Simone HUBERT (89 ans), veuve de Pol LAGAMME, décédée à Trois-Ponts, le 21 février 2026
Auteur/autrice : Equipe Pastorale
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Un regard transformé
Quelle aubaine, quel honneur pour les apôtres d’avoir été choisis par Jésus : partout ils sont accueillis et attendus à bras ouverts. Mais malheureusement, très vite ce rêve va tourner au cauchemar. Leur maître ne commence-t-il pas à parler de souffrance et même de mort ! L’enthousiasme du début fait place à la désillusion.
Jésus ressent très vite la déception de ses amis et pour leur remonter le moral, il les emmène avec lui pour une petite escapade dans un endroit paisible comme au-dessus de cette montagne.
Là, que s’est-il passé? Très difficile de le savoir. En effet eux-mêmes ne trouvent pas les mots pour exprimer ce qu’ils ont ressenti. Nous avons probablement déjà tous fait la même expérience de vivre quelque chose de tellement profond, que nous ne trouvions pas les mots pour la partager aux autres.
Le fait est que ces quelques heures passées en intimité avec Jésus ont tellement été riches qu’elles vont transformer leur regard : leur regard sur la vie, mais aussi leur regard sur Jésus. En effet, ce visage qui était marqué par la fatigue et probablement tourmenté par l’inquiétude, ils vont ici le découvrir rayonnant, tellement beau, illuminé, que leurs doutes et leurs propres inquiétudes vont disparaître parce qu’ils ont maintenant la conviction que Jésus est vraiment « le Fils bien aimé de Dieu ».
Pendant quelques heures ils vont vivre ainsi entre ciel et terre, savourant leur bonheur. Un vrai rêve, qu’ils souhaiteraient d’ailleurs prolonger, s’y installer.
Mais non, ce n’est pas possible, on ne vit pas dans le rêve, il est temps de redescendre dans la réalité. Sans doute celle-ci n’a pas changé, elle est restée aussi dure qu’avant, mais ce sont eux, les apôtres qui ont changé, ils se sentent maintenant la force d’affronter la vie et d’aller jusqu’au bout de leurs peines.
Nous avons tous déjà certainement vécu des moments semblables, des moments de bonheur intense durant lesquels on oublie les misères de la vie : soit lors d’une soirée avec des amis, un week-end fabuleux, des vacances sensationnelles, des moments d’amour que l’on voudrait éterniser… la même chose peut-être lors d’une session, d’une petite retraite, …
Cela signifie que nous aussi comme Pierre, Jacques et Jean, nous avons besoin de temps à autre de faire une petite escale dans notre vie, de prendre quelques distances par rapport à nos ennuis, nos difficultés et même par rapport à nos souffrances. Il est indispensable de nous réserver des moments de proximité, d’intimité avec le Seigneur. Des instants qui nous permettront de transfigurer nos existences parce qu’ils réveilleront en nous la conscience que nous sommes aimés de Dieu, que nous sommes filles et fils de Dieu.
Ainsi, lorsque nous redescendrons dans la réalité quotidienne, celle-ci n’aura sans doute pas changé, mais c’est nous qui serons transformés et assez forts pour quitter nos campements sécurisants et reprendre la route, même si elle est douloureuse.
Tel est le sens du carême : un moment privilégié où l’on refait le plein avec le Seigneur, pour mieux nous tourner vers les autres, surtout vers les défigurés de la vie, ceux qui nous rebutent ou nous font peur, car en eux nous avons, nous aussi, à reconnaître le visage de Dieu, car eux aussi sont fils et filles bien aimés de Dieu. -
Béatrice Laenen
Béatrice LAENEN (60 ans), épouse de Michel LEPLAT, décédée à Liège, le 28 janvier 2026 (Chauveheid).
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Tentations
Si nous jetons un coup d’œil sur la page précédant cette histoire de tentations, nous y trouvons le récit du baptême de Jésus : Les cieux s’ouvrent, une voix se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien aimé ». A ce moment, Jésus prend conscience de sa filiation divine toute particulière. Ensuite, il part dans le désert pour se préparer à cette tâche exceptionnelle mais là, dans la solitude et le silence, il se pose bien des questions sur cette filiation. « Si tu es Fils de Dieu » se dit-il. Il y a maintenant un ‘si ‘ « Si tu es Fils de Dieu ». Un ‘si’ qui émet un doute, une incertitude, un peu comme s’il se posait la question « Tu penses être fils de Dieu, mais en es-tu si sûr ? » Et puis, « Que vas-tu en faire ? User de ton pouvoir comme changer ces pierres en pains ? »
Cette tentation sournoise que le diable met dans le cœur de Jésus porte donc sur son identité. Elle remet en question sa filiation divine et son rapport à son humanité.
