et de nos sœurs.

  • Je suis…

    Je suis…

    Parabole d’une richesse extraordinaire, susceptible de plusieurs lectures selon que l’on concentre l’attention sur tel ou tel élément. Entre autres choses, il y est question d’une bergerie et de sa porte, de bandits et de voleurs qui y pénètrent par effraction ou du vrai berger qui, lui, entre par la porte, d’un portier qui lui ouvre et, bien sûr des brebis qui, connaissant la voix de leur berger, l’écoutent et le suivent, … Pas simple de déchiffrer ce que cachent ces images ! Perplexité d’hier : « Eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait » (v. 06). Sans doute aussi perplexité de nos jours… C’est pourquoi Jésus prend le temps de déployer le sens de cette parabole, en s’y mettant en scène. Il le fait dans deux directions principales : « Je suis la porte » ; « Je suis le beau berger qui donne sa vie pour ses brebis ».

    « Je suis … »

    L’avez-vous remarqué ? Dans le quatrième évangile, l’expression « Je suis … » suivie d’un attribut se trouve souvent sur les lèvres de Jésus : « Je suis le Pain de vie descendu du ciel » (06,41), « Je suis la Lumière du monde » (08,12), « Je suis la Résurrection et la Vie » (11,25), « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (14,06), « Je suis la Vraie Vigne » (15,01). Ici, Jésus l’utilise à deux reprises : « Je suis la porte » (vv. 07 et 09) et « Je suis le bon/beau berger » (vv. 11 et 14). Voilà qui est très fort ! Pourquoi ? Parce que Dieu s’était présenté ainsi à Moïse et au peuple hébreu : « Je suis qui je suis » (Ex 03,14), « Je suis le Seigneur qui t’ai fait sortir » (Ex. 06,07), « vous saurez que Je suis le Seigneur, votre Dieu » (Ex 16,12), … Ce « Je suis » divin exprimait à la fois une plénitude d’être, une présence à leurs côtés, et la promesse de les faire sortir de la terre d’esclavage et de les accompagner au long de la route de l’Exode.
    Et voilà que Jésus se présente ainsi ! Révélation ! Une question s’impose alors : qui donc est cet homme qui parle ainsi de lui-même et de sa mission ? Qui donc est cet homme auquel on a donné tant de titres. J’en évoque quelques-uns dans le quatrième évangile : le Verbe de Dieu (01,01), l’Agneau de Dieu qui porte et emporte le péché du monde (01,29) ; le Christ ou Messie (04,25), le Prophète (07,41), mon Seigneur et mon Dieu (20,28), etc. Question qui s’est imposée aux contemporains de Jésus et qui les a divisés : « les Juifs se divisèrent à cause de ces paroles » (v. 19). Question que les disciples eux-mêmes se sont posée maintes fois. Question qui s’impose aussi à nous qui, aujourd’hui, redécouvrons cette parabole.

    « Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits. » 

    Au moment même où il se présente comme la Porte, l’évangéliste met sur les lèvres de Jésus ce reproche très dur ! Ces mots font référence à des situations précises. La première est ancienne, évoquée par des prophètes dans l’Ancien Testament, Jérémie (23,01-04) et Ezéchiel (Ez 34,01-06) entre autres. Dieu reproche vertement aux bergers de son peuple – rois et prêtres – d’avoir conduit les siens dans une impasse, celle de l’exil à Babylone (587-538 ACN) ou de la dispersion dans d’autres pays voisins. Reproche, toutefois, suivi d’une bonne nouvelle : Dieu annonce qu’il sera lui-même le berger de son peuple, un berger soucieux de son bien comme de la vie de chacune de ses brebis, et qu’il lui donnera des bergers dignes de ce nom. Nombreux sont dans l’Ancien Testament les passages où Dieu est présenté comme le Berger de son peuple : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien » (Ps 23).
    L’autre situation est celle que vit Jésus lui-même : critiqué, diffamé, rejeté, exécuté par les autorités religieuses de son peuple. Il mettra les foules en garde à l’égard des scribes et des pharisiens « qui ferment le Royaume des Cieux devant les hommes » (Mt 23,13). Situation que vont aussi affronter les premiers chrétiens qui seront exclus des synagogues, et même du judaïsme, le livre des Actes en témoigne.
    Bien des questions commencent alors à se poser à nous : pour ne pas m’égarer, qui écouter ? à qui faire confiance ? comment ne pas me laisser attirer par des mirages ? ou me croire assez fort pour affronter seul toutes sortes de difficultés ? Et si j’ai une responsabilité dans la communauté chrétienne, comment ne pas induire autrui en erreur ? Comment ne pas lui indiquer de fausses pistes ?
    Mais surprise ! Pour que nous puissions recevoir et savourer « la Vie en abondance », Jésus se présente à nous et nous invite : venez, ‘Je suis le Chemin’, ‘Je suis la Porte’ qui introduit dans la bergerie. Hésiterons-nous à lui faire confiance ?

