Étiquette : Actualités

  • Intentions de messe

    Intentions de messe

    Inscription des intentions de messes 2026 :

    Cheneux/La Gleize chez Guy Colson.

    Chevron chez Pierre Cornet qui sera à l’église de Chevron le jeudi 23 octobre, de 16h à 17h.

    Moulin-du-Ruy chez Yvonne Lambert.

    Rahier chez Nicole Sevrin.

    Stoumont chez Bertrand Gouders.

    Trois-Ponts chez Sœur Marie-Jeanne qui sera à la chapelle le vendredi 31 octobre, de 14h à 16h.

    Wanne chez Nathalie Lakaille.

  • Épauler Dieu

    Épauler Dieu

    Belgique une affaire laïque, vouloir y « épauler Dieu » paraît assez saugrenu. Et pourtant…

    Par ailleurs, spontanément nous sommes plutôt tentés de demander à Dieu de nous venir en aide, Lui dont nous affirmons qu’Il est Tout-Puissant. Alors prétendre l’aider à notre tour !? Pourquoi, pour quoi et comment ?

    Voilà les questions que cette conférence soulève, tant chez ceux d’entre nous qui soignent : les professionnels du soin, que chez ceux, et ils sont plus nombreux, qui prennent soin d’autrui : les solidaires, les bénévoles et les proches et même chez ceux dontonprend soin, dont on verra la place qui leur revient .

    En fin de compte, chez chacun d’entre nous.

  • Guéri ou sauvé?

    Guéri ou sauvé?

    A l’époque, la lèpre – comme les autres problèmes de peau qui lui étaient assimilés – était considérée comme maladie très contagieuse et inguérissable. Elle était de surcroît considérée comme une forme de châtiment envoyé par Dieu. Ce qui faisait des lépreux des personnes doublement exclues. Exclues d’abord de la société : pour éviter tout risque de contagion, les lépreux étaient contraints de vivre hors du village et se tenaient à distance de leurs semblables. Exclues aussi de la vie religieuse à la synagogue et au Temple, car considérées comme impures.

    Une chose frappe dans ce récit de guérison : Jésus respecte tous les codes de l’époque. Il entend les cris de ces lépreux et respecte la distance dans laquelle ils se tiennent. Il ne dispense aucun soin ; il ne peut d’ailleurs pas les toucher : cela entraînerait de facto pour lui la même exclusion que celle de ces malades. Il se contente de leur adresser une seule parole : « Allez vous montrer aux prêtres ». Il appartenait, en effet, aux prêtres de constater la maladie et donc de décréter l’exclusion ; il leur revenait aussi, le cas échéant, de constater la guérison et, par voie de conséquence, de réintégrer la personne guérie dans la vie sociale et religieuse.

    Voilà qui met en évidence la confiance, la foi, dont font preuve ces dix lépreux. Ils ne semblent en rien déçus par l’attitude de Jésus. Bien au contraire ! Sur sa parole, ils se mettent en route pour Jérusalem où, dans le Temple, un prêtre pourra constater leur guérison. Et voilà que ce qu’ils appelaient de leurs cris et espéraient tant, advient : ils sont guéris, purifiés. Ils vont pouvoir reprendre une vie normale, parmi leurs semblables. Merveilleux !

    Des verbes significatifs.

    Dans cette page d’évangile, comme souvent, les verbes sont importants. Quatre d’entre eux ont retenu plus particulièrement mon attention : crier, revenir sur ses pas, rendre grâce et être sauvé.

    « Crier »

    Osons-nous aller vers Dieu ou vers Jésus en criant, parfois même en hurlant notre détresse, notre désarroi, voire notre colère ? Ne nous a-t-on pas appris à être trop sages, trop polis et lissés en sa présence ? Ouvrons le livre des Psaumes, ce recueil de prières de nos frères et soeurs juifs et chrétiens : nous découvrirons qu’il est rempli de cris, exclamations de joie comme cris de souffrance (Ps 04,02 ; Ps 06 : Ps 12 ; etc.). Venons donc à Dieu avec nos propres cris de détresse, de désarroi ou de mal-être, avec nos questionnements, mais aussi avec ceux de notre monde et de l’ensemble de la création qui « gémit dans les douleurs d’un enfantement » (Rom 08.22).

