Ils feront leur profession de foi le samedi 25 avril à 16h à TROIS-PONTS
Bodson Alexia (La Gleize)
Dupont Eva (Rahier)
Evrard Lia (Basse Bodeux)
Minet Eline (Wanne)
Ramirez-Hernan Jules (Lierneux)
Résimont Ellie (Chevron)

Ils feront leur profession de foi le samedi 25 avril à 16h à TROIS-PONTS
Bodson Alexia (La Gleize)
Dupont Eva (Rahier)
Evrard Lia (Basse Bodeux)
Minet Eline (Wanne)
Ramirez-Hernan Jules (Lierneux)
Résimont Ellie (Chevron)

Difficile quand on vient de perdre un proche – conjoint, parent ou ami – de ne pas repasser en boucle ce que l’on a vécu avec lui, ou à ses côtés dans ses derniers moments ! Surtout si ceux-ci furent marqués par la souffrance ou, pire encore, par la violence, comme ce fut le cas pour Jésus. Difficile aussi, quand il s’agit d’un maître dont on a tant appris et dont on attendait tant, de retrouver l’espérance ! Tout semble ‘foutu’. Voilà ce que vivent ces deux pèlerins.
Durant le carême, les pages d’évangile nous présentaient Jésus marchant en tête, tel un premier de cordée, sur la route ardue qui le menait à Jérusalem et à la mort. Et les disciples, qu’il invitait à ‘marcher derrière lui’, peinaient à le ‘suivre’. Ce dimanche, le récit nous fait découvrir tout autrement Jésus Ressuscité: il est là, marchant avec ces pèlerins, incognito. Il est là, Présence hors du commun par la qualité de son attention et de son écoute. Il peut tout entendre: déceptions, doutes, questionnements, tel celui qu’éveille le partage de femmes ayant reçu cet incroyable message : ‘Il vit’. Il est là, Parole qui jette sur leur vécu une tout autre lumière. Parole à hauteur d’homme, qui se propose sans s’imposer, qui accompagne. ‘Leur cœur est tout brûlant’, mais ‘leurs yeux sont empêchés de Le reconnaître’.
Halte bien nécessaire pour reprendre souffle et refaire ses forces. Et voilà que les deux compagnons l’invitent : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse ». Qu’exprime cette prière : le désir de poursuivre un échange passionnant avec cet ‘étranger’ ? Le regret de voir leurs chemins se séparer ? Une attention pour cet ‘étranger’ ? Peut-être un peu de tout cela ! Et voilà qu’un geste banal, le plus quotidien qui soit –‘ rompre le pain’ – leur rappelle le dernier repas que Jésus avait pris avec ses amis : la fraction du pain, le sens qu’il avait donné à ce geste – sa vie entièrement offerte, jusqu’au bout, comme un pain rompu et partagé – et l’invitation à faire de même. ‘Leurs yeux s’ouvrent’, enfin ! Moment de communion intense. Présence réelle, mais furtive. « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. » (Saint-Exupéry). Ainsi en est-il du Ressuscité pour chacun de nous : Présence au coeur de l’absence, Présence qui ne se perçoit qu’à travers certains signes. Alors ouvrons les yeux du cœur, apprenons à décoder ces signes.
Ils ne sont plus les mêmes. Evanouie la tristesse ! Place à une joie et une paix qui se décuplent encore dans le partage avec d’autres disciples de ces moments inattendus et inoubliables.
Trois temps dans cette rencontre lumineuse.
Comme dans nos eucharisties. D’abord la liturgie de la Parole qui éclaire notre vécu, indique un chemin, nous ouvre à une espérance renouvelée. Puis le signe de la fraction du pain et la communion intime à la Présence qui s’offre. Enfin, l’envoi en mission, le retour dans le quotidien et le partage de ce vécu intense avec d’autres disciples.
En mémoire de Lui, rompons nos vies comme un pain partagé et nourrissant ! N’est-ce pas ainsi que naît et grandit une communauté de disciples ?

