Ce matin, je voudrais vous partager quelques traits de la sainte Famille.
D’abord, la place centrale de l’enfant dans ce récit.
Si un amour profond unit Marie et Joseph, il y a dans leur vie un souci très important pour leur enfant.
L’enfant est menacé et il faut le protéger, l’arracher aux griffes de Hérode ; ceci va engendrer un départ précipité vers une terre étrangère, un séjour assez long à l’étranger, loin de ses racines, loin des siens, en espérant être bien accueillis.
Eh ! bien en avant ! Pas question de mettre la vie de l’enfant en péril.
Cette mobilisation pour l’enfant vient bousculer certains choix faits par notre monde :
Nous, on veut bien un enfant, mais il ne faut pas qu’il vienne trop perturber notre vie de couple.
Il y a des femmes sans mari qui veulent pour elles une sorte « d’enfant poupée », un enfant rien que pour elle, qui va satisfaire leur besoin de câlins ou leur instinct maternel.
Il y a les enfants « vitrine », reflet des parents ou les enfants « canaris », chargés de mettre un peu de vie dans la maison.
Être parent, c’est d’abord donner et se donner à son enfant, et pas l’inverse.
On appelle parfois Joseph « le père nourricier », c’est donc qu’il a veillé sur Jésus pour qu’il ait de quoi manger, de quoi se vêtir, mais aussi qu’il ait des personnes vers qui se tourner pour recevoir de la tendresse, pour aller verser des larmes de chagrin.
Pourquoi est-ce parfois si difficile de se dire « Je t’aime » en famille, alors qu’on n’arrête pas de dire à Dieu « Je t’aime » ?
Marie et Joseph ont aussi veillé à faire grandir en Jésus les valeurs essentielles, c’est l’éducation, avec probablement au centre de ces valeurs, un repère : « Quand tu agis ainsi, as-tu aimé ou manqué d’amour ? »
Ils ont veillé à ce que Jésus développe ses propres talents, qu’il prenne confiance en lui, qu’il ait sa propre créativité, qu’il puisse devenir un être unique.
L’enfant n’est pas appelé à être une copie de ses parents ou la réalisation de ce qu’ils n’ont pas pu réaliser ; l’enfant sera son propre projet, il sera un autre.
Etre parent, c’est aussi faire découvrir à son enfant sa vocation d’enfant de Dieu, sa vocation spirituelle.
Marie et Joseph ont conscience que cet enfant a une mission spéciale à remplir, ils n’ont pas oublié le projet de Dieu qui est à l’œuvre en leur enfant.
Et il en va de même pour tous les enfants de la terre, ils ont aussi une mission à remplir au sein de l’humanité.
Notre monde attend des enfants qu’ils soient utiles à la société, qu’ils aillent vers les produits de consommation, qu’ils développent leur intelligence pour un jour décrocher un job à l’âge adulte, qu’ils rentrent dans le rang.
Marie et Joseph nous rappellent que ça ne suffit pas, il y a une vocation aussi à découvrir et à construire, celle d’enfant de Dieu.
Et puis l’enfant rend aussi service à ses parents, combien de parents n’ont pas dit : « Nos enfants nous éduquent autant que nous les éduquons ».
Si Marie et Joseph ont beaucoup donné à Jésus, ils ont aussi beaucoup reçu de lui, découvrant spécialement en lui le vrai visage de Dieu.
Les enfants donnent du sens à la vie ; ils donnent du sens au travail quotidien, ils donnent le goût de se battre à certains moments.
Les enfants donnent à leurs parents de rester jeunes, les parents sont appelés à rester en éveil à ce qui se passe dans l’actualité, dans la mode, dans la musique, dans les médias, …
Les enfants enrichissent les parents, ils leur apprennent la patience, la responsabilité, l’humilité, la tendresse, le pardon, les remises en question, le sens de l’essentiel quand un enfant ne va pas bien… ; ils leur apprennent à être vrais.
Les enfants révèlent Dieu, parce qu’ils obligent les parents à se poser la question du sens, la question de la transmission de la foi, et donc ils poussent les parents à faire des choix, à éclairer leur relation à Dieu.
Les enfants apportent la joie.
Bonne fête à vous tous, et que le Seigneur nous apprenne à vivre en famille.
