Auteur/autrice : Jean Dewandre

  • De la dynamite

    De la dynamite

    Vous savez que j’aime souvent rappeler que l’Évangile, c’est de la dynamite, que cette Parole ne peut pas nous laisser indifférents et qu’elle n’est sûrement pas là pour nous brosser dans le sens du poil. Eh bien, je me dis qu’aujourd’hui, Jésus vient une fois encore nous provoquer : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ». Dieu est-il à ce point tyrannique qu’il exigerait un amour exclusif ?

    « Qui veut garder sa vie la perdra », mais n’est-ce pas tout le contraire de nos aspirations les plus profondes ? … 

    La grande tentation serait alors de ne pas s’y arrêter, de faire marcher notre filtre qui élimine si facilement ce qui nous apparaît comme impossible et de ne garder que ce qui nous semble réalisable. 

    Pourquoi ne pas plutôt s’interroger sur ce que Jésus veut nous dire au-delà de ces formules provocantes ? … 

    Jésus nous invite-t-il à rejeter nos parents, nos enfants, ceux qui nous entourent ? Bien sûr que non, il ne vient pas pour rejeter les commandements que son Père a donnés au peuple d’Israël, il ne remet pas en question le commandement d’honorer son père et sa mère. Il viendrait même plutôt pour nous appeler à aimer davantage ; et d’ailleurs, n’est-ce pas l’amour qui est au cœur de sa mission, au cœur de la bonne nouvelle qu’il annonce. Alors quoi, où veut-il en venir ?

    Jésus nous invite peut-être à mettre des priorités. Ne nous demande-t-il pas de mettre l’amour de Dieu à la première place ? Et pourquoi donc, allez-vous me dire, ne faut-il pas d’abord aimer sa famille, son conjoint, ceux qui nous entourent.

    Non, nous dit Jésus, aime d’abord le Père et tout le reste suivra. C’est tout le paradoxe : plus nous aimerons le Père, plus nous aimerons les autres, car c’est le Père qui est la source de l’amour, c’est lui qui nous fera découvrir ce que c’est qu’« aimer », ce qu’est l’amour qui fait grandir et qui rend libre, cela en nous proposant d’accueillir celui qui est son visage, son Fils Jésus.

    Et Jésus va dans le même sens quand il nous dit de renoncer à nous-même pour grandir, non pas que nous devons nous dévaloriser, mais il nous invite à tourner notre regard et notre cœur vers les autres comme lui l’a fait, plutôt qu’à le tourner vers nous-même.

    Jésus nous invite à un décentrement qui n’a rien de facile ; croire qu’en misant sur le Père, on va décrocher le gros lot, non pas celui de 100 millions de la loterie nationale, mais le gros lot de la vie éternelle dès aujourd’hui, c’est-à-dire une vie qui bien évidemment n’évitera pas les problèmes et les chutes, mais une vie qui sera habitée d’une joie profonde qui nous aidera à reprendre le chemin jour après jour.

    Alors que nous allons tous bientôt partir en vacances, oserons-nous tenter l’expérience : miser davantage sur Dieu et croire qu’il nous comblera au-delà de nos attentes ?

