Marie-Thérèse MINCKE (63 ans), décédée à Stoumont, le 25 mars 2026
Auteur/autrice : Equipe Pastorale
-

Déliez-le
« Déliez-le et laissez-le aller » dit Jésus. Cette parole me fait penser à une autre parole de Jésus « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans les cieux ».
Et plus largement, on peut dire que toute l’histoire biblique est essentiellement une histoire de libération, de délivrance. Elle est l’histoire d’un Dieu qui veut libérer son peuple de tout esclavage et de toute soumission qui empêchent l’homme de s’épanouir. Dans la même ligne, tout au long de sa vie, Jésus, lui aussi, a voulu libérer son peuple non plus des Égyptiens, mais de l’oppression d’une religion qui détenait le pouvoir et spirituel et temporel.
Tout au long de l’Évangile nous trouvons en effet des exemples de cette volonté, de ce combat de Jésus pour libérer, délier les hommes emprisonnés à cause du poids de culpabilité que leur religion faisait peser sur eux.- Le premier dimanche de carême nous présentait les tentations de Jésus : lui aussi, comme chacun, est tenté et, dans son combat, il est le premier à se libérer totalement de cet attrait du pouvoir et de l’argent qui risque de le paralyser.
- Nous avons eu ensuite l’exemple de la Samaritaine, cette femme païenne aux cinq maris que Jésus libère en lui donnant l’eau vive, en lui montrant combien elle aussi, elle est aimée de Dieu.
- Dimanche dernier nous avons vu l’aveugle, à qui on avait fait croire que, s’il était aveugle, c’était à cause de son péché. Ce n’est qu’en le délivrant de cette culpabilité que Jésus lui permet de reprendre une vie normale.
- Et aujourd’hui, comme en point d’orgue, nous voyons Jésus délivrer de la mort son ami Lazare. Mais cette délivrance n’est pas automatique, comme chaque fois elle passe par l’intermédiaire des hommes. Dieu a besoin des hommes « Déliez-le et laissez-le aller » ! Ils doivent pour cela « ôter la pierre » et « défaire les bandelettes ».
Aujourd’hui, Dieu nous invite aussi à ‘ôter la pierre’ qui empêche les autres de vivre et de se forger une vie décente et digne.
Jésus nous invite aussi à les défaire des bandelettes qui paralysent leur enthousiasme ou leurs initiatives.
« Déliez-le et laissez-le aller », Non seulement nous devons ‘les délier’ mais’ les laisser aller’ c’est-à-dire, dans un lâcher-prise qui est celui de l’amour, leur garantir la liberté de suivre leurs choix de vie.
Jésus a pleuré sur son ami Lazare comme il continue à pleurer sur celles et ceux que nous enterrons sans leur laisser la chance de vivre leur vie, de connaître du bonheur.
Jésus pleure sur celles et ceux que nous avons liés ou que nous utilisons pour combler notre appétit de consommateur ou notre besoin de nous faire servir.
Dans quelques jours nous célébrerons Pâques, la résurrection de Jésus. Nous confessons qu’il est la résurrection et la vie, que celui qui croit en lui, même s’il meurt, vivra. Jésus est très clair, avant de donner sa vie, avant de mourir, il est déjà résurrection.
« Je suis la vie, je suis la résurrection », Jésus s’identifie aux deux ; en lui, il n’y a pas de discontinuité, même la mort ne peut y faire obstacle. Mais cette vie, cette résurrection, il ne les garde pas jalousement pour lui. Comme il donne sa vie, il nous donne part à sa résurrection.
Déjà aujourd’hui, nous pouvons donc dire avec lui : « Nous sommes déjà ressuscités ! »
-

01/05 – Marche pour les vocations
Les services diocésains des vocations organisent une marche pour les vocations. Cette initiative nous réjouit et nous sommes heureux de vous inviter le vendredi 1er mai 2026 au sanctuaire de la Vierge des Pauvres à Banneux. Voici l’invitation de Mgr Lejeusne et Mgr Delville

-

Conférences de carême
Le jeudi 19 mars à 20h00 à la salle des Œuvres de Waimes, la Communauté Sainte-Croix aux chemins des fagnes de Waimes vous invite à une conférence de carême :
Parole de dieu, comment la vivre ?
Jacques et Anne-Marie Delcour témoigneront de la Parole de Dieu dans la vie de couple.
Le jeudi 19 mars à 19h30 à la Cathédrale de Malmedy. N’hésitez pas à venir nous rejoindre pour ce temps fort au cœur du Carême!
La messe, un trésor à explorer
animée par Vital Nlandu, doyen de l’Ardenne, avec la contribution de Marc Dewalque, boulanger, et Pierre Christman, viticulteur et œnologue
-