Car qui peut se prouver à soi-même qu’il est fils d’un tel ou d’un tel, qui peut se prouver qu’il est bien aimé ? Chacun est remis à la parole de celui qui l’a engendré et qui l’aime. Il ne sait pas se le prouver à lui-même.
C’est parce qu’il sait cela que Jésus s’en réfère à cette phrase des Écritures « Ce n’est pas seulement de pain que l’homme vivra, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu »
Un peu plus tard, ayant pris ses distances par rapport aux simples nécessités de la vie telles que le pain, la tentation de Jésus monte un cran plus haut : la tentation du pouvoir, le mirage de la toute-puissance à l’état pur, sans limite. Comme Adam et Eve qui désiraient tout manger, sans limite. Mais, lui dit le diable, il y a une condition « Tu te prosterneras devant moi ». Quelle ironie ! Jésus exercerait le pouvoir absolu sur l’univers tout en devenant esclave du diable, symboliquement parlant il deviendrait esclave de son propre désir de puissance.
Cette tentation, Jésus la connaîtra tout au long de sa vie, car les gens se figuraient qu’il allait prendre le pouvoir et instaurer le Règne de Dieu sur le champ. Même ses disciples lui posent la question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas établir le règne pour Israël ? »
A nouveau, Jésus a recours aux Écritures -le livre du Deutéronome- pour se rappeler le premier commandement : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu lui rendras un culte ». Il met ainsi fin à cette illusion d’une puissance illimitée qui ne peut être que mortifère.
Mais la tentation ne le lâche pas facilement. Elle n’est plus maintenant d’ordre économique ni politique, mais elle ressort du domaine religieux.
« Si tu es vraiment Fils de Dieu » : c’est à nouveau le doute qui revient sur cette déclaration de Dieu lors de son baptême : « Tu es mon Fils bien aimé ». C’est à nouveau le fantasme d’une toute-puissance imaginaire : « Se jeter en bas du temple sans mourir, car les anges de Dieu me porteraient dans leurs mains » !
Le diable pousse donc la confiance de Jésus jusqu’à l’absurde. Défier Dieu, le mettre à l’épreuve ! Peut-on tester une parole d’amour telle que « Tu es mon fils bien aimé ? »
Autre chose est de mettre sa confiance en Dieu et autre chose est de mettre Dieu à l’épreuve, le mettre en demeure de le prouver.
Jésus a ainsi épuisé toutes les formes de tentations. Si nous sommes attentifs nous remarquerons qu’elles convergent toutes vers un même centre, et ce centre, ce n’est pas Dieu, mais « soi-même ».
Le diable, ce qui signifie « le diviseur », celui qui divise, tente de dissocier la filiation divine de Jésus et sa filiation humaine.
Par cette histoire des tentations, l’évangéliste dénonce ainsi une manière erronée de concevoir la relation entre Dieu et l’homme. Il nous montre que Dieu n’est pas au-dessus de nous avec une puissance magique, mais il est à l’intérieur, au plus profond de notre humanité, au cœur même de nos réalités humaines.