  • Formation

    Formation

    Dans l’Evangile d’aujourd’hui, nous assistons à la formation des apôtres, Jésus forme ses amis pour qu’ils puissent, un jour, à leur tour être témoins de la bonne Nouvelle, comme lui-même l’a été.
    Et ce matin-là, en reprenant le travail, Jésus voit des têtes jusque par terre ; visiblement, les apôtres n’ont pas le moral ; et pour cause : la veille, Jésus les a tous un peu refroidis, en leur annonçant qu’ils auraient à vivre de dures persécutions. Oh ! bien sûr, il leur a dit qu’il les accueillerait dans le Royaume, au soir de leur martyr, mais avouez quand même qu’il n’y a pas de quoi être emballé par la perspective de mourir en croix, ou d’être tué à coup de pierres, ou je ne sais de quelle autre manière.
    Alors Jésus déclenche l’opération ‘bonhomme Michelin’ : il vient regonfler ses troupes ; stop à la peur et la déprime, et place à la confiance et à l’enthousiasme !
    Quatre fois, Jésus dit : « N’ayez pas peur ».
    Jésus nous demande d’oser dire notre foi, notre confiance en Dieu.
    Allez sur les toits et criez que Dieu vous fait vivre, qu’il est source de bonheur pour vous.
    D’ailleurs, qu’avez-vous à craindre ? Des railleries du style « ça va, grenouille de bénitier », « tu crois encore à ça, toi, c’est pour les vieux, la religion… » ; au moins, ça veut dire que vous posez question, que vous interpellez.
    « Mais vous croyez que ça a été comme sur des roulettes pour moi, et la croix alors ; je ne vous demande pas de réussir votre mission, je vous demande juste d’annoncer, d’éveiller ; le reste, je m’en occupe… »
    « Vous avez peur de la mort… » ben oui, bien sûr…
    Craignez plutôt d’avoir un cœur mort, d’avoir une foi morte ; craignez plutôt ceux qui vous feraient douter de vous, ceux qui vous feraient perdre votre dignité, comme l’ont fait les nazis dans les camps de la mort…
    Jésus nous invite à être fier d’être chrétien.
    A ce propos, un jeune cadre dynamique disait un jour à un ami prêtre : « Je t’estime beaucoup, tu sais, et je sais ce dont tu es capable, mais je ne comprends pas comment tu peux te consacrer à une cause aussi débile et dépassée ».
    Et son ami prêtre lui a répondu : « J’espère que tu comprendras un jour… »
    C’est vrai que ça va pas de soi de faire une place à Dieu dans sa vie, que l’image que les médias donnent de l’Eglise n’est pas toujours des plus flatteuses, que les chrétiens ne sont pas à l’abri d’erreurs, …
    Mais qu’est-ce que ça fait du bien de se savoir aimé de Dieu, de se sentir accompagné, de se savoir sauvé et pardonné, de découvrir un sens à sa vie, de se sentir pris au sérieux, …
    A tous ses apôtres, à tous les chrétiens apeurés devant l’hostilité du monde, Jésus invite à la confiance : « Vous avez du prix aux yeux de Dieu » ; 10 euros pour un oiseau, 30 pour une petite boule de poils, mais ce n’est rien en comparaison de vous, parce que vous valez bien plus que tout l’or du monde. Même si les hommes vous rejettent, il y aura toujours quelqu’un pour voir les richesses que vous portez en vous et pour oser croire en vous : Dieu lui-même.
    Alors, allez-y, laissez-vous aller à la confiance, et croyez-moi, nous dit Jésus, ce n’est pas en vain que vous aurez travaillé à la mission, votre trésor sera grand dans le Royaume de Dieu.

  • L’ Amour… c’est quelqu’un

    L’ Amour… c’est quelqu’un

    « Eh ! m’sieur l’curé, c’est la fête du pigeon aujourd’hui. Du pigeon ?… Ben oui, l’oiseau qui vole au-dessus de Jésus à son baptême…  Ah, la fête du Saint-Esprit, tu veux dire. Oui, c’est ça. »
    Anecdote, vous allez me dire ; oui, mais elle est tellement révélatrice de notre méconnaissance de monsieur Saint-Esprit comme l’appelle Jade dans le livre : « Jade et les sacrés mystères de la vie », parce que l’Esprit Saint est bien une personne, au même titre que Jésus et le Père, même s’il est probablement le grand méconnu, le grand oublié de notre foi.
     Le plus souvent, on le connaît par son action ; alors prenons le temps de le redécouvrir.
    Dans la Parole d’aujourd’hui, on retrouve onze hommes avec quelques femmes dont Marie la mère de Jésus qui sont rassemblés dans une pièce à l’invitation de Jésus. Ils sont complètement déboussolés, même si le Ressuscité leur est déjà apparu. Imaginez-vous, Jésus leur demande d’aller convertir le monde, alors qu’ils se sentent nuls, qu’ils ont laissé tomber leur ami et qu’ils sont menacés par ceux qui ont condamné Jésus. Bref, ils sont perdus et remplis de peurs !
    Et puis, tout à coup, un vent de tempête, puis des flammes qui se posent sur leurs têtes, et les voilà métamorphosés, re-vitaminés, gonflés à bloc pour sortir et partir à la conquête du monde. Ceux qui étaient sans formation, les voilà qui font des enseignements, les peureux voilà qu’ils tiennent tête à ceux qui veulent les persécuter.
    Tout cela, grâce à quelqu’un, l’Esprit Saint.
    Il est souffle, nous dit la Parole, à l’image de ce souffle de vie que Dieu insuffle dans l’homme lors de la création ; l’Esprit Saint, il est celui qui nous redonne vie, qui nous recrée, qui nous refaçonne à l’image de Dieu ; il est celui qui donne la paix intérieure dans les moments les plus chahutés de notre vie.
    Il est souffle, l’Esprit Saint, vent de tornade, qui retourne la marche des événements, rappelez-vous la chute du mur de Berlin, toutes ces révolutions non sanglantes, la conversion de saint Paul et tant d’autres.
     Il est feu nous dit la Parole, feu de Dieu, feu ardent de l’amour du Père et du Fils.
    Quand on écoute deux époux parler de leur amour, ils en parlent comme de quelqu’un : « notre amour a grandi, il a vécu des moments difficiles. » Eh bien ! l’amour qui unit le Père et le Fils, c’est quelqu’un, l’Esprit Saint, qui se donne comme objectif de faire jaillir l’amour dans le cœur des hommes.
     Mais l’action de monsieur Saint-Esprit ne se limite pas à cette pentecôte il y a deux mille ans, son action est présente depuis la nuit des temps et elle se poursuivra jusqu’à la fin des temps. Il était là pendant ces milliards d’années où la terre était en train de se former, atome après atome, molécule après molécule, cellule après cellule, pour former des êtres vivants, puis pour former des êtres humains capables de réfléchir, de construire, capables d’aimer.
     Et il est là aujourd’hui, ce 24 mai, dans le cœur des hommes, chaque fois qu’une parole est prononcée pour amener à la communion plutôt qu’à la division ; il est là chaque fois que je sors de moi-même et que je m’ouvre à l’autre, pour entrer en communication avec lui ; il est là chaque fois que le pardon fait place à la rancune ; il est là chaque fois que les hommes réalisent des ponts entre eux pour vivre en frères et sœurs ; il est là lors de chaque découverte qui fera reculer la souffrance, il est là partout où l’humanité grandit ; il est là chaque fois que l’homme s’ouvre à la présence de Dieu qui lui court derrière à temps et à contre temps, il est là chaque fois que je rends compte de ce Dieu qui me fait vivre et me libère.
     Recevez l’Esprit Saint, nous dit Jésus aujourd’hui. Donne-nous de l’accueillir et de le laisser nous guider. Donne-nous de le laisser s’exprimer en nous, pour que notre cœur batte au rythme du cœur de Dieu.