Voilà deux fois, à une semaine d’intervalle, que les disciples sont barricadés dans la chambre haute, habités par la ‘peur des Juifs’, possédés par elle. Et voilà qu’à deux reprises Jésus Ressuscité se rend présent parmi eux.
Il prend la place présentée comme la sienne dans le quatrième évangile. C’est cette place-là, en effet, que Jean-Baptiste lui reconnaît d’emblée : « Au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas » (Jn 01,27). C’est encore à cette place-là – délicate, difficile – qu’il se tiendra aux cotés de la femme adultère cernée de toutes parts par scribes et pharisiens (Jn 08, 01-11). Lui donnons-nous, dans nos coeurs, dans nos vies, comme dans nos communautés et nos célébrations, cette place centrale ?
A trois reprises, le Ressuscité leur souhaite la paix. Pourquoi pareille insistance, sinon parce qu’ils sont remplis de panique et que – Jésus le sait – la paix du cœur est souvent au bout d’un long travail intérieur. Comment ne pas comprendre leur panique !? En effet, eux qui ont été si proches de Jésus, comment ne se sentiraient-ils pas menacés à leur tour ? Il se pourrait qu’on leur fasse subir le même sort que leur maître … ou, à tout le moins, d’autres tracasseries. Mais ce n’est peut-être pas la seule raison pour laquelle ce souhait de paix leur est adressé … La suite du récit nous le fait découvrir.
Surprise ! Ces personnes affolées, retranchées, le Ressuscité va les faire sortir : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie » ! Avec la mission de ‘laisser aller les péchés’. Autre surprise ! Pourquoi cette mission-là ? Pourquoi pas celle de proclamer la résurrection de Jésus ? Ne serait-ce pas beaucoup plus important ? Mission donc inattendue, quelque peu étonnante même. A vrai dire, non ! Il suffit de se remémorer les événements qui précèdent pour comprendre l’exacte portée tant du souhait de paix que le Ressuscité leur adresse que de la mission qu’il leur confie. En effet, après le drame auquel ils viennent d’assister et tout ce qu’eux-mêmes ont pu vivre et ressentir dans ces circonstances-là, les disciples en ont des pardons à distribuer !!!
• Pardon à donner d’abord à l’un d’entre eux, Judas, le traître qui a livré leur Maître aux autorités sacerdotales (Jn 13,02 et 18,01-04).
• Pardon ô combien difficile à accorder aux grands prêtres pour avoir déployé tant d’ingéniosité pour faire condamner Jésus à la crucifixion et pour avoir manipulé les foules dans ce but (Jn 18,31 et 40 ; 19,07,12 et 14) ; aussi pour l’avoir nargué alors qu’il agonisait sur la croix (Mc 15,31-32).
• Pardon à offrir aux foules versatiles : après avoir accueilli triomphalement Jésus à son arrivée à Jérusalem (Jn 12,12-14), elles se sont laissé manipuler par leurs autorités religieuses ; parmi elles, certains ont été jusqu’à se moquer du crucifié (Mc 15,29-30).
• Pardonner aussi à Pilate : bien que persuadé de l’innocence de Jésus – par trois fois, il avait dit : « Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation » (Jn 18,39 et 19,04 et 06) -, il l’a finalement livré aux autorités juives déchaînées.
Mais aussi difficile pardon à se donner à eux-mêmes !
• Pierre pour avoir renié son Maître à trois reprises (Jn18,17,25 et 27).
• Et chacun d’eux pour l’avoir abandonné et l’avoir laissé seul dans ces moments tragiques. Tous à l’exception du disciple bien-aimé présent au pied de la croix.
Dans de telles conditions, pas facile pour eux de retrouver la paix du cœur ! Comment y parvenir ? Le chemin sera long et difficile … Car, avant même de pouvoir dire à autrui « Je te pardonne », ou se le dire à soi-même, il y a tout un travail intérieur à faire pour ‘laisser aller’ ces erreurs, cesser de les ressasser constamment, d’y revenir en boucle.