    « Revenir sur ses pas »

    Lorsqu’il se découvre guéri, le lépreux de Samarie revient sur ses pas plutôt que de poursuivre sa route vers Jérusalem : il chante à tue-tête, reconnaissant la place importante de Dieu (= sa ‘gloire’) dans son existence. Parmi ces dix malades, un seul, un étranger de surcroît, fait la démarche.

    Il est devenu banal de le dire, nous courons après le temps, le rythme de la vie ne cessant de s’accélérer. Dans ce monde devenu un peu fou, prenons-nous parfois le temps de nous arrêter, le temps d’une retraite ou plus brièvement d’une récollection, ou encore le soir pour revoir le vécu de notre journée ? Ayons à cœur de faire régulièrement retour sur notre vécu, pour remercier Dieu et Le chanter quand son amour nous a rejoints à un moment difficile, ou quand son pardon nous a remis en route après que nos pieds aient trébuché.

    « Rendre grâce »

    Ce Samaritain n’est plus uniquement centré sur lui-même et sur la guérison de son corps. Il prend aussi conscience qu’un de ses semblables, en l’occurrence Jésus, est présence et instrument de Dieu sur sa route, et il vient l’en remercier. Ne nous arrive-t-il pas parfois d’être tellement ‘égocentrés’ que nous en oublions de dire merci : c’est comme si tout nous était dû. Comme ce lépreux guéri, apprenons à dire merci à celles et ceux qui, sur notre route et dans notre quotidien, sont des envoyés de Dieu. Cela ne ré-enchanterait-il pas quelque peu la vie de tous les jours ?

    « Etre sauvé »

    Etonnement ! Si les dix lépreux se sont découverts ‘guéris’ et ‘purifiés’, un seul est déclaré ‘sauvé’. Etre sauvé, c’est donc autre chose qu’être guéri ?! Comment comprendre la distinction faite par Jésus ? Voilà qui n’est pas difficile !

    Je me risque à donner une piste. ‘Etre sauvé’ ne serait-ce pas – comme ce Samaritain guéri et purifié – être mieux ajusté dans toutes nos relations :
    – avec Dieu dont on reconnaît la place centrale dans nos existences,
    – avec les autres à travers les relations de proximité qui se tissent dans le quotidien, en apprenant à être attentifs les uns aux autres, à leur donner une place, à les écouter, et à les aimer,
    – et enfin avec soi-même, en étant suffisamment décentré de soi pour se faire serviteur du projet de Dieu ?

    N’est-ce pas ainsi que nous pourrons savourer cette vie qui aura alors valeur d’éternité et chanter à tue-tête avec notre Samaritain ?