  • Via, veritas, vita.

    Via, veritas, vita.

    Même dans l’Evangile il y a des paroles difficiles à entendre, comme celle que nous venons d’entendre : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ». Quelle prétention de la part de Jésus ! Parole étonnante qui ne colle pas du tout avec sa personnalité. Il n’a jamais été du genre à se mettre au centre ! C’est d’autant plus surprenant que, comme le précise St Jean, « C’est à l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père ». Or, nous savons que ce qui précède la mort de Jésus, son tout dernier geste avec ses apôtres, c’est le lavement des pieds.

    Pour comprendre cette parole, nous devons savoir qu’elle est d’abord un acte de foi des apôtres après la résurrection. Cette conviction était tellement grande qu’ils la mettront dans la bouche même de Jésus.

    En latin cela se dit : « Ego sum via, veritas et vita ». C’est-à-dire 3 V, le V de la victoire, la victoire de la résurrection.

    Les apôtres présentent donc Jésus comme le chemin. La semaine passée avec la parabole du bon berger, Jésus était comparé à la porte, une porte qui ouvre vers les bons pâturages, une porte qui permet d’aller et venir. Jésus ne se présente donc pas comme le but, le terme à atteindre, mais seulement comme un passage, un passage pour aller vers le Père : « Personne ne va vers le Père sans passer par moi ».

    De même, lorsque Jésus dit « Je suis la vérité » cela semble aussi très prétentieux. Remarquez qu’il ne dit pas « J’ai la vérité » mais « Je suis la Vérité ». En mettant ces mots dans la bouche de Jésus, les apôtres nous font comprendre que la vérité n’est pas une simple question de parole « dire la vérité », mais avant tout une manière d’être.  Jésus par sa manière de vivre a été l’expression parfaite du Père.

    Autrement dit, le moyen le plus direct pour aller vers le Père, pour connaître le Père, c’est sans doute d’écouter sa Parole, mais surtout d’agir comme lui.

    Avancer sur ce chemin, découvrir le visage d’un Dieu Père qui nous rappelle sans cesse le visage de nos frères, conduit à la vraie vie. A la vie en plénitude dit aussi St Jean.

    Mais cette parole de l’Evangile nous concerne aujourd’hui parce qu’elle est une invitation à devenir à notre tour chemin et à devenir vérité et vie pour les autres.

    Nous avons tous besoin de connaître le chemin, sans chemin on est perdu ! On erre sans destination, sans but, sans projet, la vie devient absurde ! Comme des parents offrent à leurs enfants l’exemple d’une vie réussie, une vie épanouie et heureuse, bref, une vie d’amour, Jésus nous propose de devenir à notre tour chemin de vie pour les autres.

    Nous sommes aussi invités à devenir Vérité, par l’authenticité de notre manière d’être devant les autres, sans masque, sans essayer de paraître. Devenir par notre manière d’être le visage le plus ressemblant de celui du Père.

    Alors nous serons Vie, c’est-à-dire lumière au cœur de l’obscurité, de la haine, du mépris et du non-respect de l’homme, nous serons joie où est le désespoir, réconfort là où il y a de la souffrance et apaisement là où il y a de la tristesse.

    A la suite de Jésus nous serons chemin, vérité et vie, chaque fois que dans la charité nous nous mettrons au service de tous nos frères et de nos sœurs.