Occasion pour chacun de nous de nous demander quels seraient les pardons que je n’arrive pas à donner à autrui ou à m’accorder à moi-même ? Parfois même pour de petites blessures.
Sachons aussi que, sur ce chemin, nous pouvons nous accompagner et nous soutenir mutuelle-ment.
Personne ne peut pardonner à qui a fait du mal, personne sinon la victime elle-même. Même un juge ne peut le faire à sa place. Même pas Dieu lui-même ! Si le Père est toujours prêt à accorder son pardon à qui, par méchanceté ou par bêtise, a compromis son projet en blessant autrui, il ne peut le faire que si la victime, la personne blessée, se dit prête à pardonner. Souvenons-nous de Jésus : cloué au bois de la croix, il a trouvé en lui la force de pardonner à tous, invitant son Père à le faire à son tour : « Père, remets-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34). C’est fort, très fort !
Par nos seules forces, il est souvent difficile de parvenir au pardon et de retrouver ainsi la paix du cœur, nous le savons d’expérience. C’est pourquoi le Ressuscité se rend présent parmi ses disciples, et leur souhaite la paix. Outre sa présence et sa paix, Jésus leur offre un autre cadeau : le Souffle Saint. Soufflant sur eux, il les presse d’’accueillir’ ce Souffle. Car celui-ci n’agit pas de façon magique, il ne peut travailler que dans un cœur qui s’ouvre à Lui !
Alors ouvrons nos cœurs à la présence du Ressuscité, donnons-Lui la place centrale qui lui revient. Accueillons aussi le Souffle Saint qu’Il nous offre. Nous pourrons alors recevoir sa paix et – par-delà notre peur, nos ressentiments et nos colères – trouver courage et force pour sortir de nous-mêmes et de nos cénacles et accomplir la mission reçue !
« Inonde mon cœur, inonde mon cœur, Esprit saint, inonde mon cœur,
En toi j’ai trouvé la paix, le bonheur, Esprit saint, inonde mon cœur. »

Benoît XVI
« Aujourd’hui encore, comme alors, il y a une cène à préparer.
Il ne s’agit pas seulement de la liturgie, mais de notre disponibilité à entrer dans un geste qui nous dépasse. L’eucharistie ne se célèbre pas seulement sur l’autel, mais aussi dans le quotidien, où il est possible de vivre chaque chose comme une offrande et une action de grâce.
Se préparer à célébrer cette action de grâce ne signifie pas en faire plus, mais laisser de la place. Cela signifie enlever ce qui encombre, réduire ses prétentions, cesser de cultiver des attentes irréalistes.
Trop souvent, en effet, nus confondons les préparatifs avec les illusions.Les illusions nous distraient, les préparatifs nous orientent. Les illusions recherchent un résultat, les préparatifs rendent possible une rencontre.
Le véritable amour, nous rappelle l’Évangile, se donne avant même d’être réciproque. C’est un don anticipé. Il ne se fonde pas sur ce qu’il reçoit, mais sur ce qu’il désire offrir.
C’est ce que Jésus a vécu avec les siens : alors qu’ils ne comprenaient pas encore ; alors qu’ l’un d’entre eux était sur le point de de trahir et un autre de le renier, Lui préparait pour tous une cène de communion.
Chers Frères et Sœurs, nous sommes, nous aussi, invités à ‘préparer la Pâque du Seigneur’. Pas seulement la Pâque liturgique, mais aussi celle de notre vie. Chaque geste de disponibilité, chaque acte gratuit, chaque pardon offert à l’avance, chaque effort accepté patiemment est une manière de préparer un lieu où Dieu peut habiter.
Nous pouvons alors nous demander : quels espaces de ma vie dois-je réorganiser pour qu’ils soient prêts à accueillir le Seigneur. »

Jésus est venu nous sauver ! Il est notre sauveur ! Nous ne disons pas « notre sauveteur », mais notre « sauveur ». Le sauveteur est celui qui, du bord de la piscine, plonge pour rechercher, de gré ou de force, celui qui coule. Il est drillé pour cela, il agit presque automatiquement. Lorsque nous disons Jésus « sauveur », ce n’est pas du tout la même chose. Quelle est la différence ?