    « Je suis la porte … ».

    Il y a une porte à cette bergerie. Et même un portier ! Qui pourrait bien se cacher derrière la figure du portier ? Ne pourrait-on y voir le Père prêt à nous accueillir dans son Royaume ? Dans ce cas, il ne s’agit pas d’un gardien qui, à sa guise, ouvrirait ou fermerait l’accès à ce domaine ; il s’agit d’un Père qui nous aime et ne nous veut que du bien.
    Jésus, lui, se présente comme la porte qui donne accès à ce Royaume de Béatitude, de Vie, de Paix, de Compassion, ce Royaume ouvert à tous. Pourquoi se présente-t-il ainsi ? C’est qu’il le constate, beaucoup manquent la porte. Parfois parce que, se croyant plus malins que les autres, ils pensent trouver par eux-mêmes le bercail, le chemin qui y mène et la porte qui y donne accès. Ou encore parce qu’ils se laissent engluer par des préoccupations tellement éloignées du Royaume. Et, Jésus le sait, il l’a précisé ailleurs : « Elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la Vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. (Mt 04,13-14). Il le sait d’expérience, lui qui a payé de sa personne, « qui a donné sa vie » jusqu’à mourir cloué sur une croix.

    « Je suis le beau/bon Berger ».

    Jésus est bien plus que la Porte, il est le bon Berger ! Il se fait Présence ! Celle de quelqu’un qui nous connaît en profondeur, comme seul le Père nous connaît. Il est la voix qui nous appelle, celle du berger parti à la recherche de ses brebis parfois perdues, maltraitées, découragées, épuisées. A la recherche de chacune d’entre elles. Il leur permet d’aller et venir en grande liberté et ouvre devant elles un chemin de vie. Ressuscité, il est désormais cette Présence à nos côtés, jour après jour.
    Nous voilà donc invités à L’écouter, à Lui faire confiance, à nous laisser guider par Lui, à faire chemin avec Lui, sûrs qu’il nous mènera au but. La foi, n’est-ce pas tout simplement cela ?

  • Professions de Foi

    Professions de Foi

    Ils feront leur profession de foi le samedi 25 avril à 16h à TROIS-PONTS

    Bodson Alexia (La Gleize)

    Dupont Eva (Rahier)

    Evrard Lia (Basse Bodeux)

    Minet Eline (Wanne)

    Ramirez-Hernan Jules (Lierneux)

    Résimont Ellie (Chevron)

  • Une rencontre lumineuse

    Une rencontre lumineuse

    Difficile quand on vient de perdre un proche – conjoint, parent ou ami – de ne pas repasser en boucle ce que l’on a vécu avec lui, ou à ses côtés dans ses derniers moments ! Surtout si ceux-ci furent marqués par la souffrance ou, pire encore, par la violence, comme ce fut le cas pour Jésus. Difficile aussi, quand il s’agit d’un maître dont on a tant appris et dont on attendait tant, de retrouver l’espérance ! Tout semble ‘foutu’. Voilà ce que vivent ces deux pèlerins.

    « Ils faisaient route vers Emmaüs ».

