Auteur/autrice : Jean Dewandre

  • Notre Sauveur

    Notre Sauveur

    Jésus est venu nous sauver ! Il est notre sauveur ! Nous ne disons pas « notre sauveteur », mais notre « sauveur ». Le sauveteur est celui qui, du bord de la piscine, plonge pour rechercher, de gré ou de force, celui qui coule.  Il est drillé pour cela, il agit presque automatiquement. Lorsque nous disons Jésus « sauveur », ce n’est pas du tout la même chose.  Quelle est la différence ?
    Eh ! bien, il nous arrive parfois, en regardant l’actualité proposée par les médias, de désespérer de nos semblables, peut-être aussi de nous-mêmes, parce qu’il nous semble que jamais nous ne parviendrons à construire une société vraiment humaine, un monde où, enfin, l’homme soit totalement sorti de l’animalité ou encore de la bestialité.
    Même si nous sommes conscients de notre médiocrité, tous, nous rêvons d’un monde où l’homme soit vraiment humain. Mais au regard de tout ce qui se passe aujourd’hui, cela nous semble une utopie, il semble que l’animalité qui nous habite prenne toujours le dessus. Nous nous posons alors la question : les hommes, les femmes pourront-ils un jour sortir de cette inhumanité et devenir, enfin, des hommes-humains ?
    A cette question Jésus a voulu répondre et nous prouver que « l’homme-humain » existe, qu’il est possible d’être entièrement humain.  Cette humanité parfaite il l’a lui-même vécue dans ses engagements, ses compagnonnages, ses actes les plus simples et finalement sa mort.
    Si ses compagnons ont reconnu en lui le divin, ce n’est pas à cause d’une marque spéciale ou d’une dévotion particulière, mais par sa manière de vivre.
    Nous pouvons donc dire que Jésus est « sauveur » parce qu’il nous a montré un chemin d’humanisation qui mène au divin. Sauvés, nous ne pouvons l’être que par les autres, non pas par un geste magique ni même une piété débordante ; le salut n’est pas non plus un automatisme, il ne peut se réaliser que par la rencontre.
    Etre sauvé, c’est rencontrer quelqu’un qui nous touche au point de nous entraîner là où, l’instant d’avant, nous nous croyions dans l’impossibilité d’aller, ou nous rend capable de réaliser ce qui nous paraissait une utopie.
     Mais le message de Pâques nous dit aussi que si nous avons eu la chance de croiser l’homme Jésus qui peut donner sens à notre vie, nous devons être, à notre tour, une chance pour les autres qui croisent notre route. Qu’en voyant notre manière de vivre ils puissent dire : « Oui, l’homme-humain existe » et ainsi retrouver le goût de vivre.
    Aller crier et proclamer dans les rues : « Jésus est vivant, il est ressuscité » ne sert à rien ; au contraire, cela peut être négatif si notre agir continue à s’enliser dans l’inhumanité.
    La véritable spiritualité n’a rien d’une illumination subite, mais s’enracine dans nos actes les plus concrets. D’ailleurs, le ressuscité ne se rencontre pas à Jérusalem, mais en Galilée. Ce qui revient peut-être à dire qu’il se rencontre moins dans les tabernacles de nos églises que dans le quotidien de la vie, là où le visage de l’autre nous interpelle.
    La résurrection ne deviendra réelle et visible que par nos engagements, nos actes et nos rencontres de chaque jour. 

    Joyeuse fête de Pâques. 

  • Nous y voilà!

    Nous y voilà!

    Nous entrons ce dimanche dans la grande et belle Semaine Sainte : redécouvrir cette année encore ce fabuleux élan du cœur de notre Dieu, cette passion amoureuse de notre Dieu, qui vient à la rencontre des humains par des chemins qui nous étonnent, par des chemins qui n’ont rien pour nous de très habituel!

    Il entre à Jérusalem sur un âne, signe qu’il vient en artisan de paix, signe qu’il s’offre à l’accueil ou au refus des hommes, signe qu’il n’entre pas dans le jeu des rivalités, de la compétition, de la domination, jeu souvent si cher à notre humanité…

    Oui, il vient se livrer ; il vient livrer aux responsables religieux et politiques de sa communauté ce qui fait battre son cœur, ce qui donne sens à sa vie. Il vient, sans armure, offrir ce lien si précieux qui l’unit à Dieu, dans, il est vrai, un mode tellement différent des standards de son temps.

    NON, NON et NON : C’EST INACCEPTABLE !

    Il y a vraiment trop à perdre !

    Alors le juste devient le criminel ; l’innocent devient le coupable…

    Jésus de Nazareth : un agitateur, un blasphémateur, un faux prophète : crucifions-le !

    Oui, c’est un Dieu à la merci de l’homme que nous proclamons.

    C’est un Dieu qui se donne jusque-là que nous suivons.

    C’est un Dieu qui se livre tout entier, sans rien préserver, que nous essayons de rendre présent à travers nos choix et nos décisions.

    Oui, il est grand le mystère de la foi.

    Il est grand ce cœur offert à notre foi.

    Il est grand ce Dieu-là, si vulnérable et si fort à la fois !