  • Notre Sauveur

    Notre Sauveur

    Jésus est venu nous sauver ! Il est notre sauveur ! Nous ne disons pas « notre sauveteur », mais notre « sauveur ». Le sauveteur est celui qui, du bord de la piscine, plonge pour rechercher, de gré ou de force, celui qui coule.  Il est drillé pour cela, il agit presque automatiquement. Lorsque nous disons Jésus « sauveur », ce n’est pas du tout la même chose.  Quelle est la différence ?
    Eh ! bien, il nous arrive parfois, en regardant l’actualité proposée par les médias, de désespérer de nos semblables, peut-être aussi de nous-mêmes, parce qu’il nous semble que jamais nous ne parviendrons à construire une société vraiment humaine, un monde où, enfin, l’homme soit totalement sorti de l’animalité ou encore de la bestialité.
    Même si nous sommes conscients de notre médiocrité, tous, nous rêvons d’un monde où l’homme soit vraiment humain. Mais au regard de tout ce qui se passe aujourd’hui, cela nous semble une utopie, il semble que l’animalité qui nous habite prenne toujours le dessus. Nous nous posons alors la question : les hommes, les femmes pourront-ils un jour sortir de cette inhumanité et devenir, enfin, des hommes-humains ?
    A cette question Jésus a voulu répondre et nous prouver que « l’homme-humain » existe, qu’il est possible d’être entièrement humain.  Cette humanité parfaite il l’a lui-même vécue dans ses engagements, ses compagnonnages, ses actes les plus simples et finalement sa mort.
    Si ses compagnons ont reconnu en lui le divin, ce n’est pas à cause d’une marque spéciale ou d’une dévotion particulière, mais par sa manière de vivre.
    Nous pouvons donc dire que Jésus est « sauveur » parce qu’il nous a montré un chemin d’humanisation qui mène au divin. Sauvés, nous ne pouvons l’être que par les autres, non pas par un geste magique ni même une piété débordante ; le salut n’est pas non plus un automatisme, il ne peut se réaliser que par la rencontre.
    Etre sauvé, c’est rencontrer quelqu’un qui nous touche au point de nous entraîner là où, l’instant d’avant, nous nous croyions dans l’impossibilité d’aller, ou nous rend capable de réaliser ce qui nous paraissait une utopie.
     Mais le message de Pâques nous dit aussi que si nous avons eu la chance de croiser l’homme Jésus qui peut donner sens à notre vie, nous devons être, à notre tour, une chance pour les autres qui croisent notre route. Qu’en voyant notre manière de vivre ils puissent dire : « Oui, l’homme-humain existe » et ainsi retrouver le goût de vivre.
    Aller crier et proclamer dans les rues : « Jésus est vivant, il est ressuscité » ne sert à rien ; au contraire, cela peut être négatif si notre agir continue à s’enliser dans l’inhumanité.
    La véritable spiritualité n’a rien d’une illumination subite, mais s’enracine dans nos actes les plus concrets. D’ailleurs, le ressuscité ne se rencontre pas à Jérusalem, mais en Galilée. Ce qui revient peut-être à dire qu’il se rencontre moins dans les tabernacles de nos églises que dans le quotidien de la vie, là où le visage de l’autre nous interpelle.
    La résurrection ne deviendra réelle et visible que par nos engagements, nos actes et nos rencontres de chaque jour. 

    Joyeuse fête de Pâques. 

  • Nous y voilà!

    Nous y voilà!

    Nous entrons ce dimanche dans la grande et belle Semaine Sainte : redécouvrir cette année encore ce fabuleux élan du cœur de notre Dieu, cette passion amoureuse de notre Dieu, qui vient à la rencontre des humains par des chemins qui nous étonnent, par des chemins qui n’ont rien pour nous de très habituel!

    Il entre à Jérusalem sur un âne, signe qu’il vient en artisan de paix, signe qu’il s’offre à l’accueil ou au refus des hommes, signe qu’il n’entre pas dans le jeu des rivalités, de la compétition, de la domination, jeu souvent si cher à notre humanité…

    Oui, il vient se livrer ; il vient livrer aux responsables religieux et politiques de sa communauté ce qui fait battre son cœur, ce qui donne sens à sa vie. Il vient, sans armure, offrir ce lien si précieux qui l’unit à Dieu, dans, il est vrai, un mode tellement différent des standards de son temps.

    NON, NON et NON : C’EST INACCEPTABLE !

    Il y a vraiment trop à perdre !

    Alors le juste devient le criminel ; l’innocent devient le coupable…

    Jésus de Nazareth : un agitateur, un blasphémateur, un faux prophète : crucifions-le !

    Oui, c’est un Dieu à la merci de l’homme que nous proclamons.

    C’est un Dieu qui se donne jusque-là que nous suivons.

    C’est un Dieu qui se livre tout entier, sans rien préserver, que nous essayons de rendre présent à travers nos choix et nos décisions.

    Oui, il est grand le mystère de la foi.

    Il est grand ce cœur offert à notre foi.

    Il est grand ce Dieu-là, si vulnérable et si fort à la fois !