    • Le chemin de ces deux disciples ne se mesure pas au nombre de kilomètres parcourus. Il est surtout intérieur. Il est recherche, questionnement, dans la solitude comme à travers les échanges. Il se fraie un passage entre expériences lumineuses et moments de lourdeur, de désespérance, colères parfois aussi.
    • Comme Jésus ! Lorsqu’il parcourait les routes de Galilée ou montait à Jérusalem : « il faisait route » (Lc 10,38 ; 14,25 ; 17,11), lui aussi. Et, tout en marchant avec d’autres, il leur partageait volontiers son chemin intérieur : non pas savoir abstrait, désincarné, mais son expérience de vie, de la vraie Vie, celle qui a saveur d’éternité.
    • Prendre parfois le temps de s’arrêter, de regarder le chemin parcouru, de rendre grâce au Seigneur ou de L’implorer : voilà qui pourrait opportunément marquer ce temps pascal.

    En chemin, dialogue avec un étranger.

    Durant le carême, les pages d’évangile nous présentaient Jésus marchant en tête, tel un premier de cordée, sur la route ardue qui le menait à Jérusalem et à la mort. Et les disciples, qu’il invitait à ‘marcher derrière lui’, peinaient à le ‘suivre’. Ce dimanche, le récit nous fait découvrir tout autrement Jésus Ressuscité: il est là, marchant avec ces pèlerins, incognito. Il est là, Présence hors du commun par la qualité de son attention et de son écoute. Il peut tout entendre: déceptions, doutes, questionnements, tel celui qu’éveille le partage de femmes ayant reçu cet incroyable message : ‘Il vit’. Il est là, Parole qui jette sur leur vécu une tout autre lumière. Parole à hauteur d’homme, qui se propose sans s’imposer, qui accompagne. ‘Leur cœur est tout brûlant’, mais ‘leurs yeux sont empêchés de Le reconnaître’.

    Halte à l’auberge.

    Halte bien nécessaire pour reprendre souffle et refaire ses forces. Et voilà que les deux compagnons l’invitent : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse ». Qu’exprime cette prière : le désir de poursuivre un échange passionnant avec cet ‘étranger’ ? Le regret de voir leurs chemins se séparer ? Une attention pour cet ‘étranger’ ? Peut-être un peu de tout cela ! Et voilà qu’un geste banal, le plus quotidien qui soit –‘ rompre le pain’ – leur rappelle le dernier repas que Jésus avait pris avec ses amis : la fraction du pain, le sens qu’il avait donné à ce geste – sa vie entièrement offerte, jusqu’au bout, comme un pain rompu et partagé – et l’invitation à faire de même. ‘Leurs yeux s’ouvrent’, enfin ! Moment de communion intense. Présence réelle, mais furtive. « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. » (Saint-Exupéry). Ainsi en est-il du Ressuscité pour chacun de nous : Présence au coeur de l’absence, Présence qui ne se perçoit qu’à travers certains signes. Alors ouvrons les yeux du cœur, apprenons à décoder ces signes.

    Retour à Jérusalem.

    Ils ne sont plus les mêmes. Evanouie la tristesse ! Place à une joie et une paix qui se décuplent encore dans le partage avec d’autres disciples de ces moments inattendus et inoubliables.
    Trois temps dans cette rencontre lumineuse.
    Comme dans nos eucharisties. D’abord la liturgie de la Parole qui éclaire notre vécu, indique un chemin, nous ouvre à une espérance renouvelée. Puis le signe de la fraction du pain et la communion intime à la Présence qui s’offre. Enfin, l’envoi en mission, le retour dans le quotidien et le partage de ce vécu intense avec d’autres disciples.
    En mémoire de Lui, rompons nos vies comme un pain partagé et nourrissant ! N’est-ce pas ainsi que naît et grandit une communauté de disciples ?

  • Une mission inattendue

    Une mission inattendue

    Voilà deux fois, à une semaine d’intervalle, que les disciples sont barricadés dans la chambre haute, habités par la ‘peur des Juifs’, possédés par elle. Et voilà qu’à deux reprises Jésus Ressuscité se rend présent parmi eux.

    « Il est là, au milieu d’eux »

    Il prend la place présentée comme la sienne dans le quatrième évangile. C’est cette place-là, en effet, que Jean-Baptiste lui reconnaît d’emblée : « Au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas » (Jn 01,27). C’est encore à cette place-là – délicate, difficile – qu’il se tiendra aux cotés de la femme adultère cernée de toutes parts par scribes et pharisiens (Jn 08, 01-11). Lui donnons-nous, dans nos coeurs, dans nos vies, comme dans nos communautés et nos célébrations, cette place centrale ?

