Le sel et la lumière

Le sel et la lumière

Ces versets concernant le sel de la terre et la lumière du monde suivent la proclamation des béatitudes par Jésus. Une façon pour l’évangéliste de suggérer que c’est en marchant vers ce bonheur-là que nous sommes sel de la terre et lumière du monde. Une façon aussi de nous faire comprendre qu’il n’y a de vrai bonheur que partagé avec autrui.

Notre petit grain de sel.

Multiples sont les utilisations du sel dans notre quotidien. Evoquons-en quelques-unes. Le sel relève le goût des plats que nous préparons ; sans exagérer toutefois car, nous rappelle-t-on, trop de sel, c’est mauvais pour la santé. Assaisonnée de sel, la nourriture préparée se conserve mieux ; ce qui était particulièrement vrai à l’époque où l’on n’avait ni frigo, ni surgélateur. En période hivernale, le sel est bien utile pour faire fondre la neige et la glace sur nos trottoirs et nos routes. A celui qui a voyagé sous un soleil ardent, on offrait et, dans certaines régions, on offre toujours, un verre d’eau et une pointe de sel : sel de l’hospitalité.
Indispensable donc le sel. Mais mesurons-nous à quel point, dans la vie courante, un petit grain de sel peut s’avérer précieux ? Dans les relations notamment. Quand la vie et le bonheur autour de nous semblent fragiles, un petit grain de sel – une attention, un sourire, une parole chaleureuse – peut rendre goût à la vie à un cœur triste et illuminer un visage. Quand l’accueil mutuel se fait difficile, quand il y a un froid dans une relation, ou que celle-ci devient glaciale, le petit grain de sel d’une parole positive, d’une petite pointe d’humour peut contribuer à dégeler l’ambiance, ouvrir à l’écoute et à la compréhension mutuelles. Hospitalité du cœur à offrir à autrui en toutes circonstances ! Et que l’apôtre Paul recommandait : «Que votre parole soit toujours aimable, assaisonnée de sel, pour savoir comment vous devez répondre à chacun», lit-on ainsi dans sa lettre aux Colossiens» (04,05-06).

Des petits lumignons …

« Ta Parole, Seigneur, est Lumière sur notre route » (Ps 118,105). Et Jésus, « Parole de Dieu faite chair » (Jn 01,14), nous l’a rendue plus proche encore. Nous en faisons l’expérience : Il est « La Lumière du monde » (Jn 08,12). Non pas lumière qui aveugle – tels les phares led de nos voitures -, mais lumière très douce, indiquant un chemin là où il semblait ne pas y avoir d’issue, délivrant de la peur quand l’obscurité et le noir effraient et paralysent.
Méditer la Parole seul ou avec d’autres éclaire notre cœur et nous permet de devenir lumière à notre tour. Par toute notre vie – «nos bonnes œuvres», dit notre passage. Et la première lecture (Is 58,07-10) en suggère quelques-unes : partager son pain avec qui a faim, accueillir le sans abri, donner des vêtements à qui n’en a pas, faire disparaître le geste accusateur et la parole malveillante, …
A travers ces paroles et gestes de profonde humanité, nous sommes alors comme de petits lumignons disposés dans la maison pour éclairer celles et ceux avec qui nous vivons. Reflétant ensemble un peu de la lumière divine, nous pouvons aussi être lumière au coeur des obscurités et angoisses de ce monde.
Ensemble, poursuivons notre marche vers ce bonheur-là !