  • Appel au secours

    Appel au secours

    Pourquoi cette prière des apôtres ? Pourquoi ce cri de ceux sur qui ont vécu si proches du Maître ? Voilà qui peut surprendre.
    Petite précision d’abord. La foi dont il s’agit, n’a rien à voir avec l’adhésion à un catéchisme ou à des dogmes. Elle est fondamentalement confiance : confiance en Dieu en prenant appui sur Lui, adhésion confiante aux paroles de Jésus. 
    Revenons à notre étonnement : pourquoi cet appel au secours ? Vivre dans une telle confiance, est-ce si difficile ? Comme toujours, il est précieux de jeter un oeil sur le passage précédant (Lc 17,01-04). Montant à Jérusalem pour la pâque juive, Jésus prend le temps de parler avec celles et ceux qui font route avec lui et, plus précisément avec qui cherche à devenir son disciple et à mettre ses pas dans les siens.
    Jésus évoque notamment plusieurs aspects de leur vie en communauté. Dans son souci des plus fragiles, il leur dit : « Faites gaffe de ne pas scandaliser les plus petits, de ne pas être une pierre d’achoppement sur leur chemin de foi ». Il les invite aussi à la ‘correction fraternelle’ : non pas chercher à prendre l’autre en défaut, quitte à oublier la poutre qui est dans notre œil (Lc 06,42), mais – plus justement – chercher à grandir ensemble sur le chemin de la vraie Vie. Démarche incluant la capacité à pardonner à autrui. Plus loin, il les exhorte encore à servir sans rien attendre en retour, ni compliment, ni merci : « Vous êtes de simples serviteurs » (Lc 17,10).
    Ainsi vécut Jésus.
    Il est toujours bon de se le rappeler : parlant ainsi, c’est à partir de sa propre expérience que Jésus parle. Lui-même a fait radicalement confiance à son Père, jusque dans son sentiment d’abandon sur la croix (Mt 27,46). Il a témoigné d’un Dieu aimant passionnément chacun, attendant le retour de la brebis qui s’est égarée, pardonnant toujours (Lc 15, 04). Il s’est mis au service de ce désir du Père, quoi qu’il puisse lui arriver. Se présentant comme « celui qui vient non pour être servi, mais pour servir » (Mc 10,45), il fut confronté à l’ingratitude, à l’indifférence, au rejet. Lors de son dernier repas, lavant les pieds des disciples, il prit la position d’esclave (Jn 13,03-17).
    A nous qui faisons route avec lui, Jésus n’impose donc rien, il propose le chemin de vie et de bonheur sur lequel il s’est lui-même engagé. « Si vous avez de la foi comme une graine de moutarde, … » Chemin parfois difficile qui nous arrache ce cri : « Augmente en nous la foi ! » Qu’en-est-il pour moi, aujourd’hui ? Dans quelles circonstances la confiance en Dieu s’avère-t-elle difficile ? Nombreuses, en effet, sont par moment les turbulences de nos existences : échec, chômage, gros soucis de santé, mort d’un proche, difficulté de pardonner… Sans compter les grandes questions de toujours, celles du mal et de l’injustice, de la souffrance de l’innocent, de la mort. Tout cela est parfois bien lourd à porter !
    Alors, comme Jésus, avec Lui, apprenons à faire confiance à notre Père, envers et contre tout. Nous vérifierons alors qu’en nous appuyant sur Lui, en nous ouvrant à son Souffle et en nous laissant conduire par Lui (Rm 08,14), il devient possible de vivre des choses dont a priori nous ne nous sentions pas capables. Telle est précisément la démarche à laquelle Paul invite Timothée (1° lecture) : raviver en lui le don qui lui a été fait, celui de ce Souffle de force et d’amour. Oui, ouvrons-Lui largement nos cœurs : devant nous, il ouvrira un passage (Ps 30/31, 09) !

  • Veillée d’espérance

    Veillée d’espérance

    Dans le cadre de l’Année Sainte, l’Unité pastorale de Malmedy organise le samedi 11 octobre à 18h00 en la Cathédrale, une veillée d’espérance en partenariat avec « La Royale Malmédienne ». C’est une société musicale qui porte en elle la passion du chant et qui propose des concerts de qualité. Ce chœur d’hommes compte plus de 100 œuvres.

    Venez nous rejoindre nombreux ce samedi 11 octobre, pour un temps marqué par l’intériorité, la méditation, des gestes symboliques et chants qui ravivent l’espérance. Dans les contextes parfois difficiles de la vie (deuil, maladies, crise, trahison, rupture, rejet, absurdité…), nous avons besoin d’une parole audible, d’un poème accrocheur, d’un regard bienveillant, d’un silence plongeant, d’une musique de paix, de confiance, de consolation qui nous fredonne des raisons d’espérer. « L’espérance ne déçoit pas » (Rm 5, 5) ! Sont invités à cette célébration de l’espérance les non-croyants, les agnostiques, les croyants et toutes celles et tous ceux qui sont simplement en recherche.

    A la fin de la veillée, il y aura un verre d’amitié et des échanges fraternels.

  • Riche – Pauvre

    Riche – Pauvre

    Et Jésus retape une fois encore sur le même clou, tout comme le prophète Amos.

    La semaine passée, Jésus nous redisait de ne pas oublier de mettre des priorités dans nos vies, qu’on ne pouvait servir deux maîtres à la fois, à savoir Dieu et les dollars. Aujourd’hui, à travers la parabole du riche et de Lazare, Jésus fait une variation sur le même thème, en ajoutant l’une ou l’autre petite touche supplémentaire.