    « La paix soit avec vous »

    A trois reprises, le Ressuscité leur souhaite la paix. Pourquoi pareille insistance, sinon parce qu’ils sont remplis de panique et que – Jésus le sait – la paix du cœur est souvent au bout d’un long travail intérieur. Comment ne pas comprendre leur panique !? En effet, eux qui ont été si proches de Jésus, comment ne se sentiraient-ils pas menacés à leur tour ? Il se pourrait qu’on leur fasse subir le même sort que leur maître … ou, à tout le moins, d’autres tracasseries. Mais ce n’est peut-être pas la seule raison pour laquelle ce souhait de paix leur est adressé … La suite du récit nous le fait découvrir.

    « Ceux à qui vous remettrez les péchés, … »

    Surprise ! Ces personnes affolées, retranchées, le Ressuscité va les faire sortir : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie » ! Avec la mission de ‘laisser aller les péchés’. Autre surprise ! Pourquoi cette mission-là ? Pourquoi pas celle de proclamer la résurrection de Jésus ? Ne serait-ce pas beaucoup plus important ? Mission donc inattendue, quelque peu étonnante même. A vrai dire, non ! Il suffit de se remémorer les événements qui précèdent pour comprendre l’exacte portée tant du souhait de paix que le Ressuscité leur adresse que de la mission qu’il leur confie. En effet, après le drame auquel ils viennent d’assister et tout ce qu’eux-mêmes ont pu vivre et ressentir dans ces circonstances-là, les disciples en ont des pardons à distribuer !!!
    • Pardon à donner d’abord à l’un d’entre eux, Judas, le traître qui a livré leur Maître aux autorités sacerdotales (Jn 13,02 et 18,01-04).
    • Pardon ô combien difficile à accorder aux grands prêtres pour avoir déployé tant d’ingéniosité pour faire condamner Jésus à la crucifixion et pour avoir manipulé les foules dans ce but (Jn 18,31 et 40 ; 19,07,12 et 14) ; aussi pour l’avoir nargué alors qu’il agonisait sur la croix (Mc 15,31-32).
    • Pardon à offrir aux foules versatiles : après avoir accueilli triomphalement Jésus à son arrivée à Jérusalem (Jn 12,12-14), elles se sont laissé manipuler par leurs autorités religieuses ; parmi elles, certains ont été jusqu’à se moquer du crucifié (Mc 15,29-30).
    • Pardonner aussi à Pilate : bien que persuadé de l’innocence de Jésus – par trois fois, il avait dit : « Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation » (Jn 18,39 et 19,04 et 06) -, il l’a finalement livré aux autorités juives déchaînées.
    Mais aussi difficile pardon à se donner à eux-mêmes !
    • Pierre pour avoir renié son Maître à trois reprises (Jn18,17,25 et 27).
    • Et chacun d’eux pour l’avoir abandonné et l’avoir laissé seul dans ces moments tragiques. Tous à l’exception du disciple bien-aimé présent au pied de la croix.
    Dans de telles conditions, pas facile pour eux de retrouver la paix du cœur ! Comment y parvenir ? Le chemin sera long et difficile … Car, avant même de pouvoir dire à autrui « Je te pardonne », ou se le dire à soi-même, il y a tout un travail intérieur à faire pour ‘laisser aller’ ces erreurs, cesser de les ressasser constamment, d’y revenir en boucle.
    Occasion pour chacun de nous de nous demander quels seraient les pardons que je n’arrive pas à donner à autrui ou à m’accorder à moi-même ? Parfois même pour de petites blessures.
    Sachons aussi que, sur ce chemin, nous pouvons nous accompagner et nous soutenir mutuelle-ment.

    « … ils leur seront remis (s.e. par Dieu). »

    Personne ne peut pardonner à qui a fait du mal, personne sinon la victime elle-même. Même un juge ne peut le faire à sa place. Même pas Dieu lui-même ! Si le Père est toujours prêt à accorder son pardon à qui, par méchanceté ou par bêtise, a compromis son projet en blessant autrui, il ne peut le faire que si la victime, la personne blessée, se dit prête à pardonner. Souvenons-nous de Jésus : cloué au bois de la croix, il a trouvé en lui la force de pardonner à tous, invitant son Père à le faire à son tour : « Père, remets-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). C’est fort, très fort !