  • Le ciel se déchira

    Le ciel se déchira

    Nous avons vu dimanche dernier lors de la fête de l’Épiphanie que les mages n’avaient pas trouvé Dieu ni dans le temple, ni en regardant le ciel, mais en s’abaissant devant un petit enfant sur la paille. Voici qu’aujourd’hui déjà l’Évangile semble nous contredire en disant : « Du ciel une voix se fait entendre » ! N’est-ce pas la confirmation que Dieu est bien dans le ciel ?
    Relisons alors le texte attentivement. St. Marc précise : « Le ciel se déchira ». Ceci me fait penser au voile du temple qui, lui aussi, se déchira pour signifier justement que Dieu n’est pas, ou n’est plus, ni dans le temple, ni dans le ciel.
    « Le ciel se déchire » justement parce que Dieu veut sortir de ce ciel où les hommes l’ont logé depuis toujours.  Dieu montre qu’il veut habiter notre terre, mais pas n’importe où.  Il ne choisira pas la ville sainte où sont rassemblés tous les prélats, ce n’est pas non plus dans le temple, ni dans la synagogue, mais là au désert, à l’écart de tout, là où se rassemblent les hommes blessés, là où se réunissent tous ceux qui sont broyés par les peines ou le poids de leurs fautes, tous ceux et celles qui ploient sous les contraintes des obligations que toutes les lois religieuses font peser sur eux.  Puis, c’est là, à l’image de Jésus qui s’immerge dans les eaux du Jourdain, que Dieu, déchirant le ciel, s’immerge, lui aussi, au milieu de notre humanité.
    Nous assistons en quelque sorte à la naissance, à la renaissance de Dieu au monde, de Dieu se faisant homme.
    Désormais, Jésus va partir, marcher sur les routes du monde et il va appeler des femmes et des hommes à l’accompagner, toutes celles et tous ceux qui, comme lui, auront l’audace de se mouiller et de plonger au cœur même de l’humanité profonde pour dire et proclamer que Dieu est là, tout proche, un Dieu qui veut le bonheur de l’homme, non seulement un bonheur pour l’au-delà, mais un bonheur dès aujourd’hui.
    Déjà le prophète Isaïe annonçait ce Dieu de bonheur : « Vous qui avez soif, disait-il, voici de l’eau, même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, manger de bonnes choses, régalez-vous de viandes savoureuses. » Naturellement poursuit le prophète, pour goûter au bonheur il y a des conditions minimales : « L’homme méchant doit quitter son chemin et l’homme pervers ses pensées ».
    Ce qui est certain, c’est que le Seigneur est riche en pardon. Aussi dramatique que soient notre situation ou les événements de notre vie; l’espérance nous permet de croire qu’un bonheur est toujours possible.

  • Sainte Famille

    Sainte Famille

    Ce matin, je voudrais vous partager quelques traits de la sainte Famille.
    D’abord, la place centrale de l’enfant dans ce récit.
    Si un amour profond unit Marie et Joseph, il y a dans leur vie un souci très important pour leur enfant.
    L’enfant est menacé et il faut le protéger, l’arracher aux griffes de Hérode ; ceci va engendrer un départ précipité vers une terre étrangère, un séjour assez long à l’étranger, loin de ses racines, loin des siens, en espérant être bien accueillis.
    Eh ! bien en avant ! Pas question de mettre la vie de l’enfant en péril.
    Cette mobilisation pour l’enfant vient bousculer certains choix faits par notre monde :
    Nous, on veut bien un enfant, mais il ne faut pas qu’il vienne trop perturber notre vie de couple.
    Il y a des femmes sans mari qui veulent pour elles une sorte « d’enfant poupée », un enfant rien que pour elle, qui va satisfaire leur besoin de câlins ou leur instinct maternel.
    Il y a les enfants « vitrine », reflet des parents ou les enfants « canaris », chargés de mettre un peu de vie dans la maison.
    Être parent, c’est d’abord donner et se donner à son enfant, et pas l’inverse.
    On appelle parfois Joseph « le père nourricier », c’est donc qu’il a veillé sur Jésus pour qu’il ait de quoi manger, de quoi se vêtir, mais aussi qu’il ait des personnes vers qui se tourner pour recevoir de la tendresse, pour aller verser des larmes de chagrin.
    Pourquoi est-ce parfois si difficile de se dire « Je t’aime » en famille, alors qu’on n’arrête pas de dire à Dieu « Je t’aime » ?
    Marie et Joseph ont aussi veillé à faire grandir en Jésus les valeurs essentielles, c’est l’éducation, avec probablement au centre de ces valeurs, un repère : « Quand tu agis ainsi, as-tu aimé ou manqué d’amour ? »
    Ils ont veillé à ce que Jésus développe ses propres talents, qu’il prenne confiance en lui, qu’il ait sa propre créativité, qu’il puisse devenir un être unique.
    L’enfant n’est pas appelé à être une copie de ses parents ou la réalisation de ce qu’ils n’ont pas pu réaliser ; l’enfant sera son propre projet, il sera un autre.
    Etre parent, c’est aussi faire découvrir à son enfant sa vocation d’enfant de Dieu, sa vocation spirituelle.
    Marie et Joseph ont conscience que cet enfant a une mission spéciale à remplir, ils n’ont pas oublié le projet de Dieu qui est à l’œuvre en leur enfant.
    Et il en va de même pour tous les enfants de la terre, ils ont aussi une mission à remplir au sein de l’humanité.
    Notre monde attend des enfants qu’ils soient utiles à la société, qu’ils aillent vers les produits de consommation, qu’ils développent leur intelligence pour un jour décrocher un job à l’âge adulte, qu’ils rentrent dans le rang.
    Marie et Joseph nous rappellent que ça ne suffit pas, il y a une vocation aussi à découvrir et à construire, celle d’enfant de Dieu.
    Et puis l’enfant rend aussi service à ses parents, combien de parents n’ont pas dit : « Nos enfants nous éduquent autant que nous les éduquons ».
    Si Marie et Joseph ont beaucoup donné à Jésus, ils ont aussi beaucoup reçu de lui, découvrant spécialement en lui le vrai visage de Dieu.
    Les enfants donnent du sens à la vie ; ils donnent du sens au travail quotidien, ils donnent le goût de se battre à certains moments.
    Les enfants donnent à leurs parents de rester jeunes, les parents sont appelés à rester en éveil à ce qui se passe dans l’actualité, dans la mode, dans la musique, dans les médias, …
    Les enfants enrichissent les parents, ils leur apprennent la patience, la responsabilité, l’humilité, la tendresse, le pardon, les remises en question, le sens de l’essentiel quand un enfant ne va pas bien… ; ils leur apprennent à être vrais.
    Les enfants révèlent Dieu, parce qu’ils obligent les parents à se poser la question du sens, la question de la transmission de la foi, et donc ils poussent les parents à faire des choix, à éclairer leur relation à Dieu.
    Les enfants apportent la joie.
     Bonne fête à vous tous, et que le Seigneur nous apprenne à vivre en famille.