  • Le ciel se déchira

    Le ciel se déchira

    Nous avons vu dimanche dernier lors de la fête de l’Épiphanie que les mages n’avaient pas trouvé Dieu ni dans le temple, ni en regardant le ciel, mais en s’abaissant devant un petit enfant sur la paille. Voici qu’aujourd’hui déjà l’Évangile semble nous contredire en disant : « Du ciel une voix se fait entendre » ! N’est-ce pas la confirmation que Dieu est bien dans le ciel ?
    Relisons alors le texte attentivement. St. Marc précise : « Le ciel se déchira ». Ceci me fait penser au voile du temple qui, lui aussi, se déchira pour signifier justement que Dieu n’est pas, ou n’est plus, ni dans le temple, ni dans le ciel.
    « Le ciel se déchire » justement parce que Dieu veut sortir de ce ciel où les hommes l’ont logé depuis toujours.  Dieu montre qu’il veut habiter notre terre, mais pas n’importe où.  Il ne choisira pas la ville sainte où sont rassemblés tous les prélats, ce n’est pas non plus dans le temple, ni dans la synagogue, mais là au désert, à l’écart de tout, là où se rassemblent les hommes blessés, là où se réunissent tous ceux qui sont broyés par les peines ou le poids de leurs fautes, tous ceux et celles qui ploient sous les contraintes des obligations que toutes les lois religieuses font peser sur eux.  Puis, c’est là, à l’image de Jésus qui s’immerge dans les eaux du Jourdain, que Dieu, déchirant le ciel, s’immerge, lui aussi, au milieu de notre humanité.
    Nous assistons en quelque sorte à la naissance, à la renaissance de Dieu au monde, de Dieu se faisant homme.
    Désormais, Jésus va partir, marcher sur les routes du monde et il va appeler des femmes et des hommes à l’accompagner, toutes celles et tous ceux qui, comme lui, auront l’audace de se mouiller et de plonger au cœur même de l’humanité profonde pour dire et proclamer que Dieu est là, tout proche, un Dieu qui veut le bonheur de l’homme, non seulement un bonheur pour l’au-delà, mais un bonheur dès aujourd’hui.
    Déjà le prophète Isaïe annonçait ce Dieu de bonheur : « Vous qui avez soif, disait-il, voici de l’eau, même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, manger de bonnes choses, régalez-vous de viandes savoureuses. » Naturellement poursuit le prophète, pour goûter au bonheur il y a des conditions minimales : « L’homme méchant doit quitter son chemin et l’homme pervers ses pensées ».
    Ce qui est certain, c’est que le Seigneur est riche en pardon. Aussi dramatique que soient notre situation ou les événements de notre vie; l’espérance nous permet de croire qu’un bonheur est toujours possible.

  • Sainte Famille

    Sainte Famille

    Ce matin, je voudrais vous partager quelques traits de la sainte Famille.
    D’abord, la place centrale de l’enfant dans ce récit.
    Si un amour profond unit Marie et Joseph, il y a dans leur vie un souci très important pour leur enfant.
    L’enfant est menacé et il faut le protéger, l’arracher aux griffes de Hérode ; ceci va engendrer un départ précipité vers une terre étrangère, un séjour assez long à l’étranger, loin de ses racines, loin des siens, en espérant être bien accueillis.
    Eh ! bien en avant ! Pas question de mettre la vie de l’enfant en péril.
    Cette mobilisation pour l’enfant vient bousculer certains choix faits par notre monde :
    Nous, on veut bien un enfant, mais il ne faut pas qu’il vienne trop perturber notre vie de couple.
    Il y a des femmes sans mari qui veulent pour elles une sorte « d’enfant poupée », un enfant rien que pour elle, qui va satisfaire leur besoin de câlins ou leur instinct maternel.
    Il y a les enfants « vitrine », reflet des parents ou les enfants « canaris », chargés de mettre un peu de vie dans la maison.
    Être parent, c’est d’abord donner et se donner à son enfant, et pas l’inverse.
    On appelle parfois Joseph « le père nourricier », c’est donc qu’il a veillé sur Jésus pour qu’il ait de quoi manger, de quoi se vêtir, mais aussi qu’il ait des personnes vers qui se tourner pour recevoir de la tendresse, pour aller verser des larmes de chagrin.
    Pourquoi est-ce parfois si difficile de se dire « Je t’aime » en famille, alors qu’on n’arrête pas de dire à Dieu « Je t’aime » ?
    Marie et Joseph ont aussi veillé à faire grandir en Jésus les valeurs essentielles, c’est l’éducation, avec probablement au centre de ces valeurs, un repère : « Quand tu agis ainsi, as-tu aimé ou manqué d’amour ? »
    Ils ont veillé à ce que Jésus développe ses propres talents, qu’il prenne confiance en lui, qu’il ait sa propre créativité, qu’il puisse devenir un être unique.
    L’enfant n’est pas appelé à être une copie de ses parents ou la réalisation de ce qu’ils n’ont pas pu réaliser ; l’enfant sera son propre projet, il sera un autre.
    Etre parent, c’est aussi faire découvrir à son enfant sa vocation d’enfant de Dieu, sa vocation spirituelle.
    Marie et Joseph ont conscience que cet enfant a une mission spéciale à remplir, ils n’ont pas oublié le projet de Dieu qui est à l’œuvre en leur enfant.
    Et il en va de même pour tous les enfants de la terre, ils ont aussi une mission à remplir au sein de l’humanité.
    Notre monde attend des enfants qu’ils soient utiles à la société, qu’ils aillent vers les produits de consommation, qu’ils développent leur intelligence pour un jour décrocher un job à l’âge adulte, qu’ils rentrent dans le rang.
    Marie et Joseph nous rappellent que ça ne suffit pas, il y a une vocation aussi à découvrir et à construire, celle d’enfant de Dieu.
    Et puis l’enfant rend aussi service à ses parents, combien de parents n’ont pas dit : « Nos enfants nous éduquent autant que nous les éduquons ».
    Si Marie et Joseph ont beaucoup donné à Jésus, ils ont aussi beaucoup reçu de lui, découvrant spécialement en lui le vrai visage de Dieu.
    Les enfants donnent du sens à la vie ; ils donnent du sens au travail quotidien, ils donnent le goût de se battre à certains moments.
    Les enfants donnent à leurs parents de rester jeunes, les parents sont appelés à rester en éveil à ce qui se passe dans l’actualité, dans la mode, dans la musique, dans les médias, …
    Les enfants enrichissent les parents, ils leur apprennent la patience, la responsabilité, l’humilité, la tendresse, le pardon, les remises en question, le sens de l’essentiel quand un enfant ne va pas bien… ; ils leur apprennent à être vrais.
    Les enfants révèlent Dieu, parce qu’ils obligent les parents à se poser la question du sens, la question de la transmission de la foi, et donc ils poussent les parents à faire des choix, à éclairer leur relation à Dieu.
    Les enfants apportent la joie.
     Bonne fête à vous tous, et que le Seigneur nous apprenne à vivre en famille.