    « Accueillez le Souffle Saint. »

    Par nos seules forces, il est souvent difficile de parvenir au pardon et de retrouver ainsi la paix du cœur, nous le savons d’expérience. C’est pourquoi le Ressuscité se rend présent parmi ses disciples, et leur souhaite la paix. Outre sa présence et sa paix, Jésus leur offre un autre cadeau : le Souffle Saint. Soufflant sur eux, il les presse d’’accueillir’ ce Souffle. Car celui-ci n’agit pas de façon magique, il ne peut travailler que dans un cœur qui s’ouvre à Lui !
    Alors ouvrons nos cœurs à la présence du Ressuscité, donnons-Lui la place centrale qui lui revient. Accueillons aussi le Souffle Saint qu’Il nous offre. Nous pourrons alors recevoir sa paix et – par-delà notre peur, nos ressentiments et nos colères – trouver courage et force pour sortir de nous-mêmes et de nos cénacles et accomplir la mission reçue !
    « Inonde mon cœur, inonde mon cœur, Esprit saint, inonde mon cœur,
    En toi j’ai trouvé la paix, le bonheur, Esprit saint, inonde mon cœur. »

  • Une Cène à préparer

    Une Cène à préparer

    Benoît XVI

    « Aujourd’hui encore, comme alors, il y a une cène à préparer.

    Il ne s’agit pas seulement de la liturgie, mais de notre disponibilité à entrer dans un geste qui nous dépasse. L’eucharistie ne se célèbre pas seulement sur l’autel, mais aussi dans le quotidien, où il est possible de vivre chaque chose comme une offrande et une action de grâce.

    Se préparer à célébrer cette action de grâce ne signifie pas en faire plus, mais laisser de la place. Cela signifie enlever ce qui encombre, réduire ses prétentions, cesser de cultiver des attentes irréalistes.

    Trop souvent, en effet, nus confondons les préparatifs avec les illusions.Les illusions nous distraient, les préparatifs nous orientent. Les illusions recherchent un résultat, les préparatifs rendent possible une rencontre.

    Le véritable amour, nous rappelle l’Évangile, se donne avant même d’être réciproque. C’est un don anticipé. Il ne se fonde pas sur ce qu’il reçoit, mais sur ce qu’il désire offrir.

    C’est ce que Jésus a vécu avec les siens : alors qu’ils ne comprenaient pas encore ; alors qu’ l’un d’entre eux était sur le point de de trahir et un autre de le renier, Lui préparait pour tous une cène de communion.

    Chers Frères et Sœurs, nous sommes, nous aussi, invités à ‘préparer la Pâque du Seigneur’. Pas seulement la Pâque liturgique, mais aussi celle de notre vie. Chaque geste de disponibilité, chaque acte gratuit, chaque pardon offert à l’avance, chaque effort accepté patiemment est une manière de préparer un lieu où Dieu peut habiter.

    Nous pouvons alors nous demander : quels espaces de ma vie dois-je réorganiser pour qu’ils soient prêts à accueillir le Seigneur. »