  • Appel à l’humanité

    Appel à l’humanité

    Alors que nous sommes à la veille de fêter Noël, le Seigneur vient une fois encore nous demander notre collaboration pour mener à bien son projet de salut pour l’humanité : « Veux-tu bien accueillir le Messie pour le donner au monde ? »
    Devant cet appel à l’humanité, nous avons aujourd’hui la figure de Joseph.

    Pour Joseph, les choses ne sont pas simples.
    Il a comme projet d’épouser Marie, mais elle est choisie par Dieu pour mettre au monde le messie. Tout s’écroule pour Joseph, celle qu’il avait choisie, voilà qu’elle attend un enfant et que Dieu a un autre projet pour elle ; il ne lui reste plus qu’à renoncer à son projet.
    Mais Dieu vient demander à Joseph de collaborer à son projet de salut : « Joseph, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, ta promise, l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ».
    Et Joseph fait le pari de la confiance. Il accepte de devenir le père de cet enfant Dieu, sans très bien savoir où tout cela va le mener…

    Une fois encore, Dieu ne vient pas avec des signes « marteau », il appelle à un acte de foi, une démarche de confiance. C’est toute la délicatesse de Dieu qui se manifeste une fois encore : une simple invitation, la liberté laissée à l’homme d’accueillir ou de refuser le projet de Dieu, son projet d’alliance.
    N’est-ce pas la même chose avec l’enfant de la crèche ; ce Jésus né au fond d’une étable, est-ce là une preuve en béton ?

    Et lorsque nous partageons le pain et le vin à chaque eucharistie ?
    Dieu donne des signes de sa présence, mais juste assez pour ne pas forcer les portes.
    Et moi, qu’est-ce qui m’aide à entrer dans les projets de Dieu, qu’est-ce qui me freine dans l’accueil de ces projets?

    A travers sa Parole, le Seigneur nous rappelle qu’il a besoin de notre collaboration pour mener à bien son projet de prendre soin de l’humanité, tout comme il a eu besoin de Joseph et Marie pour que son fils devienne homme parmi les hommes, et qu’il puisse prendre soin des hommes de son temps
    Ce matin encore, Dieu nous lance un appel à l’aide : « S’il te plaît, veux-tu m’aider dans mon projet d’amour ? »

    Notre « oui » à Dieu sera alors peut être, comme pour Joseph, simple réponse aux appels de ceux qui nous entourent, comme par exemple :

    • Appel de mon conjoint qui demande un peu plus de tendresse, un peu plus d’attention, un peu plus de présence, un peu plus de reconnaissance dans les tâches effectuées ;
    • Appel des enfants qui attendent une présence affectueuse, des encouragements plutôt que des reproches, la reconnaissance de leurs talents ;
    • Appel de nos parents qui attendent une visite, des nouvelles, parents qui attendent nos confidences parfois, ou de s’entendre dire l’importance qu’ils gardent à nos yeux ;
    • Appel des solidarités de toutes sortes, entre voisins, dans la paroisse, dans notre village, avec ceux qui sont dans le besoin, proches de nous ou plus loin de nous.
  • Doute