Eh ! bien, il nous arrive parfois, en regardant l’actualité proposée par les médias, de désespérer de nos semblables, peut-être aussi de nous-mêmes, parce qu’il nous semble que jamais nous ne parviendrons à construire une société vraiment humaine, un monde où, enfin, l’homme soit totalement sorti de l’animalité ou encore de la bestialité.
Même si nous sommes conscients de notre médiocrité, tous, nous rêvons d’un monde où l’homme soit vraiment humain. Mais au regard de tout ce qui se passe aujourd’hui, cela nous semble une utopie, il semble que l’animalité qui nous habite prenne toujours le dessus. Nous nous posons alors la question : les hommes, les femmes pourront-ils un jour sortir de cette inhumanité et devenir, enfin, des hommes-humains ?
A cette question Jésus a voulu répondre et nous prouver que « l’homme-humain » existe, qu’il est possible d’être entièrement humain. Cette humanité parfaite il l’a lui-même vécue dans ses engagements, ses compagnonnages, ses actes les plus simples et finalement sa mort.
Si ses compagnons ont reconnu en lui le divin, ce n’est pas à cause d’une marque spéciale ou d’une dévotion particulière, mais par sa manière de vivre.
Nous pouvons donc dire que Jésus est « sauveur » parce qu’il nous a montré un chemin d’humanisation qui mène au divin. Sauvés, nous ne pouvons l’être que par les autres, non pas par un geste magique ni même une piété débordante ; le salut n’est pas non plus un automatisme, il ne peut se réaliser que par la rencontre.
Etre sauvé, c’est rencontrer quelqu’un qui nous touche au point de nous entraîner là où, l’instant d’avant, nous nous croyions dans l’impossibilité d’aller, ou nous rend capable de réaliser ce qui nous paraissait une utopie.
Mais le message de Pâques nous dit aussi que si nous avons eu la chance de croiser l’homme Jésus qui peut donner sens à notre vie, nous devons être, à notre tour, une chance pour les autres qui croisent notre route. Qu’en voyant notre manière de vivre ils puissent dire : « Oui, l’homme-humain existe » et ainsi retrouver le goût de vivre.
Aller crier et proclamer dans les rues : « Jésus est vivant, il est ressuscité » ne sert à rien ; au contraire, cela peut être négatif si notre agir continue à s’enliser dans l’inhumanité.
La véritable spiritualité n’a rien d’une illumination subite, mais s’enracine dans nos actes les plus concrets. D’ailleurs, le ressuscité ne se rencontre pas à Jérusalem, mais en Galilée. Ce qui revient peut-être à dire qu’il se rencontre moins dans les tabernacles de nos églises que dans le quotidien de la vie, là où le visage de l’autre nous interpelle.
La résurrection ne deviendra réelle et visible que par nos engagements, nos actes et nos rencontres de chaque jour.
Joyeuse fête de Pâques.

Nous entrons ce dimanche dans la grande et belle Semaine Sainte : redécouvrir cette année encore ce fabuleux élan du cœur de notre Dieu, cette passion amoureuse de notre Dieu, qui vient à la rencontre des humains par des chemins qui nous étonnent, par des chemins qui n’ont rien pour nous de très habituel!
Il entre à Jérusalem sur un âne, signe qu’il vient en artisan de paix, signe qu’il s’offre à l’accueil ou au refus des hommes, signe qu’il n’entre pas dans le jeu des rivalités, de la compétition, de la domination, jeu souvent si cher à notre humanité…
Oui, il vient se livrer ; il vient livrer aux responsables religieux et politiques de sa communauté ce qui fait battre son cœur, ce qui donne sens à sa vie. Il vient, sans armure, offrir ce lien si précieux qui l’unit à Dieu, dans, il est vrai, un mode tellement différent des standards de son temps.