  • Notre Sauveur

    Notre Sauveur

    Jésus est venu nous sauver ! Il est notre sauveur ! Nous ne disons pas « notre sauveteur », mais notre « sauveur ». Le sauveteur est celui qui, du bord de la piscine, plonge pour rechercher, de gré ou de force, celui qui coule.  Il est drillé pour cela, il agit presque automatiquement. Lorsque nous disons Jésus « sauveur », ce n’est pas du tout la même chose.  Quelle est la différence ?
    Eh ! bien, il nous arrive parfois, en regardant l’actualité proposée par les médias, de désespérer de nos semblables, peut-être aussi de nous-mêmes, parce qu’il nous semble que jamais nous ne parviendrons à construire une société vraiment humaine, un monde où, enfin, l’homme soit totalement sorti de l’animalité ou encore de la bestialité.
    Même si nous sommes conscients de notre médiocrité, tous, nous rêvons d’un monde où l’homme soit vraiment humain. Mais au regard de tout ce qui se passe aujourd’hui, cela nous semble une utopie, il semble que l’animalité qui nous habite prenne toujours le dessus. Nous nous posons alors la question : les hommes, les femmes pourront-ils un jour sortir de cette inhumanité et devenir, enfin, des hommes-humains ?
    A cette question Jésus a voulu répondre et nous prouver que « l’homme-humain » existe, qu’il est possible d’être entièrement humain.  Cette humanité parfaite il l’a lui-même vécue dans ses engagements, ses compagnonnages, ses actes les plus simples et finalement sa mort.
    Si ses compagnons ont reconnu en lui le divin, ce n’est pas à cause d’une marque spéciale ou d’une dévotion particulière, mais par sa manière de vivre.
    Nous pouvons donc dire que Jésus est « sauveur » parce qu’il nous a montré un chemin d’humanisation qui mène au divin. Sauvés, nous ne pouvons l’être que par les autres, non pas par un geste magique ni même une piété débordante ; le salut n’est pas non plus un automatisme, il ne peut se réaliser que par la rencontre.
    Etre sauvé, c’est rencontrer quelqu’un qui nous touche au point de nous entraîner là où, l’instant d’avant, nous nous croyions dans l’impossibilité d’aller, ou nous rend capable de réaliser ce qui nous paraissait une utopie.
     Mais le message de Pâques nous dit aussi que si nous avons eu la chance de croiser l’homme Jésus qui peut donner sens à notre vie, nous devons être, à notre tour, une chance pour les autres qui croisent notre route. Qu’en voyant notre manière de vivre ils puissent dire : « Oui, l’homme-humain existe » et ainsi retrouver le goût de vivre.
    Aller crier et proclamer dans les rues : « Jésus est vivant, il est ressuscité » ne sert à rien ; au contraire, cela peut être négatif si notre agir continue à s’enliser dans l’inhumanité.
    La véritable spiritualité n’a rien d’une illumination subite, mais s’enracine dans nos actes les plus concrets. D’ailleurs, le ressuscité ne se rencontre pas à Jérusalem, mais en Galilée. Ce qui revient peut-être à dire qu’il se rencontre moins dans les tabernacles de nos églises que dans le quotidien de la vie, là où le visage de l’autre nous interpelle.
    La résurrection ne deviendra réelle et visible que par nos engagements, nos actes et nos rencontres de chaque jour. 

    Joyeuse fête de Pâques. 

  • Nous y voilà!

    Nous y voilà!

    Nous entrons ce dimanche dans la grande et belle Semaine Sainte : redécouvrir cette année encore ce fabuleux élan du cœur de notre Dieu, cette passion amoureuse de notre Dieu, qui vient à la rencontre des humains par des chemins qui nous étonnent, par des chemins qui n’ont rien pour nous de très habituel!

    Il entre à Jérusalem sur un âne, signe qu’il vient en artisan de paix, signe qu’il s’offre à l’accueil ou au refus des hommes, signe qu’il n’entre pas dans le jeu des rivalités, de la compétition, de la domination, jeu souvent si cher à notre humanité…

    Oui, il vient se livrer ; il vient livrer aux responsables religieux et politiques de sa communauté ce qui fait battre son cœur, ce qui donne sens à sa vie. Il vient, sans armure, offrir ce lien si précieux qui l’unit à Dieu, dans, il est vrai, un mode tellement différent des standards de son temps.

    NON, NON et NON : C’EST INACCEPTABLE !

    Il y a vraiment trop à perdre !

    Alors le juste devient le criminel ; l’innocent devient le coupable…

    Jésus de Nazareth : un agitateur, un blasphémateur, un faux prophète : crucifions-le !

    Oui, c’est un Dieu à la merci de l’homme que nous proclamons.

    C’est un Dieu qui se donne jusque-là que nous suivons.

    C’est un Dieu qui se livre tout entier, sans rien préserver, que nous essayons de rendre présent à travers nos choix et nos décisions.

    Oui, il est grand le mystère de la foi.

    Il est grand ce cœur offert à notre foi.

    Il est grand ce Dieu-là, si vulnérable et si fort à la fois !