    Doute

    Si un croyant de n’importe quelle religion, venait vous dire : « Mes convictions sont absolues, ma foi est une certitude, j’ai la vérité, je suis sans questions… » je pense sincèrement qu’il vous est permis d’en douter.
    Le doute, l’incertitude font partie de notre humanité. Nous les retrouvons d’ailleurs présents tout au long des Écritures. Même Jésus se posait des questions, c’est le sens du récit des tentations.
    Son inquiétude, nous la retrouvons aussi sur la croix : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? »
    Aujourd’hui, c’est Jean-Baptiste, « le plus grand des prophètes » comme dit Jésus, qui dans sa prison est harcelé par le doute : « Est-il celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »
    Jean-Baptiste se fait une image bien redoutable du Messie. Comme nous l’avons entendu dans l’Évangile de dimanche dernier, il prêchait dans le désert « un dieu à la colère qui vient », un dieu qui brûle les pécheurs.
    Or voilà Jésus, il n’élève pas la voix ; au contraire, il va au-devant des pécheurs, des pauvres, il console, il guérit, redresse, appelle, …
    Sa force est douceur, sa puissance, humilité.
    On comprend que Jean-Baptiste soit pris par le doute !
    Pour le rassurer Jésus va lui répondre par cet extrait du livre d’Isaïe que nous venons d’entendre : « Lorsque le Messie viendra, les yeux des aveugles, les oreilles des sourds s’ouvriront, le boiteux bondira, le muet criera de joie, les captifs reviendront, … »
    Jésus reprend ces paroles mais avec une différence essentielle, il ne parle plus au futur comme Isaïe, mais au présent : « Les aveugles voient, les sourds entendent, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, … »
    Ce qui fait la caractéristique de Jésus : il n’annonce plus un salut à venir, mais apporte un salut présent. Rien qu’en cela l’Evangile est une Bonne Nouvelle.
    Il y a cependant une objection : comment peut-on parler d’un salut déjà là, lorsqu’on voit l’égoïsme et la haine qui sévissent partout dans le monde. Eh ! bien justement, répond Isaïe, ce n’est qu’au cœur de cette désolation que peut germer l’espérance et il le dit de façon très poétique : « Que le désert et la terre de la soif se réjouissent, que le pays aride exulte et fleurisse ».
    Il signifie que l’espérance n’est possible que là où il y a un manque à combler, un appel à exaucer, un besoin, un désir à satisfaire, …
    Jésus exprimera cela encore mieux lorsqu’il dira : « Heureux les pauvres, heureux ceux qui pleurent, heureux ceux qui ont faim et soif de justice, …»
    Ce temps de l’Avent a pour objectif de nous rapprocher de toutes celles et tous ceux qui vivent dans l’aridité de leur solitude, qui ont soif de dignité, qui rêvent de devenir un jour des femmes et des hommes comme tout le monde…
    L’action « Vivre Ensemble » nous offre aujourd’hui le pouvoir de contribuer à l‘actualisation du salut de Dieu.
    Il ne suffit pas de nous lamenter sur le sort de notre société individualiste, il ne suffit pas de rêver d’un avenir plus beau, c’est aujourd’hui, au présent qu’il nous faut construire un salut pour tous.  

  • Veillez

    Veillez

    Mt 24, 37-44
    « Mais quand est-ce qu’il va revenir notre Sauveur ! » se demandent les chrétiens qui vivent leur foi dans un contexte de persécutions et de brimades par les autorités religieuses de leur époque.
    « Vous ne saurez ni le jour ni l’heure » avait dit Jésus à ses amis, les invitant à vivre le moment présent, les invitant à ne pas tomber dans la fièvre des annonces de fin des temps.
    « Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra. » nous dit la Parole ce premier jour du temps de l’Avent !
    « Tenez-vous donc prêts, vous aussi ! »
    Et quoi, Jésus, tu nous enfermes dans la peur, l’angoisse ? J’ose croire qu’il ne mange pas de ce pain-là… Il est de l’ordre de la passion amoureuse, de l’ordre de celles et ceux qui se mobilisent constamment pour un être cher, pour une cause juste, pour un projet fédérateur.
    Oui, il est venu il y a près de 2000 ans.
    Oui, nous osons croire à un accomplissement final un jour, ce jour où l’humanité tout entière sera aboutie dans ses capacités relationnelles et humaines.
    Mais en attendant ce jour, pas question de rester les mains dans les poches !
    Notre Sauveur nous attend, là où nous vivons notre quotidien.
    « Veille avec moi, s’il te plaît, pour apporter un peu de lumière, là où la vie apparaît parfois si sombre, là où les médias ne nous montrent souvent que le côté obscur de l’humanité : j’ai besoin de toi ! »
    Mais dis donc, curé, une question : ça fait deux fois que tu parles de « notre Sauveur » : qu’est-ce qui se cache là derrière cet attribut ?
    Comme le disait un ami cette semaine, derrière le mot « sauveur » se cache « quelqu’un qui prend soin d’autrui ».
    Oui, en ce temps de l’Avent, nous célébrons la venue de ce Dieu qui vient à la rencontre des hommes pour prendre soin d’eux, pour les soigner dans leur capacité d’aimer qui est blessée, abîmée, par tant de quêtes qui ne mènent à rien, sinon à dresser les hommes les uns contre les autres : course au pouvoir, recherche de la gloire, accumulation de biens, …Et pour célébrer concrètement cette venue, nous sommes invités à retrousser nos manches :« Ma venue doit te mettre en action, j’ai besoin de toi pour prendre soin de ces humains qui
    vivent en 2025, je n’ai d’autres bras, d’autres cœurs, d’autres oreilles, d’autres regards, que les tiens : s’il te plaît, aide-moi à soigner tant d’humains abîmés.»
    Puissions-nous en ce temps de préparation à la fête de Noël, marcher joyeusement à la suite de notre Sauveur, choisissant ces petits et ces grands gestes concrets, qui offrent du soin, qui soignent, non seulement nos proches, mais aussi ceux que la vie n’a pas épargnés et sontdavantage éprouvés par les obstacles de la vie.
    Bon temps d’Avent à tous.