    Avant d’entrer dans notre parabole, une chose étonnante est de voir qu’un personnage porte un nom alors que l’autre pas ; le pauvre s’appelle Lazare, ce qui signifie « Dieu aide » alors que le riche n’a pas de nom. Cette différence pour dire plusieurs choses :
    + la place privilégiée que les pauvres ont dans le cœur de Dieu,
    + le pauvre, Lazare, est quelqu’un pour Dieu, tandis que le riche, enfermé en lui-même et dans ses biens, ne donne pas à Dieu la possibilité d’entrer en relation avec lui.
    + le riche est sans nom pour nous dire aussi que chacun peut mettre son nom à la place du riche.

    Mais entrons dans notre parabole.

    Dans le premier tableau, on retrouve nos deux personnages qui vivent dans deux mondes bien différents, le riche dans le luxe et les festins quotidiens ; Lazare dans une grande misère. Et entre ces deux mondes, un portail, sorte de frontière infranchissable ! Et tous deux meurent.

    Dans le deuxième tableau, à nouveau deux mondes, mais la situation a complètement changé : Lazare se retrouve maintenant heureux auprès d’Abraham, donc auprès de Dieu, là où règne la joie et la paix, tandis que le riche se retrouve dans un lieu où il est en proie à la torture. Et le riche aperçoit Lazare au loin…

    Avec peut-être plein de questions et de réflexions qui se bousculent dans sa tête : « Mais je ne comprends pas, se dit-il, je n’ai rien fait de mal pour mériter ça, je n’ai pas volé, je n’ai pas tué, j’ai gagné honnêtement ma fortune, je n’ai maltraité personne, … » « Et ce Lazare, pourquoi est-il là-bas, comment est-il là, ce n’était pourtant pas un modèle de perfection, de ce que j’en ai entendu ; juste un pauvre sans ressources que personne ne voyait, toujours couché près de mon portail… »

    Et Abraham de lui souffler au fond de son cœur que c’est là le cœur du problème, « Tu n’as pas vu Lazare qui se tenait là devant ton portail ! Le seul qui le voyait, c’était ce chien qui venait lécher ses blessures. Ton grand train de vie et tous tes festins t’ont empêché d’avoir les yeux ouverts, ils t’ont empêché d’être à l’écoute de Dieu qui te soufflait à l’oreille que tu étais à côté de la plaque, à côté de l’essentiel. Tu étais trop encombré pour voir Lazare et d’autres comme lui qui avaient tant besoin de ton aide.

    Et un fossé s’est creusé entre vous, celui que tu vois aujourd’hui et qui est devenu infranchissable.

    C’est vrai, tu n’as rien fait pour mériter ces temps difficiles, ces temps de souffrance, mais ils ne sont que la suite de ce que tu as vécu sur la terre, tu t’es éloigné de l’amour de Dieu, tu t’es éloigné de l’amour du prochain ; voilà pourquoi aujourd’hui tu es si éloigné de la table de Dieu. »

    Et là, il comprend notre ami, le riche. Il s’est fait piéger par ses idoles qu’étaient le luxe, les mondanités, les festins en tous genres, sa vie dans son petit univers de cristal.

    Jésus nous redit qu’aimer, ce n’est pas être en ordre avec une loi, avec une conduite. Aimer, c’est avoir les yeux ouverts ! C’est être capable de se mettre à la place de l’autre pour entrer en communion avec lui, l’aider à sortir de sa pauvreté matérielle, de sa pauvreté culturelle et l’accompagner dans sa souffrance.

    Et à la fin de ce deuxième tableau, Jésus aborde une dernière question, celle des signes, celle des miracles et des coups d’éclats. « Envoie Lazare prévenir mes frères, afin qu’ils ne tombent pas dans le même piège, afin qu’eux aussi ne viennent pas dans ce lieu de torture. Si quelqu’un revient de chez les morts, ils changeront de vie. »

    Mais ce n’est pas suffisant ; quand Lazare, le frère de Marie, sortira du tombeau, les gens ne croiront pas davantage en Jésus, ça va même précipiter sa condamnation. Le vrai chemin vers Dieu se découvre à travers l’humble écoute de sa parole, à travers la rencontre de nos frères, et pas seulement ceux que nous choisissons. Et Dieu est là, malheureux, triste de voir, de nous voir passer à côté des vraies richesses, parce que sa toute-puissance nous offre la liberté de lui ouvrir la porte ou de la fermer.