N’est-ce pas d’ailleurs en vivant en plénitude toutes nos limites humaines jusque dans l’exclusion, l’incompréhension, le mépris, la souffrance et la mort que Jésus montrera qu’il est vraiment Fils de Dieu ? -

Haïti:
Dans le cadre du Carême de partage consacré cette année à Haïti, Bernadette et Pierre-Dominique RUYSSEN engagés à fond dans Haïti-Farnières seront nos invités le mardi 10 mars, à 19h30, à l’église de Trois-Ponts

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Josette Houssa
Josette HOUSSA (89 ans), veuve de Roger BASTIN, décédée à Werbomont, le 10 février 2026 (Rahier)
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Marylène Bodson
Marylène BODSON (62 ans), décédée à St-Vith, le 10 février 2026 (St-Jacques)
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Anne-Marie Paquay
Anne-Marie PAQUAY (96 ans), épouse de René COLARD, décédée à Sprimont, le 9 février 2026 (Moulin-du-Ruy)
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Joël Albert
Joël ALBERT (67 ans), décédé à Exbomont, le 8 février 2026 (Moulin-du-Ruy)
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Walthère Jamart de Bolsée
Walthère JAMAR de BOLSEE (94 ans), époux de Jacqueline DEHERVE, décédé le 10 février 2026 (Chevron)
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Yvonne Rondeux
Yvonne RONDEUX (96 ans), veuve de Ernest LEJEUNE, décédée à Stavelot, le 8 février 2026 (Basse-Bodeux)
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Accomplir la Loi
« Je ne suis pas venu abolir mais accomplir la Loi ».
Jésus vient mettre en pleine lumière ce qui dans les commandements conduit à Dieu, en passant par l’accueil de sa Parole.
Cette suprême sagesse, nous dit Saint Paul, est cependant aux antipodes de « la sagesse de ceux qui dominent le monde », ce terme désignant précisément la part d’humanité qui refuse l’éclairage donné par Jésus.
Bien sûr, la justice humaine s’efforce par tous les moyens de défendre les « droits » des individus, et cela est essentiel ; mais pour Jésus, cela est insuffisant : « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux ».
Jésus n’a nullement l’intention de rajouter d’autres commandements – on n’atteint pas l’amour en multipliant les préceptes – mais il annonce la nécessité d’un saut qualitatif, qui ne peut se réaliser que dans l’Esprit qu’il va répandre au matin de Pentecôte.
Il est remarquable que les exemples cités par Jésus aient tous trait à la violence dans les relations et ses conséquences :- la colère menace la vie physique du frère ;
- l’insulte le blesse profondément dans sa vie psychique ;
- la malédiction l’exclut du champ religieux ;
- la concupiscence du regard commet déjà intentionnellement l’adultère, qui fait violence à la relation d’alliance nuptiale ;
- la répudiation est une violence faite au droit de l’épouse à la fidélité et à la stabilité familiale ;
- le serment prononcé à la légère, fait violence à la confiance.
La stricte justice se contente de réguler tant bien que mal les formes extérieures de cette violence, mais sans pouvoir ni la déraciner, ni la remplacer par la Charité. Seul l’Esprit peut nous donner d’accomplir cette conversion de la violence à la douceur, la patience, la compassion, la tendresse, bref : à l’amour. Hélas ! trop souvent, nous nous berçons d’illusion quant à la dureté du chemin : les comparaisons de Jésus nous font pressentir la radicalité des changements qu’implique une telle conversion : « Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car c’est ton intérêt de perdre un de tes membres et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne ».
« L’image du chrétien mutilé, mais sauvé nous montre quelle peut être l’ardeur de cette lutte et prévient toute association abusive entre la grâce et la facilité. La grâce de Dieu n’a pas pour objet de nous éviter les résolutions difficiles, mais de les rendre possibles » (Emile Nicole). L’Esprit m’est donné pour pouvoir faire les choix forts, arracher de ma vie et jeter loin de moi ce qui m’empêche d’être libre de la liberté des enfants de Dieu, même si ce dont j’ai à me séparer est d’un grand prix à mes yeux.
La conversion à laquelle nous invite Jésus, implique aussi de reconnaître qu’en lui, nous sommes tous soeurs et frères, étant enfants d’un même Père. Nous ne nous tenons donc jamais seuls devant Dieu !
Dès lors, comment notre Père pourrait-il se réjouir du don de ses enfants, s’ils sont divisés entre eux? Voilà pourquoi « lorsque tu vas présenter ton offrande sur l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande ». Qui de nous est à la hauteur d’une telle exigence ?
Toutes les interpellations lancées par Jésus sont personnelles ; il n’est pas question de couper la main ou le pied de mon frère, ou de lui arracher l’œil : c’est de mon problème qu’il s’agit. Puissions-nous discerner dans ces Paroles déconcertantes un appel à oser nous engager résolument sur le chemin de la vraie liberté, celle de l’amour inconditionnel ; et puissions-nous accueillir la force de l’Esprit pour arracher et jeter loin de nous ce qui menace notre participation à la vie divine, notre héritage.