  • Fin des temps

    Fin des temps

    En approchant de la fin de l’année liturgique, l’Eglise nous propose d’un peu méditer sur la fin des temps.
    Jésus reste discret quant à la forme que prendra la fin des temps, il ne donne pas de date, pas de détails descriptifs ou tout autre élément qui pourrait nous mettre sur la piste de ce jour de l’accomplissement.
    Cependant, Jésus nous met en garde contre des dangers relatifs à cette question de la fin des temps, il veut nous en rappeler quelques dimensions importantes.
    Alors que les disciples sont en train d’admirer la beauté du temple de Jérusalem, qui, il est vrai, faisait partie des sept merveilles du monde à l’époque, Jésus rappelle la fragilité des constructions humaines qui, un jour ou l’autre, finiront par s’écrouler. Très vite alors, les disciples posent la question du « quand cela va-t-il arriver ? », ce qui leur permettrait de se préparer à ces bouleversements, d’être prêts à les vivre. Mais Jésus n’entre pas dans cette problématique, il préfère appeler ses disciples à une vigilance incessante, comme quand il leur a proposé la parabole des dix vierges, « Veillez dans l’attente du retour de l’époux, car vous ne savez quand il reviendra ! » Jésus veut faire de nous des veilleurs, des personnes qui font chaque jour fructifier leurs talents, en accueillant ceux qu’elles rencontrent sur leur route, en leur prêtant une oreille attentive, en prenant du temps pour entrer toujours davantage dans la relation à son Père.
    Jésus ne veut pas non plus nous voir entrer dans cette fièvre apocalyptique où l’on passe plus de temps à essayer de savoir quand viendra la fin des temps qu’à vivre l’Evangile, il ne veut pas nous voir entrer dans le giron de tant de faux prophètes qui soi-disant connaissent le dernier jour. Jésus est on ne peut plus clair à ce sujet : « Personne ne connaît le jour, si ce n’est le Père; même le Fils ne le connaît pas ». Il ne sert donc à rien de s’effrayer quand des catastrophes arrivent, quand la guerre sévit dans le monde, ce sont là des choses qui existent depuis la nuit des temps, qui font partie de cette humanité déchirée, ce ne sont pas des annonces de la proximité de la fin !
    Devant ces réalités, Jésus veut nous rassurer, il désire nous sortir de la peur qui paralyse pour nous faire entrer dans une dynamique de confiance, dans une dynamique de l’accueil de l’Esprit Saint qui nous aide à faire la volonté du Père. Voilà ce que Jésus nous demande dans ces temps qui sont les derniers, dans ces temps qui sont marqués par le mal, la souffrance, la bêtise et la méchanceté humaines : utilisez ce temps qui vous est donné pour témoigner de l’Evangile plutôt que de vous terrer dans la peur de la fin des temps; utilisez ce temps pour offrir cette part de lumière qui est la vôtre et qui est là pour faire grandir la vie et l’espérance là où vous vivez !
    Et Jésus termine par rappeler que cette mission n’a rien d’une promenade de santé, elle est souvent chemin qui passe par la souffrance, comme elle a été chemin de croix pour le Christ lors du vendredi saint. « Nul n’est plus grand que le maître » nous dit Jésus, nous rappelant par là que celui qui le suit passe un jour ou l’autre par la croix. Mais là encore, Jésus se veut rassurant, « Ne vous préoccupez pas de ce que vous aurez à dire ou à faire, c’est moi qui agirai en vous. » Nous deviendrons alors ce grain de blé tombé en terre qui meurt pour donner beaucoup de fruits, et cela sans aucun mérite de notre part.
    Oui, viens, Seigneur Jésus, viens nous aider à grandir dans la confiance pour que nous apprenions à faire la volonté du Père.

  • Riche – Pauvre

    Riche – Pauvre

    Et Jésus retape une fois encore sur le même clou, tout comme le prophète Amos.