NON, NON et NON : C’EST INACCEPTABLE !
Il y a vraiment trop à perdre !
Alors le juste devient le criminel ; l’innocent devient le coupable…
Jésus de Nazareth : un agitateur, un blasphémateur, un faux prophète : crucifions-le !
Oui, c’est un Dieu à la merci de l’homme que nous proclamons.
C’est un Dieu qui se donne jusque-là que nous suivons.
C’est un Dieu qui se livre tout entier, sans rien préserver, que nous essayons de rendre présent à travers nos choix et nos décisions.
Oui, il est grand le mystère de la foi.
Il est grand ce cœur offert à notre foi.
Il est grand ce Dieu-là, si vulnérable et si fort à la fois !

« Déliez-le et laissez-le aller » dit Jésus. Cette parole me fait penser à une autre parole de Jésus « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans les cieux ».
Et plus largement, on peut dire que toute l’histoire biblique est essentiellement une histoire de libération, de délivrance. Elle est l’histoire d’un Dieu qui veut libérer son peuple de tout esclavage et de toute soumission qui empêchent l’homme de s’épanouir. Dans la même ligne, tout au long de sa vie, Jésus, lui aussi, a voulu libérer son peuple non plus des Égyptiens, mais de l’oppression d’une religion qui détenait le pouvoir et spirituel et temporel.
Tout au long de l’Évangile nous trouvons en effet des exemples de cette volonté, de ce combat de Jésus pour libérer, délier les hommes emprisonnés à cause du poids de culpabilité que leur religion faisait peser sur eux.

Les services diocésains des vocations organisent une marche pour les vocations. Cette initiative nous réjouit et nous sommes heureux de vous inviter le vendredi 1er mai 2026 au sanctuaire de la Vierge des Pauvres à Banneux. Voici l’invitation de Mgr Lejeusne et Mgr Delville


Jojo Rouge Noir – Nous sommes un duo Piano/Violon. Nous jouons de la musique classique avec des influences orientales, jazzy, gitanes et même « vieille France ». Le tout en maîtrise de l’art de l’improvisation. Chaque concert est unique.
Nous estimons que chacun a le droit de profiter de l’art noble sans devoir se déplacer vers les grandes villes, dans les opéras et les clubs bondés. C’est ce qui nous pousse à faire la tournée des paroisses de nos régions.


Ce qui étonne aussi dans ce récit, c’est le fréquent recours au vocabulaire du ‘péché’. On le retrouve souvent dans les échanges de Jésus avec ses contemporains, notamment dans la bouche des pharisiens : en effet, ceux-ci tenaient à observer fidèlement les 613 préceptes de la Torah et se tenaient à distance de celles et ceux qu’ils regardaient comme pécheurs. Indice d’une obsession ?! Sans doute !
Ce sera aussi le cas dans le monde catholique : la focalisation sur le péché y fut parfois telle que le péché, même véniel, était regardé comme grave. Ce qui fit que, par un retour de manivelle, l’on n’osait plus guère prononcer ce mot. Or, remarquons-le, dans notre passage, Jésus parle bien de ‘péché’ (v. 41), mais – à la différence des autorités juives – il n’emploie jamais le terme de ‘pécheurs’ … Nuance qui n’est pas sans importance.
Pour tenter d’y voir plus clair, quelques précisions. Le péché concerne avant tout la sphère religieuse, à savoir notre relation à Dieu et notre engagement pour qu’advienne son Royaume. Revenons ensuite à la racine du mot : aussi bien en hébreu qu’en grec, le verbe ‘pécher’ signifie ‘manquer son but’, ‘rater sa cible’, au sens propre comme au sens figuré. Or, sachons le reconnaitre, dans la manière dont nous conduisons notre vie, il y a des ratés : par manque de discernement, par faiblesse ou suite à un mauvais exemple, … Oui, alors que nous cherchons à mettre nos pas dans ceux de Jésus, il nous arrive de manquer notre cible, de ne pas prendre le bon chemin.
