Dans l’Evangile d’aujourd’hui, nous assistons à la formation des apôtres, Jésus forme ses amis pour qu’ils puissent, un jour, à leur tour être témoins de la bonne Nouvelle, comme lui-même l’a été.
Et ce matin-là, en reprenant le travail, Jésus voit des têtes jusque par terre ; visiblement, les apôtres n’ont pas le moral ; et pour cause : la veille, Jésus les a tous un peu refroidis, en leur annonçant qu’ils auraient à vivre de dures persécutions. Oh ! bien sûr, il leur a dit qu’il les accueillerait dans le Royaume, au soir de leur martyr, mais avouez quand même qu’il n’y a pas de quoi être emballé par la perspective de mourir en croix, ou d’être tué à coup de pierres, ou je ne sais de quelle autre manière.
Alors Jésus déclenche l’opération ‘bonhomme Michelin’ : il vient regonfler ses troupes ; stop à la peur et la déprime, et place à la confiance et à l’enthousiasme !
Quatre fois, Jésus dit : « N’ayez pas peur ».
Jésus nous demande d’oser dire notre foi, notre confiance en Dieu.
Allez sur les toits et criez que Dieu vous fait vivre, qu’il est source de bonheur pour vous.
D’ailleurs, qu’avez-vous à craindre ? Des railleries du style « ça va, grenouille de bénitier », « tu crois encore à ça, toi, c’est pour les vieux, la religion… » ; au moins, ça veut dire que vous posez question, que vous interpellez.
« Mais vous croyez que ça a été comme sur des roulettes pour moi, et la croix alors ; je ne vous demande pas de réussir votre mission, je vous demande juste d’annoncer, d’éveiller ; le reste, je m’en occupe… »
« Vous avez peur de la mort… » ben oui, bien sûr…
Craignez plutôt d’avoir un cœur mort, d’avoir une foi morte ; craignez plutôt ceux qui vous feraient douter de vous, ceux qui vous feraient perdre votre dignité, comme l’ont fait les nazis dans les camps de la mort…
Jésus nous invite à être fier d’être chrétien.
A ce propos, un jeune cadre dynamique disait un jour à un ami prêtre : « Je t’estime beaucoup, tu sais, et je sais ce dont tu es capable, mais je ne comprends pas comment tu peux te consacrer à une cause aussi débile et dépassée ».
Et son ami prêtre lui a répondu : « J’espère que tu comprendras un jour… »
C’est vrai que ça va pas de soi de faire une place à Dieu dans sa vie, que l’image que les médias donnent de l’Eglise n’est pas toujours des plus flatteuses, que les chrétiens ne sont pas à l’abri d’erreurs, …
Mais qu’est-ce que ça fait du bien de se savoir aimé de Dieu, de se sentir accompagné, de se savoir sauvé et pardonné, de découvrir un sens à sa vie, de se sentir pris au sérieux, …
A tous ses apôtres, à tous les chrétiens apeurés devant l’hostilité du monde, Jésus invite à la confiance : « Vous avez du prix aux yeux de Dieu » ; 10 euros pour un oiseau, 30 pour une petite boule de poils, mais ce n’est rien en comparaison de vous, parce que vous valez bien plus que tout l’or du monde. Même si les hommes vous rejettent, il y aura toujours quelqu’un pour voir les richesses que vous portez en vous et pour oser croire en vous : Dieu lui-même.
Alors, allez-y, laissez-vous aller à la confiance, et croyez-moi, nous dit Jésus, ce n’est pas en vain que vous aurez travaillé à la mission, votre trésor sera grand dans le Royaume de Dieu.