  • Appel à l’humanité

    Appel à l’humanité

    Alors que nous sommes à la veille de fêter Noël, le Seigneur vient une fois encore nous demander notre collaboration pour mener à bien son projet de salut pour l’humanité : « Veux-tu bien accueillir le Messie pour le donner au monde ? »
    Devant cet appel à l’humanité, nous avons aujourd’hui la figure de Joseph.

    Pour Joseph, les choses ne sont pas simples.
    Il a comme projet d’épouser Marie, mais elle est choisie par Dieu pour mettre au monde le messie. Tout s’écroule pour Joseph, celle qu’il avait choisie, voilà qu’elle attend un enfant et que Dieu a un autre projet pour elle ; il ne lui reste plus qu’à renoncer à son projet.
    Mais Dieu vient demander à Joseph de collaborer à son projet de salut : « Joseph, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, ta promise, l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ».
    Et Joseph fait le pari de la confiance. Il accepte de devenir le père de cet enfant Dieu, sans très bien savoir où tout cela va le mener…

    Une fois encore, Dieu ne vient pas avec des signes « marteau », il appelle à un acte de foi, une démarche de confiance. C’est toute la délicatesse de Dieu qui se manifeste une fois encore : une simple invitation, la liberté laissée à l’homme d’accueillir ou de refuser le projet de Dieu, son projet d’alliance.
    N’est-ce pas la même chose avec l’enfant de la crèche ; ce Jésus né au fond d’une étable, est-ce là une preuve en béton ?

    Et lorsque nous partageons le pain et le vin à chaque eucharistie ?
    Dieu donne des signes de sa présence, mais juste assez pour ne pas forcer les portes.
    Et moi, qu’est-ce qui m’aide à entrer dans les projets de Dieu, qu’est-ce qui me freine dans l’accueil de ces projets?

    A travers sa Parole, le Seigneur nous rappelle qu’il a besoin de notre collaboration pour mener à bien son projet de prendre soin de l’humanité, tout comme il a eu besoin de Joseph et Marie pour que son fils devienne homme parmi les hommes, et qu’il puisse prendre soin des hommes de son temps
    Ce matin encore, Dieu nous lance un appel à l’aide : « S’il te plaît, veux-tu m’aider dans mon projet d’amour ? »

    Notre « oui » à Dieu sera alors peut être, comme pour Joseph, simple réponse aux appels de ceux qui nous entourent, comme par exemple :

    • Appel de mon conjoint qui demande un peu plus de tendresse, un peu plus d’attention, un peu plus de présence, un peu plus de reconnaissance dans les tâches effectuées ;
    • Appel des enfants qui attendent une présence affectueuse, des encouragements plutôt que des reproches, la reconnaissance de leurs talents ;
    • Appel de nos parents qui attendent une visite, des nouvelles, parents qui attendent nos confidences parfois, ou de s’entendre dire l’importance qu’ils gardent à nos yeux ;
    • Appel des solidarités de toutes sortes, entre voisins, dans la paroisse, dans notre village, avec ceux qui sont dans le besoin, proches de nous ou plus loin de nous.
  • Doute