A ces premières mises au point s’en ajoute une autre. Il y a un monde de différence entre, d’une part, parler de ‘péché’, nommer un péché – comme le faisait Jésus – et, d’autre part, qualifier quelqu’un de ‘pécheur’ – comme le faisaient les autorités juives ! Considérer autrui ou nous-même comme ‘pécheur’, c’est toujours risquer d’identifier la personne à son péché et de porter sur elle un regard bien sombre. Violence du regard qui peut entraîner chez l’autre tristesse, honte, dépréciation de soi, voire dépression. Opportune distinction donc entre ‘péché’ et ‘pécheur’ ! Jésus, lui, n’utilise que le mot ‘péché’, ce qui paraît infiniment plus juste.
Une seule personne est infiniment lumineuse dans ce récit : Jésus ! Sa mission, celle que lui a confiée le Père, est d’être ‘Lumière du monde’ : il le sait et agit en conséquence. ‘Lumière’, il le fut pour l’aveugle de naissance qu’il conduisit jusqu’à la confiance de la foi. Il le fut aussi, du moins peut-on l’espérer, pour certains des pharisiens qui osèrent la question : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? »
Lumière, Jésus le sera-t-il pour nous qui sommes aussi des aveugles de naissance ? N’est-ce pas grâce à la rencontre avec lui et à l’écoute de sa Parole que nous découvrons peu à peu un autre visage de Dieu : non pas un Dieu prompt à prendre en défaut, à juger ou, pire encore, à condamner, mais un Dieu qui nous aime, qui nous veut du bien, qui souhaite nous voir heureux du bonheur des béatitudes ? Dans cette confiance-là, osons faire la vérité dans nos existences.
La question initiale des disciples – « Qui a péché, lui ou ses parents ? », Jésus n’y répond pas, il se contente d’inviter ses proches : « Il nous faut travailler aux œuvres de Dieu, tant qu’il fait jour ». Avez-vous remarqué ce ‘nous’ ? Une pierre qui tombe dans notre jardin, le mien, le vôtre. L’important, suggère Jésus, c’est d’apporter de la lumière dans notre monde souvent ténébreux, violent, pour que chacun puisse marcher sans trébucher, sans devoir mendier, libre et responsable. Que puis-je faire pour répondre à cette sollicitation de Jésus ? Que vais-je faire ?

Dans cette belle page du quatrième évangile, il y a – comme souvent dans les évangiles – deux niveaux possibles de lecture : le premier concerne la rencontre de Jésus avec cette femme de Samarie ; le second consiste en une relecture symbolique de ce récit: que nous dit-il de Jésus, de la relation qu’il se propose d’avoir avec chacune et chacun de nous?
Voilà une rencontre totalement inattendue. Pour plusieurs raisons. D’abord parce que les relations entre Juifs et Samaritains sont très difficiles. Dans le concret de la vie, ce sont des frères ennemis tant au plan politique que religieux. Et cela remonte très loin. La séparation au niveau politique s’est amorcée lors de la succession du roi Salomon en 931 ACN avec la constitution de deux royaumes autonomes : Israël au Nord avec Samarie pour capitale et, au Sud, le petit royaume de Juda avec Jérusalem pour capitale. Plus tard, après l’exil à Babylone (587 – 538 ACN), cette séparation politique s’est doublée d’une séparation au plan religieux. Juifs et Samaritains ont chacun leur temple : les Samaritains sur le mont Garizim, les Juifs sur le mont Sion à Jérusalem. En outre, ils ne reconnaissent pas les mêmes livres religieux : la Bible des Juifs se compose de trois ensembles – la Torah, les Prophètes et les Écrits de sagesse – ; celle des Samaritains ne comporte que le premier ensemble, la Torah. Considérant les Samaritains comme hérétiques et schismatiques, les Juifs ne les fréquentaient pas : cela leur aurait valu de contracter une impureté rituelle.