15/03 – Concert à Stoumont
Jojo Rouge Noir – Nous sommes un duo Piano/Violon. Nous jouons de la musique classique avec des influences orientales, jazzy, gitanes et même « vieille France ». Le tout en maîtrise de l’art de l’improvisation. Chaque concert est unique.
Nous estimons que chacun a le droit de profiter de l’art noble sans devoir se déplacer vers les grandes villes, dans les opéras et les clubs bondés. C’est ce qui nous pousse à faire la tournée des paroisses de nos régions.
-

Quelle originalité?
Conférence de Ronald Maton.
Quelle est l’originalité de l’évangile?
Prêtre écrivain et aumônier de prison, Ronald Maton nous parlera de réconciliation profonde, de proximité inédite, de connivence vivifiante.
« Dieu est à la maison » est le titre de son dernier ouvrage.
Rendez-vous le 8 mars à 16h30 sous le bâtiment du CPAS de Lierneux, rue Vehines 1
-
Simone Hubert
Simone HUBERT (89 ans), veuve de Pol LAGAMME, décédée à Trois-Ponts, le 21 février 2026
-

Un regard transformé
Quelle aubaine, quel honneur pour les apôtres d’avoir été choisis par Jésus : partout ils sont accueillis et attendus à bras ouverts. Mais malheureusement, très vite ce rêve va tourner au cauchemar. Leur maître ne commence-t-il pas à parler de souffrance et même de mort ! L’enthousiasme du début fait place à la désillusion.
Jésus ressent très vite la déception de ses amis et pour leur remonter le moral, il les emmène avec lui pour une petite escapade dans un endroit paisible comme au-dessus de cette montagne.
Là, que s’est-il passé? Très difficile de le savoir. En effet eux-mêmes ne trouvent pas les mots pour exprimer ce qu’ils ont ressenti. Nous avons probablement déjà tous fait la même expérience de vivre quelque chose de tellement profond, que nous ne trouvions pas les mots pour la partager aux autres.
Le fait est que ces quelques heures passées en intimité avec Jésus ont tellement été riches qu’elles vont transformer leur regard : leur regard sur la vie, mais aussi leur regard sur Jésus. En effet, ce visage qui était marqué par la fatigue et probablement tourmenté par l’inquiétude, ils vont ici le découvrir rayonnant, tellement beau, illuminé, que leurs doutes et leurs propres inquiétudes vont disparaître parce qu’ils ont maintenant la conviction que Jésus est vraiment « le Fils bien aimé de Dieu ».
Pendant quelques heures ils vont vivre ainsi entre ciel et terre, savourant leur bonheur. Un vrai rêve, qu’ils souhaiteraient d’ailleurs prolonger, s’y installer.
Mais non, ce n’est pas possible, on ne vit pas dans le rêve, il est temps de redescendre dans la réalité. Sans doute celle-ci n’a pas changé, elle est restée aussi dure qu’avant, mais ce sont eux, les apôtres qui ont changé, ils se sentent maintenant la force d’affronter la vie et d’aller jusqu’au bout de leurs peines.
Nous avons tous déjà certainement vécu des moments semblables, des moments de bonheur intense durant lesquels on oublie les misères de la vie : soit lors d’une soirée avec des amis, un week-end fabuleux, des vacances sensationnelles, des moments d’amour que l’on voudrait éterniser… la même chose peut-être lors d’une session, d’une petite retraite, …
Cela signifie que nous aussi comme Pierre, Jacques et Jean, nous avons besoin de temps à autre de faire une petite escale dans notre vie, de prendre quelques distances par rapport à nos ennuis, nos difficultés et même par rapport à nos souffrances. Il est indispensable de nous réserver des moments de proximité, d’intimité avec le Seigneur. Des instants qui nous permettront de transfigurer nos existences parce qu’ils réveilleront en nous la conscience que nous sommes aimés de Dieu, que nous sommes filles et fils de Dieu.
Ainsi, lorsque nous redescendrons dans la réalité quotidienne, celle-ci n’aura sans doute pas changé, mais c’est nous qui serons transformés et assez forts pour quitter nos campements sécurisants et reprendre la route, même si elle est douloureuse.
Tel est le sens du carême : un moment privilégié où l’on refait le plein avec le Seigneur, pour mieux nous tourner vers les autres, surtout vers les défigurés de la vie, ceux qui nous rebutent ou nous font peur, car en eux nous avons, nous aussi, à reconnaître le visage de Dieu, car eux aussi sont fils et filles bien aimés de Dieu. -
Béatrice Laenen
Béatrice LAENEN (60 ans), épouse de Michel LEPLAT, décédée à Liège, le 28 janvier 2026 (Chauveheid).
-