    Doute

    Si un croyant de n’importe quelle religion, venait vous dire : « Mes convictions sont absolues, ma foi est une certitude, j’ai la vérité, je suis sans questions… » je pense sincèrement qu’il vous est permis d’en douter.
    Le doute, l’incertitude font partie de notre humanité. Nous les retrouvons d’ailleurs présents tout au long des Écritures. Même Jésus se posait des questions, c’est le sens du récit des tentations.
    Son inquiétude, nous la retrouvons aussi sur la croix : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? »
    Aujourd’hui, c’est Jean-Baptiste, « le plus grand des prophètes » comme dit Jésus, qui dans sa prison est harcelé par le doute : « Est-il celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »
    Jean-Baptiste se fait une image bien redoutable du Messie. Comme nous l’avons entendu dans l’Évangile de dimanche dernier, il prêchait dans le désert « un dieu à la colère qui vient », un dieu qui brûle les pécheurs.
    Or voilà Jésus, il n’élève pas la voix ; au contraire, il va au-devant des pécheurs, des pauvres, il console, il guérit, redresse, appelle, …
    Sa force est douceur, sa puissance, humilité.
    On comprend que Jean-Baptiste soit pris par le doute !
    Pour le rassurer Jésus va lui répondre par cet extrait du livre d’Isaïe que nous venons d’entendre : « Lorsque le Messie viendra, les yeux des aveugles, les oreilles des sourds s’ouvriront, le boiteux bondira, le muet criera de joie, les captifs reviendront, … »
    Jésus reprend ces paroles mais avec une différence essentielle, il ne parle plus au futur comme Isaïe, mais au présent : « Les aveugles voient, les sourds entendent, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, … »
    Ce qui fait la caractéristique de Jésus : il n’annonce plus un salut à venir, mais apporte un salut présent. Rien qu’en cela l’Evangile est une Bonne Nouvelle.
    Il y a cependant une objection : comment peut-on parler d’un salut déjà là, lorsqu’on voit l’égoïsme et la haine qui sévissent partout dans le monde. Eh ! bien justement, répond Isaïe, ce n’est qu’au cœur de cette désolation que peut germer l’espérance et il le dit de façon très poétique : « Que le désert et la terre de la soif se réjouissent, que le pays aride exulte et fleurisse ».
    Il signifie que l’espérance n’est possible que là où il y a un manque à combler, un appel à exaucer, un besoin, un désir à satisfaire, …
    Jésus exprimera cela encore mieux lorsqu’il dira : « Heureux les pauvres, heureux ceux qui pleurent, heureux ceux qui ont faim et soif de justice, …»
    Ce temps de l’Avent a pour objectif de nous rapprocher de toutes celles et tous ceux qui vivent dans l’aridité de leur solitude, qui ont soif de dignité, qui rêvent de devenir un jour des femmes et des hommes comme tout le monde…
    L’action « Vivre Ensemble » nous offre aujourd’hui le pouvoir de contribuer à l‘actualisation du salut de Dieu.
    Il ne suffit pas de nous lamenter sur le sort de notre société individualiste, il ne suffit pas de rêver d’un avenir plus beau, c’est aujourd’hui, au présent qu’il nous faut construire un salut pour tous.  

  • Veillez

    Veillez

    Mt 24, 37-44
    « Mais quand est-ce qu’il va revenir notre Sauveur ! » se demandent les chrétiens qui vivent leur foi dans un contexte de persécutions et de brimades par les autorités religieuses de leur époque.
    « Vous ne saurez ni le jour ni l’heure » avait dit Jésus à ses amis, les invitant à vivre le moment présent, les invitant à ne pas tomber dans la fièvre des annonces de fin des temps.
    « Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra. » nous dit la Parole ce premier jour du temps de l’Avent !
    « Tenez-vous donc prêts, vous aussi ! »
    Et quoi, Jésus, tu nous enfermes dans la peur, l’angoisse ? J’ose croire qu’il ne mange pas de ce pain-là… Il est de l’ordre de la passion amoureuse, de l’ordre de celles et ceux qui se mobilisent constamment pour un être cher, pour une cause juste, pour un projet fédérateur.
    Oui, il est venu il y a près de 2000 ans.
    Oui, nous osons croire à un accomplissement final un jour, ce jour où l’humanité tout entière sera aboutie dans ses capacités relationnelles et humaines.
    Mais en attendant ce jour, pas question de rester les mains dans les poches !
    Notre Sauveur nous attend, là où nous vivons notre quotidien.
    « Veille avec moi, s’il te plaît, pour apporter un peu de lumière, là où la vie apparaît parfois si sombre, là où les médias ne nous montrent souvent que le côté obscur de l’humanité : j’ai besoin de toi ! »
    Mais dis donc, curé, une question : ça fait deux fois que tu parles de « notre Sauveur » : qu’est-ce qui se cache là derrière cet attribut ?
    Comme le disait un ami cette semaine, derrière le mot « sauveur » se cache « quelqu’un qui prend soin d’autrui ».
    Oui, en ce temps de l’Avent, nous célébrons la venue de ce Dieu qui vient à la rencontre des hommes pour prendre soin d’eux, pour les soigner dans leur capacité d’aimer qui est blessée, abîmée, par tant de quêtes qui ne mènent à rien, sinon à dresser les hommes les uns contre les autres : course au pouvoir, recherche de la gloire, accumulation de biens, …Et pour célébrer concrètement cette venue, nous sommes invités à retrousser nos manches :« Ma venue doit te mettre en action, j’ai besoin de toi pour prendre soin de ces humains qui
    vivent en 2025, je n’ai d’autres bras, d’autres cœurs, d’autres oreilles, d’autres regards, que les tiens : s’il te plaît, aide-moi à soigner tant d’humains abîmés.»
    Puissions-nous en ce temps de préparation à la fête de Noël, marcher joyeusement à la suite de notre Sauveur, choisissant ces petits et ces grands gestes concrets, qui offrent du soin, qui soignent, non seulement nos proches, mais aussi ceux que la vie n’a pas épargnés et sontdavantage éprouvés par les obstacles de la vie.
    Bon temps d’Avent à tous.