  • Déliez-le

    Déliez-le

    « Déliez-le et laissez-le aller » dit Jésus. Cette parole me fait penser à une autre parole de Jésus « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans les cieux ».
    Et plus largement, on peut dire que toute l’histoire biblique est essentiellement une histoire de libération, de délivrance. Elle est l’histoire d’un Dieu qui veut libérer son peuple de tout esclavage et de toute soumission qui empêchent l’homme de s’épanouir. Dans la même ligne, tout au long de sa vie, Jésus, lui aussi, a voulu libérer son peuple non plus des Égyptiens, mais de l’oppression d’une religion qui détenait le pouvoir et spirituel et temporel.
    Tout au long de l’Évangile nous trouvons en effet des exemples de cette volonté, de ce combat de Jésus pour libérer, délier les hommes emprisonnés à cause du poids de culpabilité que leur religion faisait peser sur eux.

    • Le premier dimanche de carême nous présentait les tentations de Jésus : lui aussi, comme chacun, est tenté et, dans son combat, il est le premier à se libérer totalement de cet attrait du pouvoir et de l’argent qui risque de le paralyser.
    • Nous avons eu ensuite l’exemple de la Samaritaine, cette femme païenne aux cinq maris que Jésus libère en lui donnant l’eau vive, en lui montrant combien elle aussi, elle est aimée de Dieu.
    • Dimanche dernier nous avons vu l’aveugle, à qui on avait fait croire que, s’il était aveugle, c’était à cause de son péché. Ce n’est qu’en le délivrant de cette culpabilité que Jésus lui permet de reprendre une vie normale.
    • Et aujourd’hui, comme en point d’orgue, nous voyons Jésus délivrer de la mort son ami Lazare. Mais cette délivrance n’est pas automatique, comme chaque fois elle passe par l’intermédiaire des hommes. Dieu a besoin des hommes « Déliez-le et laissez-le aller » ! Ils doivent pour cela « ôter la pierre » et « défaire les bandelettes ». 
      Aujourd’hui, Dieu nous invite aussi à ‘ôter la pierre’ qui empêche les autres de vivre et de se forger une vie décente et digne.
      Jésus nous invite aussi à les défaire des bandelettes qui paralysent leur enthousiasme ou leurs initiatives.
      « Déliez-le et laissez-le aller », Non seulement nous devons ‘les délier’ mais’ les laisser aller’ c’est-à-dire, dans un lâcher-prise qui est celui de l’amour, leur garantir la liberté de suivre leurs choix de vie.  
      Jésus a pleuré sur son ami Lazare comme il continue à pleurer sur celles et ceux que nous enterrons sans leur laisser la chance de vivre leur vie, de connaître du bonheur.
      Jésus pleure sur celles et ceux que nous avons liés ou que nous utilisons pour combler notre appétit de consommateur ou notre besoin de nous faire servir.
      Dans quelques jours nous célébrerons Pâques, la résurrection de Jésus. Nous confessons qu’il est la résurrection et la vie, que celui qui croit en lui, même s’il meurt, vivra.  Jésus est très clair, avant de donner sa vie, avant de mourir, il est déjà résurrection.
      « Je suis la vie, je suis la résurrection », Jésus s’identifie aux deux ; en lui, il n’y a pas de discontinuité, même la mort ne peut y faire obstacle.  Mais cette vie, cette résurrection, il ne les garde pas jalousement pour lui.  Comme il donne sa vie, il nous donne part à sa résurrection.
      Déjà aujourd’hui, nous pouvons donc dire avec lui : « Nous sommes déjà ressuscités ! »
  • 01/05 – Marche pour les vocations

    01/05 – Marche pour les vocations

    Les services diocésains des vocations organisent une marche pour les vocations. Cette initiative nous réjouit et nous sommes heureux de vous inviter le vendredi 1er mai 2026 au sanctuaire de la Vierge des Pauvres à Banneux. Voici l’invitation de Mgr Lejeusne et Mgr Delville

  • 15/03 – Concert à Stoumont

    15/03 – Concert à Stoumont

    Jojo Rouge Noir – Nous sommes un duo Piano/Violon. Nous jouons de la musique classique avec des influences orientales, jazzy, gitanes et même « vieille France ». Le tout en maîtrise de l’art de l’improvisation. Chaque concert est unique.
    Nous estimons que chacun a le droit de profiter de l’art noble sans devoir se déplacer vers les grandes villes, dans les opéras et les clubs bondés. C’est ce qui nous pousse à faire la tournée des paroisses de nos régions.