Tentations
Si nous jetons un coup d’œil sur la page précédant cette histoire de tentations, nous y trouvons le récit du baptême de Jésus : Les cieux s’ouvrent, une voix se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien aimé ». A ce moment, Jésus prend conscience de sa filiation divine toute particulière. Ensuite, il part dans le désert pour se préparer à cette tâche exceptionnelle mais là, dans la solitude et le silence, il se pose bien des questions sur cette filiation. « Si tu es Fils de Dieu » se dit-il. Il y a maintenant un ‘si ‘ « Si tu es Fils de Dieu ». Un ‘si’ qui émet un doute, une incertitude, un peu comme s’il se posait la question « Tu penses être fils de Dieu, mais en es-tu si sûr ? » Et puis, « Que vas-tu en faire ? User de ton pouvoir comme changer ces pierres en pains ? »
Cette tentation sournoise que le diable met dans le cœur de Jésus porte donc sur son identité. Elle remet en question sa filiation divine et son rapport à son humanité.
Car qui peut se prouver à soi-même qu’il est fils d’un tel ou d’un tel, qui peut se prouver qu’il est bien aimé ? Chacun est remis à la parole de celui qui l’a engendré et qui l’aime. Il ne sait pas se le prouver à lui-même.
C’est parce qu’il sait cela que Jésus s’en réfère à cette phrase des Écritures « Ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu »
Un peu plus tard, ayant pris ses distances par rapport aux simples nécessités de la vie telles que le pain, la tentation de Jésus monte un cran plus haut : la tentation du pouvoir, le mirage de la toute-puissance à l’état pur, sans limite. Comme Adam et Eve qui désiraient tout manger, sans limite. Mais, lui dit le diable, il y a une condition « Tu te prosterneras devant moi ». Quelle ironie ! Jésus exercerait le pouvoir absolu sur l’univers tout en devenant esclave du diable, symboliquement parlant il deviendrait esclave de son propre désir de puissance.
Cette tentation, Jésus la connaîtra tout au long de sa vie, car les gens se figuraient qu’il allait prendre le pouvoir et instaurer le Règne de Dieu sur le champ. Même ses disciples lui posent la question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas établir le règne pour Israël ? »
A nouveau, Jésus a recours aux Écritures -le livre du Deutéronome- pour se rappeler le premier commandement : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu lui rendras un culte ». Il met ainsi fin à cette illusion d’une puissance illimitée qui ne peut être que mortifère.
Mais la tentation ne le lâche pas facilement. Elle n’est plus maintenant d’ordre économique ni politique, mais elle ressort du domaine religieux.
« Si tu es vraiment Fils de Dieu » : c’est à nouveau le doute qui revient sur cette déclaration de Dieu lors de son baptême : « Tu es mon Fils bien aimé ». C’est à nouveau le fantasme d’une toute-puissance imaginaire : « Se jeter en bas du temple sans mourir, car les anges de Dieu me porteraient dans leurs mains » !
Le diable pousse donc la confiance de Jésus jusqu’à l’absurde. Défier Dieu, le mettre à l’épreuve ! Peut-on tester une parole d’amour telle que « Tu es mon fils bien aimé ? »
Autre chose est de mettre sa confiance en Dieu et autre chose est de mettre Dieu à l’épreuve, le mettre en demeure de le prouver.
Jésus a ainsi épuisé toutes les formes de tentations. Si nous sommes attentifs nous remarquerons qu’elles convergent toutes vers un même centre, et ce centre, ce n’est pas Dieu, mais « soi-même ».
Le diable, ce qui signifie « le diviseur », celui qui divise, tente de dissocier la filiation divine de Jésus et sa filiation humaine.
Par cette histoire des tentations, l’évangéliste dénonce ainsi une manière erronée de concevoir la relation entre Dieu et l’homme. Il nous montre que Dieu n’est pas au-dessus de nous avec une puissance magique, mais il est à l’intérieur, au plus profond de notre humanité, au cœur même de nos réalités humaines.
N’est-ce pas d’ailleurs en vivant en plénitude toutes nos limites humaines jusque dans l’exclusion, l’incompréhension, le mépris, la souffrance et la mort que Jésus montrera qu’il est vraiment Fils de Dieu ?