« Déliez-le et laissez-le aller » dit Jésus. Cette parole me fait penser à une autre parole de Jésus « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans les cieux ».
Et plus largement, on peut dire que toute l’histoire biblique est essentiellement une histoire de libération, de délivrance. Elle est l’histoire d’un Dieu qui veut libérer son peuple de tout esclavage et de toute soumission qui empêchent l’homme de s’épanouir. Dans la même ligne, tout au long de sa vie, Jésus, lui aussi, a voulu libérer son peuple non plus des Égyptiens, mais de l’oppression d’une religion qui détenait le pouvoir et spirituel et temporel.
Tout au long de l’Évangile nous trouvons en effet des exemples de cette volonté, de ce combat de Jésus pour libérer, délier les hommes emprisonnés à cause du poids de culpabilité que leur religion faisait peser sur eux.
- Le premier dimanche de carême nous présentait les tentations de Jésus : lui aussi, comme chacun, est tenté et, dans son combat, il est le premier à se libérer totalement de cet attrait du pouvoir et de l’argent qui risque de le paralyser.
- Nous avons eu ensuite l’exemple de la Samaritaine, cette femme païenne aux cinq maris que Jésus libère en lui donnant l’eau vive, en lui montrant combien elle aussi, elle est aimée de Dieu.
- Dimanche dernier nous avons vu l’aveugle, à qui on avait fait croire que, s’il était aveugle, c’était à cause de son péché. Ce n’est qu’en le délivrant de cette culpabilité que Jésus lui permet de reprendre une vie normale.
- Et aujourd’hui, comme en point d’orgue, nous voyons Jésus délivrer de la mort son ami Lazare. Mais cette délivrance n’est pas automatique, comme chaque fois elle passe par l’intermédiaire des hommes. Dieu a besoin des hommes « Déliez-le et laissez-le aller » ! Ils doivent pour cela « ôter la pierre » et « défaire les bandelettes ».
Aujourd’hui, Dieu nous invite aussi à ‘ôter la pierre’ qui empêche les autres de vivre et de se forger une vie décente et digne.
Jésus nous invite aussi à les défaire des bandelettes qui paralysent leur enthousiasme ou leurs initiatives.
« Déliez-le et laissez-le aller », Non seulement nous devons ‘les délier’ mais’ les laisser aller’ c’est-à-dire, dans un lâcher-prise qui est celui de l’amour, leur garantir la liberté de suivre leurs choix de vie.
Jésus a pleuré sur son ami Lazare comme il continue à pleurer sur celles et ceux que nous enterrons sans leur laisser la chance de vivre leur vie, de connaître du bonheur.
Jésus pleure sur celles et ceux que nous avons liés ou que nous utilisons pour combler notre appétit de consommateur ou notre besoin de nous faire servir.
Dans quelques jours nous célébrerons Pâques, la résurrection de Jésus. Nous confessons qu’il est la résurrection et la vie, que celui qui croit en lui, même s’il meurt, vivra. Jésus est très clair, avant de donner sa vie, avant de mourir, il est déjà résurrection.
« Je suis la vie, je suis la résurrection », Jésus s’identifie aux deux ; en lui, il n’y a pas de discontinuité, même la mort ne peut y faire obstacle. Mais cette vie, cette résurrection, il ne les garde pas jalousement pour lui. Comme il donne sa vie, il nous donne part à sa résurrection.
Déjà aujourd’hui, nous pouvons donc dire avec lui : « Nous sommes déjà ressuscités ! »