    La semaine passée, Jésus nous redisait de ne pas oublier de mettre des priorités dans nos vies, qu’on ne pouvait servir deux maîtres à la fois, à savoir Dieu et les dollars. Aujourd’hui, à travers la parabole du riche et de Lazare, Jésus fait une variation sur le même thème, en ajoutant l’une ou l’autre petite touche supplémentaire.

    Avant d’entrer dans notre parabole, une chose étonnante est de voir qu’un personnage porte un nom alors que l’autre pas ; le pauvre s’appelle Lazare, ce qui signifie « Dieu aide » alors que le riche n’a pas de nom. Cette différence pour dire plusieurs choses :
    + la place privilégiée que les pauvres ont dans le cœur de Dieu,
    + le pauvre, Lazare, est quelqu’un pour Dieu, tandis que le riche, enfermé en lui-même et dans ses biens, ne donne pas à Dieu la possibilité d’entrer en relation avec lui.
    + le riche est sans nom pour nous dire aussi que chacun peut mettre son nom à la place du riche.

    Mais entrons dans notre parabole.

    Dans le premier tableau, on retrouve nos deux personnages qui vivent dans deux mondes bien différents, le riche dans le luxe et les festins quotidiens ; Lazare dans une grande misère. Et entre ces deux mondes, un portail, sorte de frontière infranchissable ! Et tous deux meurent.

    Dans le deuxième tableau, à nouveau deux mondes, mais la situation a complètement changé : Lazare se retrouve maintenant heureux auprès d’Abraham, donc auprès de Dieu, là où règne la joie et la paix, tandis que le riche se retrouve dans un lieu où il est en proie à la torture. Et le riche aperçoit Lazare au loin…

    Avec peut-être plein de questions et de réflexions qui se bousculent dans sa tête : « Mais je ne comprends pas, se dit-il, je n’ai rien fait de mal pour mériter ça, je n’ai pas volé, je n’ai pas tué, j’ai gagné honnêtement ma fortune, je n’ai maltraité personne, … » « Et ce Lazare, pourquoi est-il là-bas, comment est-il là, ce n’était pourtant pas un modèle de perfection, de ce que j’en ai entendu ; juste un pauvre sans ressources que personne ne voyait, toujours couché près de mon portail… »

    Et Abraham de lui souffler au fond de son cœur que c’est là le cœur du problème, « Tu n’as pas vu Lazare qui se tenait là devant ton portail ! Le seul qui le voyait, c’était ce chien qui venait lécher ses blessures. Ton grand train de vie et tous tes festins t’ont empêché d’avoir les yeux ouverts, ils t’ont empêché d’être à l’écoute de Dieu qui te soufflait à l’oreille que tu étais à côté de la plaque, à côté de l’essentiel. Tu étais trop encombré pour voir Lazare et d’autres comme lui qui avaient tant besoin de ton aide.

    Et un fossé s’est creusé entre vous, celui que tu vois aujourd’hui et qui est devenu infranchissable.

    C’est vrai, tu n’as rien fait pour mériter ces temps difficiles, ces temps de souffrance, mais ils ne sont que la suite de ce que tu as vécu sur la terre, tu t’es éloigné de l’amour de Dieu, tu t’es éloigné de l’amour du prochain ; voilà pourquoi aujourd’hui tu es si éloigné de la table de Dieu. »

    Et là, il comprend notre ami, le riche. Il s’est fait piéger par ses idoles qu’étaient le luxe, les mondanités, les festins en tous genres, sa vie dans son petit univers de cristal.

    Jésus nous redit qu’aimer, ce n’est pas être en ordre avec une loi, avec une conduite. Aimer, c’est avoir les yeux ouverts ! C’est être capable de se mettre à la place de l’autre pour entrer en communion avec lui, l’aider à sortir de sa pauvreté matérielle, de sa pauvreté culturelle et l’accompagner dans sa souffrance.

    Et à la fin de ce deuxième tableau, Jésus aborde une dernière question, celle des signes, celle des miracles et des coups d’éclats. « Envoie Lazare prévenir mes frères, afin qu’ils ne tombent pas dans le même piège, afin qu’eux aussi ne viennent pas dans ce lieu de torture. Si quelqu’un revient de chez les morts, ils changeront de vie. »

    Mais ce n’est pas suffisant ; quand Lazare, le frère de Marie, sortira du tombeau, les gens ne croiront pas davantage en Jésus, ça va même précipiter sa condamnation. Le vrai chemin vers Dieu se découvre à travers l’humble écoute de sa parole, à travers la rencontre de nos frères, et pas seulement ceux que nous choisissons. Et Dieu est là, malheureux, triste de voir, de nous voir passer à côté des vraies richesses, parce que sa toute-puissance nous offre la liberté de lui ouvrir la porte ou de la fermer.

    O Seigneur, apprends- moi le vrai chemin, tiens ma lampe allumée, aide-moi à garder les yeux ouverts.

  • Un intendant malhonnête

    Un intendant malhonnête

    Mais enfin, qu’est-ce que c’est que ça ! Voilà que ce Jésus est en train de louer cet intendant malhonnête. Encore une pièce à verser au dossier de son procès. En êtes-vous bien sûr ?

    Reprenons notre histoire, mais deux mille ans plus tard.