Improbable rencontre encore parce qu’habituellement, les femmes ne venaient pas puiser l’eau à l’heure la plus chaude du jour : sortir de la ville et marcher sous l’ardeur du soleil était trop éprouvant : on y venait tôt le matin ou plus tard dans la journée.
Jésus était monté à Jérusalem avec ses disciples pour y célébrer la Pâque (juive). Les célébrations terminées, il décide de regagner la Galilée. Deux itinéraires s‘offrent à lui : le plus court traverse la Samarie, mais les Juifs pieux préféraient faire tout un détour pour éviter d’être souillés au contact des Samaritains. L’homme de Nazareth, lui, choisit le chemin plus court. Liberté de Jésus qui ne craint pas une telle impureté rituelle ! Pour lui, toute rencontre en vérité, avec qui que ce soit, est bonne et a sa valeur.
Il est midi, l’heure la plus chaude du jour. Jésus a déjà marché de longues heures, il est fatigué et il a soif. Il s’assied au bord de ce puits pour se reposer et se désaltérer. Comme il n’a pas de cruche, il fait part de sa soif à cette Samaritaine qui vient y chercher de l’eau à cette heure inhabituelle. Ne voyons pas dans l’initiative de Jésus une ‘stratégie missionnaire’ pour chercher à convertir cette femme schismatique et hérétique. Non ! Il a vraiment soif ! A nouveau, liberté de Jésus qui adresse la parole à une Samaritaine dans un endroit public, ce qui, sans être interdit, ne se faisait pas, même s’il s’agissait de sa propre mère !
Dieu n’a que faire des interdits, des exclusives, des oppositions, des rejets de toutes sortes que religions et spiritualités ont trop souvent multipliées. Jésus l’a compris et le sait, ces interdits ne nous rapprochent pas de ce Dieu qui nous aime tous et qui souhaite nous voir vivre en frères et en sœurs. En Son nom, il prend donc bien des libertés !
Petit coup d’œil dans le rétroviseur. Ai-je vécu de ces rencontres improbables, inattendues qui m’ont ressourcé, rapproché de Dieu ? Suis-je capable au nom de ma foi de faire preuve de la même liberté que Jésus ?
Contemplons à présent Jésus assis sur ce puits. Dans l’Ancien Testament, Dieu, que Jésus appelle son Père, est souvent désigné comme ‘la Source d’eau vive’ (Jr 02,13). On peut venir s’y désaltérer, même si on est sans-le-sou : « Vous tous qui avez soif, venez vers l’eau. Même si vous n’avez pas d’argent, venez !» (Is 55,01). Jésus lui aussi prend souvent le temps de s’abreuver à cette Source : dans la prière, dans le regard contemplatif qu’il porte sur les personnes et sur la nature. Assis là, il semble faire corps avec cette Source. Il s’y désaltère et, dans le même élan, lui-même devient source d’eau vive pour la Samaritaine : grâce à leur conversation se dégage en elle la source enfouie en chacun. Et la voilà qui, à son tour, devient source pour son entourage.
D’où est-ce que je viens ? Où vais-je ? Quel sens (direction et signification) donner à mon existence ? Où trouver donc une parole qui fasse sens, qui m’éclaire vraiment ? A quelle source me désaltérer pour apaiser ma soif la plus essentielle ? Quels freins me retiennent de prendre ce temps : manque de temps, d’élan, … ? Chacun de nous se pose, un jour ou l’autre, ces questions essentielles.
Entendons aujourd’hui Jésus qui nous invite, discrètement selon son habitude : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. ». Invitation qu’il renouvellera plus d’une fois :
« Celui qui croit en moi, n’aura plus jamais soif » (Jn 06,35) ; « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive, celui qui croit en moi » (Jn 07,37).
La rencontre avec Jésus peut dégager, dans nos cœurs souvent étroits ou embourbés, la Source d’eau vive. Avec la femme de Samarie, avec les Samaritains de Sychar, allons vers Jésus la source d’eau vive ! Peut-être deviendrons-nous à notre tour source d’eau vive pour d’autres.