  • Fin des temps

    Fin des temps

    En approchant de la fin de l’année liturgique, l’Eglise nous propose d’un peu méditer sur la fin des temps.
    Jésus reste discret quant à la forme que prendra la fin des temps, il ne donne pas de date, pas de détails descriptifs ou tout autre élément qui pourrait nous mettre sur la piste de ce jour de l’accomplissement.
    Cependant, Jésus nous met en garde contre des dangers relatifs à cette question de la fin des temps, il veut nous en rappeler quelques dimensions importantes.
    Alors que les disciples sont en train d’admirer la beauté du temple de Jérusalem, qui, il est vrai, faisait partie des sept merveilles du monde à l’époque, Jésus rappelle la fragilité des constructions humaines qui, un jour ou l’autre, finiront par s’écrouler. Très vite alors, les disciples posent la question du « quand cela va-t-il arriver ? », ce qui leur permettrait de se préparer à ces bouleversements, d’être prêts à les vivre. Mais Jésus n’entre pas dans cette problématique, il préfère appeler ses disciples à une vigilance incessante, comme quand il leur a proposé la parabole des dix vierges, « Veillez dans l’attente du retour de l’époux, car vous ne savez quand il reviendra ! » Jésus veut faire de nous des veilleurs, des personnes qui font chaque jour fructifier leurs talents, en accueillant ceux qu’elles rencontrent sur leur route, en leur prêtant une oreille attentive, en prenant du temps pour entrer toujours davantage dans la relation à son Père.
    Jésus ne veut pas non plus nous voir entrer dans cette fièvre apocalyptique où l’on passe plus de temps à essayer de savoir quand viendra la fin des temps qu’à vivre l’Evangile, il ne veut pas nous voir entrer dans le giron de tant de faux prophètes qui soi-disant connaissent le dernier jour. Jésus est on ne peut plus clair à ce sujet : « Personne ne connaît le jour, si ce n’est le Père; même le Fils ne le connaît pas ». Il ne sert donc à rien de s’effrayer quand des catastrophes arrivent, quand la guerre sévit dans le monde, ce sont là des choses qui existent depuis la nuit des temps, qui font partie de cette humanité déchirée, ce ne sont pas des annonces de la proximité de la fin !
    Devant ces réalités, Jésus veut nous rassurer, il désire nous sortir de la peur qui paralyse pour nous faire entrer dans une dynamique de confiance, dans une dynamique de l’accueil de l’Esprit Saint qui nous aide à faire la volonté du Père. Voilà ce que Jésus nous demande dans ces temps qui sont les derniers, dans ces temps qui sont marqués par le mal, la souffrance, la bêtise et la méchanceté humaines : utilisez ce temps qui vous est donné pour témoigner de l’Evangile plutôt que de vous terrer dans la peur de la fin des temps; utilisez ce temps pour offrir cette part de lumière qui est la vôtre et qui est là pour faire grandir la vie et l’espérance là où vous vivez !
    Et Jésus termine par rappeler que cette mission n’a rien d’une promenade de santé, elle est souvent chemin qui passe par la souffrance, comme elle a été chemin de croix pour le Christ lors du vendredi saint. « Nul n’est plus grand que le maître » nous dit Jésus, nous rappelant par là que celui qui le suit passe un jour ou l’autre par la croix. Mais là encore, Jésus se veut rassurant, « Ne vous préoccupez pas de ce que vous aurez à dire ou à faire, c’est moi qui agirai en vous. » Nous deviendrons alors ce grain de blé tombé en terre qui meurt pour donner beaucoup de fruits, et cela sans aucun mérite de notre part.
    Oui, viens, Seigneur Jésus, viens nous aider à grandir dans la confiance pour que nous apprenions à faire la volonté du Père.