    O Seigneur, apprends- moi le vrai chemin, tiens ma lampe allumée, aide-moi à garder les yeux ouverts.

  • Un intendant malhonnête

    Un intendant malhonnête

    Mais enfin, qu’est-ce que c’est que ça ! Voilà que ce Jésus est en train de louer cet intendant malhonnête. Encore une pièce à verser au dossier de son procès. En êtes-vous bien sûr ?

    Reprenons notre histoire, mais deux mille ans plus tard.

    Paul, manager financier, travaille chez Bruyères informatique, une petite PME en plein essor. Tout se passe très bien si ce n’est que depuis un an, Jacques, le PDG de la société, constate des « trous » inexplicables dans les comptes et, après enquête, il découvre que Paul détourne ni vu ni connu, quelques centaines d’euros chaque mois.

    Dans la semaine qui suit, notre PDG convoque son manager financier : Paul, n’essayez pas de vous justifier, j’ai découvert vos magouilles. Je pourrais vous traduire en justice, mais je n’en ferai rien ; je vous donne trois mois pour demander votre démission et pour partir, sans indemnités, bien sûr.

     « Trois mois, trois mois pour faire face à cette nouvelle situation. Pas question pour moi d’aller chômer ou d’être jeté à la rue. Alors tant que j’en ai encore le temps, je vais me faire des amis pour retrouver du boulot après ».

    Quoi de plus simple quand on a encore les comptes en main ?

    Il s’en va alors rencontrer quelques personnes qui ont encore des factures à payer à la société pour leur proposer un petit geste: « Je connais vos difficultés financières actuelles, je vais vous faire une petite remise, pour vous donner un ballon d’oxygène. » Et puis, l’Evangile ne dit-il pas que l’on ne doit pas réclamer les dettes que l’on nous doit ? et le patron ne sera pas trop perdant, il vaut mieux qu’il retouche une partie des factures plutôt que ne rien retoucher du tout dans le cas où ces personnes tomberaient en faillite…

    Mis au courant, le PDG, tout en désapprouvant la malhonnêteté de son comptable, ne put s’empêcher d’admirer son habileté. « Ah, si cet homme pouvait mettre ses talents au service du bien ! » Jésus ne pousse donc pas à la magouille, c’est bien mal le connaître que d’oser croire ça. Jésus est émerveillé devant l’habileté de l’intendant, devant la débrouillardise de Paul. Ils avaient tout perdu, mais ils sont arrivés à retomber sur leurs pattes. Finement jouer messieurs !

    Et Jésus de nous dire : « Ah, si vous aviez autant d’habileté pour faire advenir le Royaume de Dieu, quel dommage que votre imagination et votre matière grise ne soient pas autant utilisées pour les bonnes causes ». « Vous inventez un tas d’astuces pour votre avenir immédiat, n’oubliez pas de préparer votre avenir plus lointain, votre vie éternelle ! » Parce que c’est là qu’est le souci majeur de Jésus : que chaque homme entre dans la vie éternelle ! Par comparaison, Jésus nous redit que l’argent n’est pas grand-chose à côté des demeures éternelles ! « De grâce, n’oubliez pas de vivre les priorités, n’oubliez pas le long terme ».

    Mais Jésus ne condamne pas l’argent, il sait très bien qu’il est nécessaire pour les échanges. Le danger est qu’il ne serve plus dans les échanges, mais devienne une priorité en soi, il sait la menace de l’accumuler et d’en devenir l’esclave. Mon grand-père disait : « L’argent, un bon serviteur, mais un mauvais maître. » C’est ce que Jésus pourrait redire aujourd’hui. Il nous met en garde devant ce faux dieu.