    Paul, manager financier, travaille chez Bruyères informatique, une petite PME en plein essor. Tout se passe très bien si ce n’est que depuis un an, Jacques, le PDG de la société, constate des « trous » inexplicables dans les comptes et, après enquête, il découvre que Paul détourne ni vu ni connu, quelques centaines d’euros chaque mois.

    Dans la semaine qui suit, notre PDG convoque son manager financier : Paul, n’essayez pas de vous justifier, j’ai découvert vos magouilles. Je pourrais vous traduire en justice, mais je n’en ferai rien ; je vous donne trois mois pour demander votre démission et pour partir, sans indemnités, bien sûr.

     « Trois mois, trois mois pour faire face à cette nouvelle situation. Pas question pour moi d’aller chômer ou d’être jeté à la rue. Alors tant que j’en ai encore le temps, je vais me faire des amis pour retrouver du boulot après ».

    Quoi de plus simple quand on a encore les comptes en main ?

    Il s’en va alors rencontrer quelques personnes qui ont encore des factures à payer à la société pour leur proposer un petit geste: « Je connais vos difficultés financières actuelles, je vais vous faire une petite remise, pour vous donner un ballon d’oxygène. » Et puis, l’Evangile ne dit-il pas que l’on ne doit pas réclamer les dettes que l’on nous doit ? et le patron ne sera pas trop perdant, il vaut mieux qu’il retouche une partie des factures plutôt que ne rien retoucher du tout dans le cas où ces personnes tomberaient en faillite…

    Mis au courant, le PDG, tout en désapprouvant la malhonnêteté de son comptable, ne put s’empêcher d’admirer son habileté. « Ah, si cet homme pouvait mettre ses talents au service du bien ! » Jésus ne pousse donc pas à la magouille, c’est bien mal le connaître que d’oser croire ça. Jésus est émerveillé devant l’habileté de l’intendant, devant la débrouillardise de Paul. Ils avaient tout perdu, mais ils sont arrivés à retomber sur leurs pattes. Finement jouer messieurs !

    Et Jésus de nous dire : « Ah, si vous aviez autant d’habileté pour faire advenir le Royaume de Dieu, quel dommage que votre imagination et votre matière grise ne soient pas autant utilisées pour les bonnes causes ». « Vous inventez un tas d’astuces pour votre avenir immédiat, n’oubliez pas de préparer votre avenir plus lointain, votre vie éternelle ! » Parce que c’est là qu’est le souci majeur de Jésus : que chaque homme entre dans la vie éternelle ! Par comparaison, Jésus nous redit que l’argent n’est pas grand-chose à côté des demeures éternelles ! « De grâce, n’oubliez pas de vivre les priorités, n’oubliez pas le long terme ».

    Mais Jésus ne condamne pas l’argent, il sait très bien qu’il est nécessaire pour les échanges. Le danger est qu’il ne serve plus dans les échanges, mais devienne une priorité en soi, il sait la menace de l’accumuler et d’en devenir l’esclave. Mon grand-père disait : « L’argent, un bon serviteur, mais un mauvais maître. » C’est ce que Jésus pourrait redire aujourd’hui. Il nous met en garde devant ce faux dieu.

    Alors, soyez intelligent aussi pour préparer votre avenir éternel. Soyez plein d’habileté et d’astuces pour faire fructifier votre vie, vos talents, votre argent, vos avoirs, à long terme, à très long terme. L’argent est bien placé quand il aide à fabriquer de la joie, quand il permet d’aider un peuple à sortir de sa pauvreté, quand il aide un père ou une mère à subvenir aux besoins de sa famille, quand il me permet, pourquoi pas ? de vivre un temps de retraite, …

    Deux, trois chiffres, même si ce n’est pas ma tasse de thé : Un avion de chasse mirage équivaut à un hôpital dans un pays du tiers-monde, le coût d’une année d’enseignement secondaire pour un jeune de la région des grands Lacs au Congo : 250 euros, soit un peu plus de 20 euros par mois ; prix d’une retraite, plus ou moins 45 euros par jour, le tiers de ça à Taizé pour un jeune ou un adulte.

    Alors, intendant fidèle ou intendant désinvolte ?

    Du temps bien investi n’est-ce pas aussi une visite chez une personne seule, malade ; du temps donné dans Saint-Vincent de Paul ou je ne sais quelle ASBL caritative, ou encore dans un service paroissial ; du temps pour réfléchir au comment donner aux gens l’envie de rencontrer Dieu, prendre le temps de rencontrer Dieu dans un cœur à cœur intime, ou en groupe,… ? On serait parfois effaré de voir le rapport qu’il y a entre notre temps donné et celui que l’on garde pour nous.

    Alors, économe avisé ou économe dépassé ?

    L’enjeu est de taille, nous dit Jésus, ce matin, il en va de votre vie, de votre avenir, faites donc preuve d’intelligence et d’habileté pour gérer ce que je vous ai confié. Mais n’oubliez pas de compter sur moi pour vous aider, je suis sur le chemin, avec vous, et je suis là pour vous guider et vous porter quand le chemin se fait trop difficile.