    Alors, soyez intelligent aussi pour préparer votre avenir éternel. Soyez plein d’habileté et d’astuces pour faire fructifier votre vie, vos talents, votre argent, vos avoirs, à long terme, à très long terme. L’argent est bien placé quand il aide à fabriquer de la joie, quand il permet d’aider un peuple à sortir de sa pauvreté, quand il aide un père ou une mère à subvenir aux besoins de sa famille, quand il me permet, pourquoi pas ? de vivre un temps de retraite, …

    Deux, trois chiffres, même si ce n’est pas ma tasse de thé : Un avion de chasse mirage équivaut à un hôpital dans un pays du tiers-monde, le coût d’une année d’enseignement secondaire pour un jeune de la région des grands Lacs au Congo : 250 euros, soit un peu plus de 20 euros par mois ; prix d’une retraite, plus ou moins 45 euros par jour, le tiers de ça à Taizé pour un jeune ou un adulte.

    Alors, intendant fidèle ou intendant désinvolte ?

    Du temps bien investi n’est-ce pas aussi une visite chez une personne seule, malade ; du temps donné dans Saint-Vincent de Paul ou je ne sais quelle ASBL caritative, ou encore dans un service paroissial ; du temps pour réfléchir au comment donner aux gens l’envie de rencontrer Dieu, prendre le temps de rencontrer Dieu dans un cœur à cœur intime, ou en groupe,… ? On serait parfois effaré de voir le rapport qu’il y a entre notre temps donné et celui que l’on garde pour nous.

    Alors, économe avisé ou économe dépassé ?

    L’enjeu est de taille, nous dit Jésus, ce matin, il en va de votre vie, de votre avenir, faites donc preuve d’intelligence et d’habileté pour gérer ce que je vous ai confié. Mais n’oubliez pas de compter sur moi pour vous aider, je suis sur le chemin, avec vous, et je suis là pour vous guider et vous porter quand le chemin se fait trop difficile.

  • Pardonner

    Pardonner

    Attention ! hein, ou le petit Jésus va te punir.

    Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour ramasser toutes ces tuiles ? …

    Ça, ma vieille, tu ne l’emporteras pas au paradis !

    Et je ne sais combien d’expressions que l’on entend, comme celles-là, dans les conversations, pour parler de Dieu. Le Dieu-gendarme qui circule la matraque à la main, épiant les hommes pour cogner celui qui va faire un pas de travers ; le Dieu menaçant et vengeur qui ne supporte pas les faux pas et qui extermine tout ce qui se dresse sur son passage, tous ceux qui sont contre lui.

    Il y a comme qui dirait un « stuut » entre ce Dieu-là et celui que nous révèle Jésus ; c’est à se demander si on a lu le même Evangile. Parce que quand j’entends les paraboles d’aujourd’hui, j’ai plutôt l’impression que le pécheur serait préféré à l’innocent, que, pour un peu, le juste pourrait être jaloux du traitement que Dieu apporte au pécheur.

    Au départ du passage d’aujourd’hui, on a les scribes et les pharisiens qui font des reproches à Jésus : « Mais comment peux-tu aller vers ces gens-là, comment peux-tu aller manger chez des escrocs, des collabos de l’armée romaine, comment peux-tu te laisser approcher par des prostituées ?  Dieu n’a que faire de ces gens-là et il se chargera de les punir le temps venu ! »

    C’est comme ça que la justice de Dieu était perçue: les pharisiens et les scribes transposaient en Dieu la justice des hommes.

    Jésus vient alors leur révéler que la justice de Dieu n’est pas la justice des hommes, que son cœur est bien différent du nôtre. Il vient leur dire que Dieu ne se réjouit pas seulement devant celui qui est juste, mais aussi devant celui qui se convertit, il se réjouit lorsqu’un pécheur essaye de quitter sa vie de bâton de chaise pour vivre davantage selon la vie que Dieu lui propose.

    En fait, il faut regarder Jésus entouré de tous « ces gens-là », comme nous le dirions, les voir venir écouter le seul homme en Israël qui n’a pas le moindre mépris pour eux. Ils viennent le voir et l’écouter, et leur surprise doit être grande de n’entendre aucun reproche sortir de sa bouche, juste un appel qui leur dit : « Tu peux faire mieux, tu dois faire mieux ».

    Et Jésus raconte ses paraboles, non pas adressées aux pécheurs, mais aux scribes et aux pharisiens.

    « Quel homme d’entre vous, s’il a cent brebis et qu’il en perd une, ne laisse les 99 autres dans le désert pour aller après celle qu’il a perdue jusqu’à ce qu’il la retrouve ? » Cet homme va faire des kilomètres, autant qu’il en faudra, jusqu’à ce qu’il la trouve, et lorsqu’il l’a trouvée, il est tout joyeux et la ramène sur ses épaules. Et plus encore, de retour chez lui, il appelle ses amis pour faire la fête, « Je l’ai retrouvée, ma brebis perdue, arrosons ça ! »

    Cette parabole nous révèle d’abord qu’aucun homme n’est jamais abandonné par Dieu, personne n’est jamais définitivement perdu, puisque Dieu continue inlassablement à le rechercher. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il aime. Et plus encore, il ne se contente pas d’attendre qu’on revienne à lui, il part tout de suite en recherche !
    « Ben oui, et alors ?… ».
    Ben, c’est incroyable, chacun de nous, toute personne, a une valeur unique et inestimable aux yeux de Dieu. Et quand une personne l’abandonne, il continue à s’en préoccuper ; Dieu aime ceux qui ne l’aiment pas, il souffre parce qu’une seule de ses brebis lui donne du souci.

    Cette bonne nouvelle de Jésus, nous la connaissons avec notre tête, mais si peu avec notre cœur ; on n’y croit pas vraiment à ce Dieu-là, il est trop bon …

    Cette parabole nous révèle aussi une autre dimension de Dieu.

    Jésus invite donc les justes entre guillemets à se réjouir avec le berger. Dieu m’invite à me réjouir avec lui, d’autant plus que la brebis perdue, c’est peut-être bien moi.

    La joie de Dieu éclate quand quelqu’un qui est tombé très bas est regagné, et que le troupeau est à nouveau au complet.

    « Vous êtes quand même de drôles d’amis de Dieu » devait leur dire Jésus ; « Pour un peu, vous diriez au berger : laisse-la se perdre, tu en as encore 99, ça suffit amplement ».  « Mais non » leur crie Jésus, « ne savez-vous pas que Dieu veut voir vivre chacun de ses enfants ? » Jésus vient donc leur révéler un autre visage de Dieu ; un Dieu qui pardonne comme il respire et qui appelle les hommes à se réjouir devant ce pardon qui se renouvelle sans cesse. Et mieux encore, il nous appelle à vivre nous aussi le pardon entre nous, comme il nous offre son pardon sans condition. Que cette bonne nouvelle de ce matin entre dans chacune de nos vies et nous pousse à accueillir ce pardon sans cesse offert.

  • Rentrée de la catéchèse

    Rentrée de la catéchèse

    Mardi 16 septembre à 20h
    à l’église de Trois-Ponts

    Réunion d’information pour les familles au sujet de la catéchèse et inscriptions des enfants de 2ème primaire en vue de leur première communion en 2027 et des jeunes de 5ème primaire en vue de leur profession de foi en 2026.

  • Tout miser sur Jésus

    Tout miser sur Jésus

    Un moment particulier ….

    Jésus est au nombre des pèlerins qui marchent vers Jérusalem, pour y célébrer la fête de la Pâque juive. Il semble marcher en tête de la caravane. Pour lui, l’heure est grave, sa vie est en jeu, il le pressent : par deux fois déjà, il a évoqué la perspective de sa mort prochaine (Luc 09,22 et 09,43-45). Se retournant, il s’adresse à celles et ceux qui, dans cette foule, désireraient être comptés au nombre de ses disciples. Il évoque des choix àfaire : lui donner la priorité dans ses relations, porter sa croix – même ‘chaque jour’ (Lc 09,23), renoncer à tout ce qui nous appartient.

    Propos rudes, déconcertants, peut-être même imbuvables. Le moins qu’on puisse dire, c’est que, s’exprimant ainsi, Jésus ne se soucie guère de son audience … Certains pourraient dire : « Mais pour qui se prend-il, celui-là ?! ». Il y a là de quoi décourager plus d’un de se mettre à sa suite ! Dès lors, comment comprendre ces paroles rugueuses ? Que peuvent-elles nous dire aujourd’hui ?

    Des clés de lecture.

    Il est bon de le rappeler : à l’époque, il n’existait ni carnet, ni de crayon ; pas davantage d’enregistreur ni de smartphone. Des années après, c’est l’évangéliste qui, éclairé par le Souffle Saint, place ces paroles sur les lèvres de Jésus. Elles sont en quelque sorte un écho de sa foi, de son expérience de croyant.