  • Pardonner

    Pardonner

    Attention ! hein, ou le petit Jésus va te punir.

    Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour ramasser toutes ces tuiles ? …

    Ça, ma vieille, tu ne l’emporteras pas au paradis !

    Et je ne sais combien d’expressions que l’on entend, comme celles-là, dans les conversations, pour parler de Dieu. Le Dieu-gendarme qui circule la matraque à la main, épiant les hommes pour cogner celui qui va faire un pas de travers ; le Dieu menaçant et vengeur qui ne supporte pas les faux pas et qui extermine tout ce qui se dresse sur son passage, tous ceux qui sont contre lui.

    Il y a comme qui dirait un « stuut » entre ce Dieu-là et celui que nous révèle Jésus ; c’est à se demander si on a lu le même Evangile. Parce que quand j’entends les paraboles d’aujourd’hui, j’ai plutôt l’impression que le pécheur serait préféré à l’innocent, que, pour un peu, le juste pourrait être jaloux du traitement que Dieu apporte au pécheur.

    Au départ du passage d’aujourd’hui, on a les scribes et les pharisiens qui font des reproches à Jésus : « Mais comment peux-tu aller vers ces gens-là, comment peux-tu aller manger chez des escrocs, des collabos de l’armée romaine, comment peux-tu te laisser approcher par des prostituées ?  Dieu n’a que faire de ces gens-là et il se chargera de les punir le temps venu ! »

    C’est comme ça que la justice de Dieu était perçue: les pharisiens et les scribes transposaient en Dieu la justice des hommes.

    Jésus vient alors leur révéler que la justice de Dieu n’est pas la justice des hommes, que son cœur est bien différent du nôtre. Il vient leur dire que Dieu ne se réjouit pas seulement devant celui qui est juste, mais aussi devant celui qui se convertit, il se réjouit lorsqu’un pécheur essaye de quitter sa vie de bâton de chaise pour vivre davantage selon la vie que Dieu lui propose.

    En fait, il faut regarder Jésus entouré de tous « ces gens-là », comme nous le dirions, les voir venir écouter le seul homme en Israël qui n’a pas le moindre mépris pour eux. Ils viennent le voir et l’écouter, et leur surprise doit être grande de n’entendre aucun reproche sortir de sa bouche, juste un appel qui leur dit : « Tu peux faire mieux, tu dois faire mieux ».

    Et Jésus raconte ses paraboles, non pas adressées aux pécheurs, mais aux scribes et aux pharisiens.

    « Quel homme d’entre vous, s’il a cent brebis et qu’il en perd une, ne laisse les 99 autres dans le désert pour aller après celle qu’il a perdue jusqu’à ce qu’il la retrouve ? » Cet homme va faire des kilomètres, autant qu’il en faudra, jusqu’à ce qu’il la trouve, et lorsqu’il l’a trouvée, il est tout joyeux et la ramène sur ses épaules. Et plus encore, de retour chez lui, il appelle ses amis pour faire la fête, « Je l’ai retrouvée, ma brebis perdue, arrosons ça ! »

    Cette parabole nous révèle d’abord qu’aucun homme n’est jamais abandonné par Dieu, personne n’est jamais définitivement perdu, puisque Dieu continue inlassablement à le rechercher. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il aime. Et plus encore, il ne se contente pas d’attendre qu’on revienne à lui, il part tout de suite en recherche !
    « Ben oui, et alors ?… ».
    Ben, c’est incroyable, chacun de nous, toute personne, a une valeur unique et inestimable aux yeux de Dieu. Et quand une personne l’abandonne, il continue à s’en préoccuper ; Dieu aime ceux qui ne l’aiment pas, il souffre parce qu’une seule de ses brebis lui donne du souci.

    Cette bonne nouvelle de Jésus, nous la connaissons avec notre tête, mais si peu avec notre cœur ; on n’y croit pas vraiment à ce Dieu-là, il est trop bon …

    Cette parabole nous révèle aussi une autre dimension de Dieu.

    Jésus invite donc les justes entre guillemets à se réjouir avec le berger. Dieu m’invite à me réjouir avec lui, d’autant plus que la brebis perdue, c’est peut-être bien moi.

    La joie de Dieu éclate quand quelqu’un qui est tombé très bas est regagné, et que le troupeau est à nouveau au complet.

    « Vous êtes quand même de drôles d’amis de Dieu » devait leur dire Jésus ; « Pour un peu, vous diriez au berger : laisse-la se perdre, tu en as encore 99, ça suffit amplement ».  « Mais non » leur crie Jésus, « ne savez-vous pas que Dieu veut voir vivre chacun de ses enfants ? » Jésus vient donc leur révéler un autre visage de Dieu ; un Dieu qui pardonne comme il respire et qui appelle les hommes à se réjouir devant ce pardon qui se renouvelle sans cesse. Et mieux encore, il nous appelle à vivre nous aussi le pardon entre nous, comme il nous offre son pardon sans condition. Que cette bonne nouvelle de ce matin entre dans chacune de nos vies et nous pousse à accueillir ce pardon sans cesse offert.