    Autre rappel : l’évangéliste ne nous livre ni une injonction, ni une obligation qui viendrait de Jésus lui-même. Non, il nous transmet une invitation, ou le conseil d’un grand frère dans la foi. Avec lui nous pourrions chanter : « Tu es là au coeur de nos vies et c’est toi qui nous fais vivre » (L 102). Jésus ne s’est d’ailleurs jamais mis en avant : c’est de ce Dieu qu’il appelait ‘Père’ et de son désir de vie pleine pour chacun qu’il parle ; c’est pour Le rejoindre dans la prière qu’il se retire souvent. C’est donc vers Lui qu’il veut tourner nos regards. Il s’est aussi refusé à nous imposer quoi que ce soit. Il s’est contenté de proclamer l‘heureuse nouvelle’ d’un Dieu qui nous aime passionnément et qui souhaite vivants et heureux, et il a agi pour donner corps à ce désir.

    Une expérience personnelle.

    En me laissant travailler par ces paroles, un souvenir, déjà lointain, refait surface. Je participe à une session de formation à la relation avec l’Evangile comme balise. Un matin, l’animateur remet à chaque participant une feuille A4 avec une série de cercles concentriques de plus en plus larges et nous invite, en partant du centre, à y situer chacune des personnes avec qui nous sommes en relation, y inscrivant leur prénom. Lorsque nous nous retrouvons après un temps personnel, l’animateur nous fait découvrir deux choses importantes : pas de hiérarchie dans l’amour, mais des priorités.

    Première découverte : il n’y pas de hiérarchie dans l’amour. Pour Jésus, l’agapè – qui est tout autre chose que l’affection que nous avons pour telle ou telle personne – sera toujours de vouloir la vie et le bonheur de l’autre, quel qu’il soit.

    Seconde découverte : s’il n’y a pas de hiérarchie dans l’amour, il y a bien des priorités dans nos relations. Cela tient au fait de notre condition d’êtres humains limités : limites de temps, de forces, etc. Au nombre de ces priorités, celles et ceux dont nous partageons la vie au quotidien : parents, enfants, amis, collègues de travail. Mais qui dit priorités, dit aussi choix … et, en conséquence, renoncements. Des renoncements parfois ‘crucifiants’. Quand unde vos tout proches est gravement malade, vous renoncez spontanément à bien des sollicitations pour être à ses côtés, le soigner, lui manifester tendresse et amour.

    « Dieu fait de nous en Jésus-Christ, des êtres libres » (K 34)

    Selon le témoignage de S. Luc, faire le choix d’être disciple de Jésus, de marcher à sa suite, c’est donc lui donner la toute première place dans nos existences, tout miser sur lui et sur son message et, en conséquence, être disposé à faire, comme lui, des choix dans la ligne de l’Évangile. Car ses disciples, Jésus les veut libres et engagés :
    – libres dans leurs relations,
    – libres par rapport à eux-mêmes et capables d’en payer le prix,
    – libres par rapport aux biens qui, parfois, nous possèdent, plus que nous ne les possédons.

    Comment tenir sur le long terme ?

    Ajuster notre existence à ce choix peut par moments s’avérer une démarche difficile. C’est pourquoi, avant même de nous lancer dans pareille aventure, et même régulièrement à la faveur, par exemple, d’une retraite, il est conseillé de s’asseoir et de prendre le temps de chercher comment tenir bon dans la durée. C’est ce que, selon moi, suggèrent les deux petites paraboles de celui qui veut construire une tour ou du roi qui s’apprête à partir en guerre.

    Qu’est-ce qui effectivement pourrait m’aider, nous aider, à tenir dans la durée ? Ne l’oublions pas, nous pouvons compter sur la force de la prière et de l’eucharistie : l’ouverture au Souffle de Dieu et la communion avec Jésus constituent un puissant soutien. De même, le partage avec d’autres chrétiens – au sein de la communauté chrétienne locale, dans un groupe biblique ou une équipe de foyer, …- nous éclairera, nous aidera à nous recentrer sur lui et soutiendra notre élan.